Conseils de lecture

Boue

Christian Bourgois

23,00
par (Libraire)
23 mars 2009

Benito Torrentera, professeur de philosophie sans envergure, la cinquantaine chauve et désenchantée, croise un jour Eduarda, serveuse dans le fast-food où il achète potages instantanés et boîtes de sardines : une jeunesse de vingt ans à la beauté du diable, insolente, imprévisible, et (peut-être) criminelle.
Benito décide de la protéger, abandonnant sa vie tranquille et solitaire, son frigo vide et ses livres. Et les voilà partis en cavale sur les routes poussiéreuses du Mexique en direction du Michoacan, bourgades à l’abandon, stations-service miteuses, hôtels où ils seront souvent les seuls clients.
Guillermo Fadanelli pose sur son pays un regard noir. Une lucidité qui ne lui interdit pas l’humour, piment fort de ce road movie plein de surprises tant pour nos deux anti-héros que pour le lecteur qui les accompagnera dans leurs aventures.


DIEU N'AIME PAS LES ENFANTS
21,40
par (Libraire)
23 mars 2009

« Dieu n’aime pas les enfants »… « et les enfants le savent ». Sans doute le Ciel a-t-il en effet, malgré l’encens des prières (des pères, des mères, des grands-mères) qui ne cessent de monter vers Lui, en piémontais, en lombard, en calabrais, sans doute a-t-Il complètement oublié les petits qui vivent là, naissent et meurent misérablement ! Ginetta, 14 ans, fleuriste des rues ; Margarita, 15 ans, fille de cuisine ; Carolina, 9 ans, couturière à domicile ; Antonio, 17 ans, terrassier ; Rogelia, 9 ans, ouvrière à la savonnerie ; Isacco, 10 ans, manœuvre dans une scierie ; Pedrito, 12 ans, peon au corral ; Cacho, 11 ans, accordéoniste ; Adela, 12 ans, prostituée ; Vitaliano, 11 ans, cireur de chaussures ; Olimpia, dite Petite Mouche, 10 ans, employée au cirque ; et beaucoup d’autres. Ils mêlent leurs voix en un chœur le plus souvent tragique, ou bercent leurs chagrins et leurs peurs dans des comptines et ritournelles (une « respiration » bienvenue entre des couplets terribles !) : « chanson de l’enfance qui s’enfuit », « chanson des enfants qui forment une bande », « chanson de la petite fille qui dessine », « chanson des jeux du soir, maintenant comme hier ».
Ils étaient 3 petits enfants qui s’en allaient... et le boucher les a tués, les a coupés en p’tits morceaux… Jacobo, dit l’Juif, 18 ans, gardien de la paix, a découvert, épouvanté, les trois petits cadavres . Mais qui a fait cela ? Encore une fois, les enfants, eux, savent…
Comme dans ses précédents romans, Laura Pariani donne la parole aux Italiens qui émigrèrent en masse vers l’Argentine, au début du XXème siècle, traversant deux mers, Méditerranée et Atlantique, avec l’espoir fou de faire enfin fortune. Que trouvèrent-ils, en fait d’Eldorado ? Une misère plus grande encore,… et en terre étrangère !

L’auteur peint « à fresque », de façon saisissante et empathique, les déceptions et la douleur de l’exil, les logements surpeuplés, les horreurs de la promiscuité, les chamailleries dans les cours, mais aussi les jeux des enfants, leur solidarité dans l’adversité, leur perspicacité, leur ingéniosité, leur incroyable énergie.
La langue de Pariani est merveilleuse de saveur, émaillée de mots régionaux. Il faut saluer absolument le travail remarquable de traduction de Dominique Vittoz (traductrice également d’Andrea Camilleri, Milena Agus, Sandro Veronesi, Marcello Fois). Grâce à elles deux, le lecteur s’invite au « festin de la langue partagée ».
A table, vous tous, tout de suite…


Sur les trois heures après dîner
7,10
par (Libraire)
23 mars 2009

« Et samedi, vingt-six, une heure avant dîné,
Monsieur de Bergerac est mort assassiné. »
Placée délibérément sous la double étoile d’Hercule-Savinien-de Cyrano-De Bergerac et d’Hedda Gabler, cette histoire d’amour met en scène, au sens propre, une troupe d’élèves de Terminale littéraire, Option Théâtre. Elle s’articule autour du duo Rachel/Roxane et Thomas/Cyrano. Thomas Bertin est le nouveau professeur de théâtre, dont Rachel, au premier coup d’œil, tombe éperdument amoureuse. Une année de lycée va s’écouler, le temps de faire le deuil de ses sentiments.
Côté cour et côté jardin, on voit mieux ce que représentent un cours de théâtre, une répétition, l’apprentissage d’un phrasé, comment, de simple récitant, on peut devenir l’interprète d’un texte. On aurait envie de se précipiter pour relire Ibsen, ou Rostand,… ou Molière… on découvre en effet, en lever de rideau et à la fin de « la pièce », le même tableau : un tout jeune bébé passe son baptême des planches, et il se nomme, comme le sieur Poquelin,…Jean-Baptiste…
Voilà un roman séduisant, très sensible, par l’auteur d’"Effroyables Jardins".
Chapeau bas devant Monsieur Quint.


L'attente du soir
par (Libraire)
23 mars 2009

"L’attente du soir" est publié chez José Corti, dans la collection « Merveilleux ». Et le merveilleux, nous y sommes. Rarement collection aura si bien porté son nom, s’agissant du premier roman d’un jeune auteur de 30 ans, Tatiana Arfel. Conte cruel et tendre à la fois, L’attente du soir nous ramène à l’éblouissement de l’enfance, à la magie du « chapeau pointu planté sur la place publique », quand le cirque s’installait quelques jours dans la ville, apportant, avec ses paillettes et ses musiques, un parfum d’ailleurs…
L’ordonnateur du spectacle, sous le chapiteau, c’est Giacomo, un vieux clown mélancolique, modeste dresseur de cinq caniches et d’un lion fatigué. Avec la belle et brune trapéziste, Ismaëla, et Miraculo, le prestidigitateur escamoteur de soi-même, il dispense chaque soir, quoi qu’il arrive, un peu de joie et de rêve.
Le deuxième personnage important du livre est une femme, Melle B. Elle n’a ni nom ni visage, car son père et sa mère ne l’ont jamais vraiment regardée.
Le troisième héros est un très petit enfant : « le môme » vit seul, dans un terrain vague, comme un animal sauvage. Il ne sait pas parler. Parfois il aboie de bonheur, comme son ami le chien, lorsqu’il est « d’humeur jaune ». Les couleurs, sans les nommer, il les connaît, il les aime, il les crée, il les mélange, il les assemble, en artiste génial.
Comment les trajectoires de ces trois marginaux finissent par se rejoindre, voilà le mystère du roman. Quand vous le lirez, vos yeux vont briller, c’est sûr, comme à la représentation du Circo Giacomo !


Sky my husband ! the integrale : dictionnary of running english, Ciel mon mari ! l'intégrale : dictionnaire de l'anglais courant

Ciel mon mari ! l'intégrale : dictionnaire de l'anglais courant

Points

par (Libraire)
21 mars 2009

Ciel mon mari !

La recette de ce livre: traduire mot à mot nos idiotismes dans la langue de Shakespeare : "se crêper le chignon" devient "To pancake the bun" et "courir sur le haricot" devient "run above the bean"... Mais rassurez vous, le livre contient aussi la traduction exacte de toutes ses locutions.