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Les messieurs

Castillon, Claire

Éditions De L'Olivier

16.50
by
23 May 2016

Dans ces nouvelles Claire Castillon donne la parole à des femmes plus ou moins jeunes qui vivent une histoire amoureuse avec des messieurs beaucoup plus âgés qu'elles. Ces messieurs ne sont pas de vieux pervers, juste des hommes plutôt ordinaires qui se sont laissés séduire, victimes ces donzelles intrépides...
Le plus souvent illégitimes, platoniques ou charnelles, ces amours sont vues au travers du regard sans indulgence des jeunes femmes qui s'attachent aux détails pitoyables et dérangeants. Ceux qui tuent l'amour... La mèche qui cache la calvitie, les poils qui sortent des oreilles, les doigts raidis par l'arthrose, la mémoire qui fout le camps, autant de signes de décrépitude qui, observés par l'oeil féroce des demoiselles, donnent une image assez grincante de la vieillesse.
Malgré quelques traits d'humour bien sentis, ces nouvelles un peu méchantes laissent une impression générale de tristesse. Aucune des 21 histoires n'est franchement réjouissante et il n'est pas sûr que les messieurs qui redoutent de ne pas rajeunir et envisagent la vieillesse comme un naufrage, en apprécient la saveur aigrelette.


Une année particulière

Montasser, Thomas

Presse De La Cité

16.00
by
22 May 2016

L'univers magique de la librairie

Charlotte, une dame âgée qui tient la librairie Ringelnatz & Co se volatilise subitement, laissant le soin à sa nièce Valérie de s'en occuper durant son absence.
C'est une librairie d'environ cinquante mètre carrés, très bien achalandée. Mais, point d'ordinateur pour assurer la gestion ; Tante Charlotte a son propre système, d'un autre âge, constitué de fiches, catalogues et classeurs.
Valérie se trouve un peu désorientée devant tous ces livres mais petit à petit, la curiosité l'emporte et elle se prend au jeu d'en lire quelques extraits. Elle ne voit plus le temps passer et se dit que la gestion d'une librairie ne doit pas être si compliquée. Elle se met à lire tous les ouvrages à portée de sa mai puis se met à dialoguer avec les clients.
Si bien que le temps passant, elle décide ne de plus liquider la librairie et en prend soin, en espérant le retour de Tante Charlotte...
Ce livre est une ode aux amoureux des livres et à cet univers magique que représente une librairie !


Desplat-Duc, Anne-Marie

Flammarion

14.00
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21 May 2016

Mitigé : du bon et du moins bon !

Anne-Marie, cousine de Louis XIV et donc princesse de sang, vit à une époque aussi trouble qu’intéressante : celle de la Fronde. À ses côtés, on est tout d’abord témoin de ce mouvement de rébellion. Puis on en devient acteur lorsqu’elle décide de se ranger du côté des révolutionnaires. Un choix qu’on comprend petit à petit car elle partage avec le lecteur toutes ses frustrations et ses déconvenues.

En effet, cette jeune fille souffre de n’être qu’un pion dans les machinations du pouvoir. On lui fait miroiter un mariage qui n’arrive pas, alors qu’elle ne rêve que d’une chose… trouver l’amour. N’en pouvant plus de se faire ainsi manipuler par son entourage elle décide de faire quelque chose de totalement fou pour l’époque : prendre son destin en main et se rebeller.

Le récit se présente sous forme de mémoires… La duchesse revenant pour nous sur sa vie, ses relations avec les gens de pouvoir et les événements marquants qu’elle a vécus. Cela permet d’être au cœur de l’action… mais malheureusement j’ai trouvé que cela mettait de la distance entre le lecteur et les personnages. Le récit reste assez froid, le lecteur ne se sentant pas particulièrement impliqué dans l’histoire.

De plus, l’auteur rapportant des faits réels et son récit étant jonché de personnages célèbres… elle ne prend pas forcément la peine de les présenter et d’expliquer leurs liens de parenté. Lorsqu’il s’agit du Roi, de la Reine ou des cardinaux-conseillers, ce n’est pas gênant. Mais pour tous les autres personnages rencontrés, cela plonge le lecteur dans le flou… J’ai personnellement mis ainsi un temps fou à associer les prénoms au titre de noblesse correspondant et donc à intégrer qu’il s’agissait de la même personne.

En conclusion, un récit non dénué d’intérêt. On vit la Fronde aux côtés de la duchesse, on apprend à la connaître et on comprend petit à petit ce qui va pousser cette jeune fille à se dresser contre le pouvoir en place. Cependant, il est dommage que le récit manque de chaleur et que les personnages ne soient pas mieux présentés – ce qui entraîne une certaine confusion. Cette série reste néanmoins prometteuse !


De la joie de vivre par temps hostiles
12.00
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21 May 2016

un zeste d'optimisme

Et non, tout ne va pas si mal aujourd'hui ! Et si l'on compare aux temps anciens, nous aurions même la chance de vivre une époque paisible ... ou presque ! Petit ouvrage sympathique et jubilatoire qui redonne le moral et fait sourire en ces temps troubles. A lire et relire et offrir pour une vision différente de notre quotidien et pour une bouffée d'espoir dans ce monde fou.


Excusez-moi pour la poussière

Jean-Luc Seigle

Flammarion

10.00
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21 May 2016

Cette pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Seigle (du théâtre ? Oui et j’avoue n’en avoir pas lu depuis le temps du collège/lycée) met en scène Dorothy Parker. Et Jean-Luc Seigle se glisse dans sa peau avec brio ! En huit tableaux allant de 1950 à 1962, Dorothy Parker sous la plume de l’auteur revit et c’est un pur plaisir. Dans sa chambre de l'hôtel Volney, le plus souvent un verre de whisky à la main, au téléphone soit son ex-mari ( qu’elle épousera une seconde fois et dont elle divorcera encore) soit avec une de ses amies ou encore avec Charly le concierge de l’immeuble, j’ai retrouvé son humour caustique, grinçant, acéré que j’avais découvert avec Hymnes à la haine puis dans Mauvaise journée demain.

Car Dorothy Parker dit ce qu’elle pense. Des femmes d'intérieur au monde d'Hollywood, de son incapacité à écrire à un roman en passant par la société américaine, elle n’épargne personne. Mais cette pièce permet également d'apprendre des éléments de la vie de Dorothy Parker que j’ignorais. Par exemple, ayant pris la défense de deux personnes, elle sera victime du maccarthysme et taxée d’être communiste, et bien d'autres choses.

Jean-Luc Seigle rend un bel hommage à cette nouvelliste et scénariste. Une femme engagée , fine observatrice à la personnalité incroyable mais également fragile. Un régal !
Cette pièce été jouée au théâtre Le Lucernaire de janvier à mars 2016.

"Ca prend juste du temps d'être méchant. Je dis juste la vérité, toute la vérité, et il arrive quelque fois que la vérité soit méchante."

Merci Delphine (Dialogues) !