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La petite fille de Jérusalem

Harry, Myriam

Des Equateurs

16.00
by
26 August 2016

Avec cet ouvrage les éditions des Malassis ressuscitent un texte paru pour la première fois en 1914 . Myriam Harry y raconte la vie d'une enfant prénommée Siona qui grandit au coeur d'une Jérusalem encore ottomane. Une ville où une multitude de communautés ethniques, religieuses et nationales se côtoient. Pour la fillette, née de parents européens, l'Orient et l'Occident s'y mêlent en une mosaïque colorée qui crée un univers enchanteur propice à enflammer son imagination.
D'une écriture sensuelle et chatoyante Myriam Harry évoque ici ses propres souvenirs d'une enfance qui fut heureuse jusqu'à ce que son père désespéré et ruiné par une sordide affaire qui à mis en émoi le monde des érudits et des musées européens, se brûle la cervelle d'une balle de revolver.
Ce roman est agréablement illustré par les gravures de Frédéric de Haenen. Elles donnent forme aux descriptions de l'auteur qu'il est parfois difficile d'imaginer tant elles sont exotiques.
En annexe sont joints deux courts textes.
Le premier, signé de Jules Lemaître, évoque l'ensemble de l'oeuvre de Myriam Harris , dont le nom de naissance est Maria Shapira. Il est suivi d'un texte de Paul Auvray qui ajoute un complément d'information fort intéressant sur l'affaire du manuscrit Shapira

La petite fille de Jérusalem est le premier volume du cycle de Siona, série de romans autobiographiques (Siona à Berlin, Siona à Paris, le tendre cantique de Siona )


Les mains lâchées
16.00
by
17 August 2016

Puissant!

C'est parti pour la rentrée littéraire 2016!
Et l'on commence avec un premier roman, et un coup de coeur!

Et pourtant, un thème particulièrement tragique, je craignais au départ un trop plein d'émotions, mais non, tout est parfaitement bien dosé, très équilibré, pour décrire la tragédie au plus près sans tomber dans le pathos.
Tout commence dans le décor enchanteur des îles des Philippines et sombre en quelques instants dans le cauchemar avec le passage du typhon Yolanda, ouragan et tsunami qui causera aux environs de 7000 morts et dévastera totalement la ville Tacloban où se situe l'intrigue.

L'impuissance de l'homme face à la nature, les choix tragiques, les lâchetés... les mains lâchées... en quelques personnages clés , l'auteure nous plonge au cœur du drame.
Une région coupée du monde, un bilan de la catastrophe d'abord minimisé, le rôle des médias... et ce terrible manquement au moment de l'alerte... des pages essentielles pour ne pas oublier ce drame.

Au delà de ces faits, il y a la trajectoire de l'héroïne, ses doutes, ses actes, le rôle de la journaliste, le désarroi de la femme... comme pour les pompiers, les médecins, des survivants en première ligne, pour qui tout bascule, et qui doivent s'oublier pour faire front.

En partie auto-biographique, ce premier roman est un témoignage marquant de ce drame, à la distanciation très juste.


Un paquebot dans les arbres
19.80
by
17 August 2016

Les années 50. A La Roche-Guyon dans le Val d'Oise, Paul Blanc dit Paulot et son épouse Odile tiennent un café. Le bonheur est là avec sa femme qui l'aime passionnément et ses trois enfants dont Mathilde. Tous le savourent avec l’insouciance procurée par les Trente glorieuses. Mais Paulot et Odile tombent malades. Ils ont la tuberculose. Pour se soigner, c’est le sanatorium d’Aincourt. Paulot et Odile étant commerçants ne bénéficient pas de la Sécurité sociale "c’est gratuit de savoir que tu es malade mais pas gratuit de se soigner." Le café est vendu, ils sont devenus des parias aux yeux des autres.
" La peur de la contagion s’ancre au-delà de la de la conscience, dans les strates lointaines des mémoires familiales et de la mémoire collective, (..), elle se nourrit de siècles d'épidémies et d'impuissance. " La sœur aînée de Mathilde est déjà partie pour ses études et mène sa vie. La dislocation est totale et financière.

Les services sociaux veulent placer Mathilde et son frère Jacques en famille d'accueil. Pour contrer l'administration, une seule possibilité : se faire émanciper. Mathilde devenue adolescente se retrouve confrontée à une montagne de problèmes et surchargée de responsabilités. Avec une détermination incroyable, un courage inouï et beaucoup de privations, elle va conjuguer ses études, les visites hebdomadaires aux parents, les démarches administratives, les stages rémunérés. Des scellés posés sur leur logement, elle n’en a cure. Dispersés sur "trois cent kilomètres carrés bornés par Mantes, Fontenay-Saint-Père, Aincourt, La Roche, points cardinaux d’une cartographie nouvelle", elle est le lien entre eux quatre. Mathilde veut obtenir son diplôme et un travail salarié qui lui permettra de cotiser à la Sécurité sociale. Gagner de l'argent signifie également le retour de son frère cadet avec elle.
Sa vie n’est pas celle d’une jeune fille de dix-huit ans. Elle tient bon, s’obstine avec une volonté viscérale malgré les nombreuses difficultés et sacrifices. Juste une fois, elle craque, "j’avais une amnésie pour le futur ". Sur son chemin parcouru d’embûches, des personnes merveilleuses l’aideront. Et si elle parviendra à réunir sa famille et à préserver l'amour de sa mère pour son père, entier et encore plus fort, la route n'est cependant pas finie.

"Alors Mathilde Blanc aura l'idée de m'écrire. elle me dira c'est l'histoire d'Aincourt , des milliers de gens comme mon père ont vécu cette histoire, des gens comme nous. Je lui dirai c'est une histoire d'amour. "
A partir d'un témoignage réel, Valentine Goby nous raconte "la tragédie silencieuse" de Mathilde et de sa famille. Avec ce livre, elle met en mots "ce récit en marge, celle de la maladie et de la misère eu temps miraculeux de la prospérité, de la Sécurité sociale" où l’on croyait que la tuberculose appartenait définitivement au passé. Mais ce récit est avant tout celui de Mathilde qui par amour a consacré sa jeunesse à sa famille sans jamais compter les privations.

L’écriture est vive, franche et directe mais elle sait se faire plus poétique également.
Vibrant et digne, ce roman solaire est un hymne magnifique d'amour. A travers Mathilde, Valentine Goby nous interroge sur la capacité à puiser au fond de soi et met en exergue la résistance de ceux que la vie n'épargne pas. Cette lecture nous transfuse des émotions et une force incroyable !


De terre et de mer
14.00
by (Librarian)
16 August 2016

Un roman impressionniste

Lire ce roman c'est comme pénétrer dans un tableau impressionniste. C'est errer dans cette île de B. à la rencontre de destins singuliers épris de liberté et d’insouciance. Le temps semble s'être arrêté dans ce petit bout de terre jusqu'au moment où...


Petit pays
18.00
by (Librarian)
16 August 2016

Petit pays et grand roman

Gabriel nous livre sa on enfance au Burundi entre douceur et fracas, complicité et abandon, lumière et ténèbres, liberté et torture... Un roman de contrastes sincère et captivant. Il vous prend aux tripes et ne peut vous laisser indifférent.
Pour faire écho à ce premier roman, écoutez sa chanson "Petit Pays" elle trottera longtemps dans votre tête.