Les essais de la rentrée 2017

Les essais de la rentrée 2017

Après le succès de "Sapiens", Yuval Noah Harari vient de publier son nouvel ouvrage "Homo deus" et il tente cette fois de réfléchir aux avenirs possibles de l'humanité. Retrouvez dans ce dossier les autres essais phares de cette rentrée littéraire, que nous avons réunis sur table au rayon sciences humaines.

Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas
21,00

Fin 2016, les militaires français plient bagages. Trois ans plus tôt, dans le cadre de l'opération Sangaris, ils ont débarqué à Bangui, la capitale d'un pays oublié, le Centrafrique, pour lui éviter de connaître « un scénario à la rwandaise ». C'était la septième intervention française depuis l'indépendance dans ce pays aux allures de fantôme où sept habitants sur dix vivent dans une pauvreté extrême et où l'espérance de vie a reculé de dix ans. Pays fantôme, le Centrafrique – baptisé Oubangui-Chari par le colonisateur français – l'a peut-être toujours été. Certes, il a une capitale et un nom – il en a changé à six reprises. Il possède quelques kilomètres de routes goudronnées, une langue nationale et des ambassades. Un temps, dans les années 1970, l'empereur Bokassa, un autocrate délirant et sanguinaire, lui a conféré une triste notoriété. Mais que cache le décor ?
L'Oubangui-Chari est une invention française. À la fin du XIXe siècle, une poignée d'explorateurs et d'aventuriers – des militaires jeunes et exaltés, des missionnaires sans états d'âme, l'Évangile dans une main, le drapeau français dans l'autre – se sont élancés à la conquête du « dernier blanc de l'Afrique ». De ce vaste et lointain territoire ont hérité des sociétés concessionnaires qui se sont payées sur la bête. Mais la bête n'était pas grasse et lorsque, au début des années 1960, « la Cendrillon de l'Empire » s'est vu octroyer l'indépendance, le pays avait tout pour se déliter, sous l'oeil de l'ancienne puissance coloniale, qui n'a cessé depuis de peser sur les hommes et les événements.
Au terme d'une longue et minutieuse enquête, mélange de reportages, d'entretiens et de lectures, Jean-Pierre Tuquoi livre ici un récit surprenant et teinté de mélancolie, l'histoire romanesque et improbable de l'Oubangui-Chari.


Comment devient-on tortionnaire ?

Sironi, Françoise

La Découverte

28,00

On est d'abord submergé d'épouvante. Duch, chef du camp S-21 au Cambodge à l'époque des Khmers rouges, est responsable de la torture et de la mort dans des conditions atroces de plus de 13 000 personnes. Et pourtant, il faut aller au-delà de la sidération pour comprendre ce qui s'est joué entre un individu ne souffrant d'aucune pathologie mentale et un régime responsable de la mort de deux millions de personnes sur une population totale de sept.
C'est le travail auquel s'est livré Françoise Sironi, chargée de l'expertise psychologique de Duch au cours de son procès à Phnom Penh. Depuis vingt-cinq ans, elle soigne des patients victimes de tortures, de massacres, de déportations forcées, de crimes de masse. Mais il ne suffit pas de prendre en charge les victimes, il faut aussi comprendre la fabrication des bourreaux, « entrer dans leur tête ». Comment sont-ils devenus des êtres « désempathiques », déshumanisés, capables du pire ?
Pour cela, la psychologie doit se réinventer, se situer à l'intersection de la vie psychique et de la géopolitique. Les Khmers rouges avaient créé l'Angkar, une organisation mystérieuse que chacun devait servir et que l'on nourrissait de sacrifices humains. C'était un « système perpétuel », une théopathie sacrificielle s'épurant en permanence.
Pour déconstruire la mécanique d'un système à la fois psychique, politique et social, Françoise Sironi, grâce aux ressources de la psychologie géopolitique clinique, de l'ethnopsychiatrie et de la schizo-analyse, aux travaux d'Hannah Arendt, de Georges Devereux, Tobie Nathan ou Gilles Deleuze et Félix Guattari, nous donne de nouveaux outils non seulement pour comprendre comment l'impensable est arrivé, mais aussi comment déjouer les projets des futurs systèmes criminels susceptibles de nous menacer.


Ramses 2018 - La guerre de l'information aura-t-elle lieu ?, La guerre de l'information aura-t-elle lieu ?
32,00

Trois enjeux décisifs pour l’avenir immédiat  :

Un monde brisé, quel monde nouveau  ?La Russie :  stratégie russe dans l’étranger proche. Moscou a-t-elle une Grande Stratégie  ? En a-t-elle les moyens  ?La guerre de l’information aura-t-elle lieu  ? Le facteur «  information  » recompose-t-il les relations internationales  ?Dans un esprit prospectif, Ramses 2018 propose également un appareil documentaire et pédagogique original  : chronologie  des événements 2016-2017  , cartes inédites, données statistiques, vidéos.


À la recherche du sauvage idéal

Fauvelle-Aymar, François-Xavier

Le Seuil

20,00

Ce livre nous entraîne au bout de l'Afrique sur les traces d'un peuple oublié, ce peuple dont est issu la tristement célèbre « Vénus hottentote ». Dès qu'il paraît, au temps des Grandes Découvertes, son étrangeté radicale effraie ou émerveille. Voici donc le pire ou le meilleur des sauvages, en tout cas le plus exemplaire : il est ce que nous – Européens, modernes, conquérants – ne pouvons plus être. Inadaptés au monde qui se construit à leurs dépens, ces femmes et ces hommes deviennent la caricature d'un peuple meurtri, bientôt retranché de la terre et de l'histoire. Parce qu'il retrace leur disparition en même temps que l'enquête qui part à leur recherche, ce livre raconte l'histoire à rebours. Il suit des pistes qui remontent le temps et les retrouve, là, en 1670, entourés de vaches et d'esprits, dans le campement où un chirurgien allemand, notre meilleur informateur, les a rencontrés. Ils ont un nom : les Khoekhoe. « Je ne sais pas s'il faut haïr les voyages et les explorateurs. Ils vous convient, quelquefois malgré eux, à un outre-passement auquel il faut consentir. Au bout de la piste, si vous y avez consenti, si nous y avons mis assez de désir et de ténacité, peut-être serons-nous tous, le narrateur à coup sûr, la lectrice, le lecteur peut-être, devenus sauvages. » F.-X. F. François-Xavier Fauvelle est historien de l'Afrique à l'université de Toulouse. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages et d'une centaine d'articles scientifiques. Il a notamment publié Histoire de l'Afrique du Sud (Seuil, 2006, « Points Histoire », 2013), Le Rhinocéros d'or. Histoires du Moyen Âge africain (Alma, 2013 ; « Folio histoire », 2014 ; Grand Prix des Rendez-vous de l'histoire de Blois).


Une brève histoire culturelle de l'Europe
12,00