Littérature portugaise

Littérature portugaise

A l'occasion des parutions de nouveaux livres d'Antonio Lobo Antunes et de José Saramago, voici une sélection de romans portugais ou se déroulant au Portugal.


Apprendre à prier à l'ère technique
22,50

« Ce qui le fascinait chez les gens étranges, c'était l'absolue liberté avec laquelle ils faisaient leurs choix individuels. Chez le fou ou le mendiant qui erraient dans les rues en demandant du pain, Buchmann voyait des hommes pouvant choisir, avec une liberté pure et sans conséquences, leur morale individuelle. Une morale à nulle autre pareille, sans équivalent aucun.
Un fou n'était pas immoral, un mendiant non plus. C'étaient des individus sans égal, de même qu'un roi n'a pas de pair, n'a personne à ses côtés.
Buchmann regardait avec admiration ces hommes qui avaient dans leur poche un système juridique unique, avec leur nom à la fin. D'une certaine manière, c'était cela que Buchmann dédirait : être le héraut d'un système légal dont les lois ne s'appliqueraient qu'à lui, d'une morale qui ne serait ni celle du monde civilisé ni celle du monde primitif, qui ne serait pas la morale de la cité ni même celle de sa famille, mais une morale qui porterait son nom, rien que son nom, inscrit à son fronton. »

Lenz Buchmann envoûte et révulse, obsédé qu'il est par la force et la puissance. Apprendre à prier ... s'immisce dans ses fibres, ses terminaisons nerveuses, les cellules de son cerveau, celui d'un homme à l'intelligence terrifiante par son absence absolue d'affect.

Tavares affronte le XXIe siècle, qui expérimente l'affrontement des utopies et des idéologies. Et l'on s'incline devant son talent, comme l'ont fait Antonio Lobo Antunes, Enrique Vila-Matas, Alberto Manguel, ou José Saramago.



Monsieur Valery et la logique
11,50

Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages. Monsieur Valéry est petit mais il aurait préféré être grand. Il ne veut pas trop s'attacher à un animal domestique car ils meurent facilement. Il a tendance à confondre son chapeau avec ses cheveux. Et il doit absolument distinguer sa droite de sa gauche. Bref, le quotidien de Monsieur Valéry est ainsi consacré à la construction d'un schéma mental qui l'aiderait à affronter des dilemmes. Grâce à la logique et au dessin, Monsieur Valéry est toujours persuadé de trouver une solution. Avec une ironie et un humour mordants, Gonçalo M. Tavares nous impose là une sorte de micro-traité sur la bêtise, ou nous montre comment une intelligence purement logique mais dépourvue de toute émotion et de bon sens tombe dans le piège de l'absurdité absolue.