De la Nature

Les Belles Lettres

21,00

Il est doux, quand sur la grande mer les vents soulèvent les flots, d’assister de la terre aux rudes épreuves d’autrui : non que la souffrance de personne nous soit un plaisir si grand ; mais voir à quels maux on échappe soi-même est chose douce. Il est doux encore de regarder les grandes batailles de la guerre, rangées parmi les plaines, sans prendre sa part du danger. Mais rien n’est plus doux que d’occuper solidement les hauts lieux fortifiés par la science des sages, régions sereines d’où l’on peut abaisser ses regards sur les autres hommes, les voir errer de toutes parts, et chercher au hasard le chemin de la vie, rivaliser de génie, se disputer la gloire de la naissance, nuit et jour s’efforcer, par un labeur sans égal, de s’élever au comble des richesses ou de s’emparer du pouvoir. Ô misérables esprits des hommes, ô cœurs aveugles ! Dans quelles ténèbres et dans quels dangers s’écoule ce peu d’instants qu’est la vie ! Ne voyez-vous pas ce que crie la nature ? Réclame-t-elle autre chose que pour le corps l’absence de douleur, et pour l’esprit un sentiment de bien-être, dépourvu d’inquiétude et de crainte ? Ainsi pour le corps, nous le voyons, il est besoin de bien peu de chose. Tout ce qui peut supprimer la douleur est capable également de lui procurer maint plaisir exquis. Et dans cet état, la nature elle-même ne réclame rien de plus agréable : s’il n’y a point parmi nos demeures de statues dorées de jeunes gens, tenant dans leurs mains droites des flambeaux allumés pour éclairer des orgies nocturnes ; si notre maison n’est pas toute brillante d’argent, tout éclatante d’or ; si les cithares n’en font pas résonner les vastes salles lambrissées et dorées : il nous suffit du moins, étendus entre amis sur un tendre gazon, le long d’une eau courante, sous les branches d’un grand arbre, de pouvoir à peu de frais apaiser agréablement notre faim ; surtout quand le temps sourit, et que la saison parsème de fleurs les herbes verdoyantes. Et les fièvres brûlantes ne quittent pas plus vite le corps, que l’on s’agite sur des tapis brodés, sur la pourpre écarlate, ou qu’il faille s’aliter sur une étoffe plébéienne.


Adages

Érasme

Les Belles Lettres

19,00

Érasme nous livre à travers ses Adages une œuvre à la fois érudite et distrayante, apte à réconcilier les modernes avec la culture antique. Cette édition en présente un florilège choisi par Jean-Christophe Saladin.
Hâte-toi lentement.


Théogonie

Hésiode

Les Belles Lettres

15,00

Dans ce poème d'époque archaïque, Hésiode célèbre l'ordre divin du monde en racontant la formation de l'univers, la succession des générations divines et la répartition des honneurs parmi les dieux.
Ses premiers enfants, le grand Cronos les dévorait, dès l'instant où chacun d'eux du ventre sacré de sa mère descendait à ses genoux.

v. 459-460


Fables

Ésope

Les Belles Lettres

19,00

Transmises oralement jusqu’au IVe siècle, ces fables ont connu un succès phénoménal tout au long de l’Antiquité, servant tout autant de bon mot dans les banquets que de sagesse populaire dans les institutions civiques.
Pour beaucoup de gens ce sont leurs propres résolutions qui sont causes de leurs malheurs.

Fable 89


Les Routes de la soie
24,90

Peter Frankopan, célèbre professeur d'histoire d'Oxford, explore dans ces pages la grande histoire des Routes de la Soie et les innombrables liens - commerce, religions, guerres, aventures, maladies, sciences, technologies - que les hommes ont tissés à travers les siècles sur ces routes mythiques.
Des antiques empires de Perse aux terribles invasions des Huns, de la Renaissance de l'Europe aux deux guerres mondiales et jusqu'à notre nouveau siècle, Les Routes de la Soie vous feront voyager de l'Atlantique au Pacifique, de l'Asie centrale aux Amériques, éclairant d'un jour nouveau l'histoire du monde à travers les échanges millénaires entre peuples et continents.
Somptueusement illustré par Neil Packer, basé sur le bestseller mondial de Peter Frankopan, Les Routes de la Soie est le plus important livre d'histoire publié depuis des décennies.