Saleté et propreté au Sénégal, Culture, civilisation et enjeux
EAN13
9782379184413
Éditeur
Nouvelles Éditions Numériques Africaines (NENA)
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Saleté et propreté au Sénégal

Culture, civilisation et enjeux

Nouvelles Éditions Numériques Africaines (NENA)

Livre numérique

  • Aide EAN13 : 9782379184413
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    6.49
Le livre montre que la saleté et la propreté peuvent être vues comme des
patrimoines communs aux identités impersonnelles et plurielles. En les
étudiant, nous expliquons le défaut d'assainissement qui concerne le Sénégal,
particulièrement avant le XXe siècle et jusqu'à aujourd'hui au XXIe siècle, en
2020 et les différentes solutions proposées pour résoudre cet aporisme qui
vire en dystopie. Après l'introduction et l'exposé sur la méthodologie, le
livre aborde, dans un premier temps, le mal assainissement qui est un mal
historique et un mal du présent. En effet, l'histoire de l'insalubrité est
accompagnée par la naissance du Service d'hygiène sociale (1904) qui est
l'ancêtre des ministères à la mode dits de « l'hygiène et de l'assainissement
- ce dernier est né au Sénégal en 2003 » et qui se mirent dans la glace des
réponses proposées par l'ancienne métropole ou celles qui sont commandées par
l'opinion publique au service de la pudeur. - S'agit-il de recopie ou de
mimétisme, par rapport à ce qui se fait en Europe et particulièrement en
France? Le premier président de la république du Sénégal espérait voir Dakar
en 2000 comme Paris. Ensuite, nous abordons les autres patrimoines que nous
voulons résumer à travers la culture, la croyance, les catégories sociales et
qui sont relatives à la production de la saleté et à la gestion de la
propreté. Accoler les toilettes publiques aux mosquées à la période coloniale,
c'est faire appel à un autre patrimoine arabo-musulman. Ne pas balayer la
nuit, se laver sans utiliser le savon de Marseille ou ne pas se laver un jour
particulier, sont des exemples qui intègrent des croyances et des perceptions
propres aux patrimoines inexplorés. Enfin, une bonne partie de l'ouvre est
consacrée aux stratégies de réponses. Il s'agit d'un réexamen des Politiques
publiques (d'assainissement et d'hygiène, du cadre de vie, de l'habitat, de
l'hydraulique, de l'urbanisme, du tourisme, de l'environnement et de la
prévention, etc.). Quelques exemples poursuivent avec le Droit (codes
répressifs et les lois coercitives), l'économie (financements publics) de la
prise en charge de la salubrité, des appuis extérieurs des bailleurs de fonds
(Agence française de développement, Fondation Melinda & Bill Gates) qui
montrent de manière tautologique que « polluer pour s'approprier » selon le
mot de Michel Serres (20081) est passé par assainir pour s'approprier. Il suit
l'hydraulique et l'assainissement dans un chapitre qui insiste sur la
planification et la gestion (1960-2020). Il s'agit de politique publique avec
les plans et programmes qui ont été introduits sous les régimes socialistes
(1960-2000) et libéraux (2000-2020). Cette partie met l'accent sur les
différents contextes, les textes et les concepts appliqués à la propreté et à
l'insalubrité. -L'analyse insiste également sur le phénomène des
déguerpissements liés aux solutions réfléchies en vue de faire face à
l'insalubrité en ville. Ce chapitre est clôturé par des développements qui
portent sur les idées préconçues en rapport avec la saleté et la propreté au
Sénégal. -Ensuite un nouveau chapitre évoque la dimension politique de
l'assainissement qui suit une voie hiératique au cours d'un bref temps
(1960-2020). Ainsi, les projets d'assainissement sont relégués d'année en
année à des perspectives de plus en plus hypothétiques. -La gestion de la
propreté explique aussi les emprunts à la période coloniale. Ce qui a permis
de déboucher sur les objets particuliers qui font la saleté aujourd'hui. -La
politique d'assainissement circonscrite dans des textes limitatifs ouvre
l'analyse sur les objets qui font la saleté (foin, sachets en plastique et
pneumatiques). Ces objets, en plus des déchets électriques et électroniques,
sont peu étudiés. -Suivant les catégories, nous étudions les procédés qui
permettent de se débarrasser des ordures, des déchets solides et liquides à
l'aide du feu et de l'eau et d'objets importés comme le faubert et le balai en
plastique. -En abordant la question des eaux pluviales et l'évacuation des
eaux usées on se rend compte des insuffisances, notamment en ce qui concerne
les canaux d'évacuation des eaux et les activités productrices de déchets sur
le bord de mer. En effet, la mer et les effluents naturels sont longtemps
utilisés comme les réceptacles ou les terminaux pour l'assainissement liquide.
Ce qui laisse en suspens une demande qui a eu, depuis longtemps, comme réponse
une offre provisoire contextuelle qui s'arrête sur le bord de l'Océan
atlantique, des étangs ou lacs des Niayes, aux fleuves, lagunes et divers
effluents ou bras de cours d'eau. On note, ainsi, l'apparition de dépotoirs
sauvages au voisinage d'un bâti qui a connu un développement exponentiel et
qui est la manifestation des échecs de politiques publiques qui sont résumés
par l'érection de bassins de rétention, la réémergence des bornes fontaines et
des toilettes en rue et d'autres infrastructures inadaptées pour le drainage
des eaux pluviales ou pour répondre à une demande populaire de plus en plus
croissante, suite à une forte progression démographique et un urbanisme
prégnant. En conclusion les résultats renseignent sur le fait qu'en Afrique,
lorsqu'on évoque la saleté ou la propreté, la confusion est amenée par une
forte lacune de prise en charge des concepts utilisés. Dans le désordre, on
parle, au sujet de la saleté, des déchets, des ordures, de la salubrité, de
l'insalubrité, de l'hygiène, de l'assainissement, de la propreté, du
nettoyage, du cadre de vie et même de péril (.). -Oser parler de manière
ouverte de la saleté et de la propreté, en vue de faire un document ambitieux,
a été un des objectifs majeurs de ce livre. En effet, il a fallu procéder à un
balayage étendu d'un certain nombre de paradigmes. Pour ce faire, de nombreux
objets sont convoqués, relativement en ce qui concerne la salubrité nationale.
Dire en face d'une caméra de télévision, « nous sommes propres, mais notre
pays est sale2 », c'est pointer du doigt un dysfonctionnement structurel
chronique. Faire la ronde des responsabilités d'une malpropreté, c'est
parcourir la circonvolution des ordres étatiques depuis les ministères
jusqu'aux plus petites structures communales qui ont en charge des missions de
service public délimitées ou organisées entre salubrité, propreté, hygiène,
assainissement. Autant de termes, de concepts, glanés au cours d'une longue
histoire, sont proposés dans des textes de lois, des codes, des décrets et des
arrêtés ministériels ou communaux dont l'exposé ne permet pas de faire la
bonne gestion de la propreté. Le besoin d'être à jour a poussé l'auteur à
ouvrir l'Épilogue sur la pandémie de la Covid-19, avec l'émergence d'objets
nouveaux qui font aussi la saleté avec les masques et les emballages jusqu'au
plastique ultra fin, sans compter avec les textes de Lois et l'incitation au
propre et à la propreté qui rattrape le lavage des mains qui en était à ses
recommandations quotidiennes et permanentes.
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