UN TEMPS FOU, roman
EAN13
9782234062436
ISBN
978-2-234-06243-6
Éditeur
Stock
Date de publication
Collection
LA BLEUE
Nombre de pages
2435
Dimensions
21 x 13 x 0 cm
Poids
340 g
Langue
français
Code dewey
843
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Un Temps Fou

roman

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La Bleue

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Une nuit, je fais un rêve. Je suis dans une baignoire, une grande baignoire blanche. La baignoire est pleine d'eau. L'eau est très chaude. La vapeur emplit toute la salle de bains. Tout est flou. Tout se perd. Je me sens oppressée. Je suis très fatiguée. Je suis étendue dans cette baignoire, nue, très fatiguée. J'ai envie d'arrêter de respirer, de me laisser glisser dans l'eau brûlante, de disparaître, lentement, avec douceur, pour toujours. Ma tête repose contre le rebord de la baignoire. Elle me fait mal. J'aimerais qu'elle ne repose contre rien, qu'elle redevienne libre, légère, qu'elle flotte sans douleur dans un vide, détachée de tout, détachée de moi. Mes cheveux s'enroulent autour de moi. Des larmes coulent sur ma joue. Je n'ai pas la force de les essuyer. Je les laisse couler. J'abandonne.Quelqu'un s'avance vers moi. Il y a trop de vapeur dans la pièce pour que je distingue ses traits. J'attends. Il se rapproche. Il est là, soudain, tout près. C'est un homme. Il a un sourire très doux sur le visage. Je crois qu'il est beau. Il s'agenouille, se penche vers moi. Je n'ai pas peur. Je n'attendais rien. L'homme commence à me laver. Ses gestes sont délicats. Il frotte mon corps avec un gant. Je sens le parfum du savon, une odeur de citron, et de pomme, et d'autre chose. J'aime cette odeur. Elle me rappelle une sensation très agréable, je ne sais pas laquelle. Je ne cherche pas. Je ne cherche plus rien. L'homme frotte mes épaules, mon cou, mes seins, mon ventre, mes bras, mes cuisses. Je ne bouge pas. Je ferme les yeux. Je me laisse faire. Je ne sais plus si je suis une jeune femme, ou une enfant, ou une très vieille personne. Je ne sais plus rien. J'ai dû me perdre. Puis, sa main sur ma tête. Il appuie. Je ne lui résiste pas. Il appuie un peu plus. Il a compris, sans que j'aie eu besoin de le lui dire. Je glisse sous l'eau. Je suis sous l'eau. J'aime être là, immergée, complètement immergée. Je reste longtemps ainsi, mon corps disparu du monde des vivants, mon corps qui respire de plus en plus lentement, qui perd le souffle. L'eau est devenue froide. La main n'a pas quitté ma tête, je n'ai pas peur, je suis en paix : cette fois, je crois que je m'en vais.Puis, d'un coup, son bras qui me saisit, qui me tire vers le haut. Il me fait remonter à la surface. Ma bouche soudain à l'air libre. La sensation effrayante, merveilleuse, de l'air libre sur mon visage. Je voudrais crier. Je ne peux pas. Je suffoque. Il me tient tout contre lui. Je sens la chaleur de son corps. Je sens son souffle sur mon front. Je reste agrippée à lui. Je le serre de toutes mes forces. J'entends les battements de son cœur. Son visage très près du mien. Son regard très doux, très profond, très clair. Il pose une main sur ma joue. Il sèche mes larmes. Il me lave encore le cou, le visage. Je ferme les yeux.Longtemps après, très longtemps après, lorsque mon corps a fini de trembler, je lui demande pourquoi il a fait ça. J'entends alors sa voix, un murmure à mon oreille : « Ne vois-tu pas que je te console ? »
J'ouvre les yeux : l'homme n'est plus là. Je suis dans la baignoire, nue. Les larmes ont cessé de couler sur mon visage. J'ai envie de me lever, et de sortir mon corps de l'eau.

C'est vous qui m'avez appelée. Je ne vous ai pas demandé comment vous aviez obtenu mon numéro de téléphone : je suis sur liste rouge. Vous m'avez appelée un matin. Le temps était glacial. J'étais sortie tôt accompagner ma fille à l'école. La nuit était encore noire. J'étais rentrée vite. J'avais même couru : j'avais froid. Je ne pensais qu'à une chose, me réfugier dans mon bureau. Je ne vous attendais pas.Votre voix. Dès les premiers mots, avant même que vous ne prononciez votre nom, j'ai su que c'était vous. Votre voix. Je ne l'avais pas oubliée. Une voix comme la vôtre, aussi chaude, aussi mélodieuse, ça ne s'oublie pas. Même en six ans. Ça reste gravé au plus profond de vous, dans un endroit très secret que vous êtes la seule à connaître, un endroit qui parfois vous fait du mal, parfois du bien. Ça dépend des jours. Ça dépend de la mélancolie des jours.Je ne me souviens pas de ce que vous avez commencé par me dire. Mon cœur battait tant, soudain j'avais tout oublié, des autres, de moi, de ma vie. J'entendais simplement votre voix. Il n'y avait plus qu'elle. Elle coulait en moi. Elle vibrait. Elle me donnait envie de rire. J'aurais aimé vous le dire.

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Commentaires des lecteurs

24 juin 2010

Maud est écrivain. Elle a un mari et une petite fille de 4 ans, Marie. Un jour, elle reçoit un coup de fil d'un ancien ami réalisateur. Elle le connait peu, ils se sont croisés à une fête quelques années ...

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