L'Arbre en Occident
EAN13
9782213643083
ISBN
978-2-213-64308-3
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
Littérature Française
Nombre de pages
369
Dimensions
23 x 15 x 0 cm
Poids
604 g
Langue
français
Code dewey
582.16
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Première partie?>Le géant de la planète?>« L'hiver, les vieux chênes lourds et vieuxLes chênes torsGeignant sous la tempête et projetantLeurs branchesComme de grands bras fous qui veulentFuir leur corpsMais que tragiquement la chair retientAux branches. »E. Verhaeren,Soirs,
« Les Vieux Chênes ».?>Chapitre premier?>Une plante qui a réussi?>L'arbre de l'enfant évoque moins un sujet forestier qu'un sujet isolé. Mieux, par sa silhouette, il ressemble davantage à un arbre de rue qu'à un arbre de champ, de parc* ou de jardin*. L'arbre dessiné rappelle les marronniers, les platanes que l'on vient de tailler* ou de tondre. Les branches repoussent sur la section de coupe et offrent des longueurs semblables. Cependant, « arbre », il l'est par son volume et par sa structure. Les deux éléments, cime et tronc, le distinguent des autres végétaux. Les arbres sont des « végétaux supérieurs », c'est-à-dire des plantes de grand format, de grande longévité, de consistance dure : « ligneuse ». L'épithète différencie les ligneux des non-ligneux. En conséquence, n'est pas « arbre » qui veut. Pourtant, on accorde volontiers le titre sur l'apparence : élancés et résistants, les palmiers en bénéficient, ce qui est usurpé puisqu'ils n'ont ni tronc ni branches, mais un stipe, construction fibreuse, coiffée par un cornet de feuilles vertes.les approches de l'arbre?>Depuis l'Antiquité, la flore, ensemble complexe que l'on appelait « société des inertes », était divisée en deux catégories : les « herbes » et les « arbres ». Cette dichotomie perdura après le Moyen Âge. Pendant la Renaissance, la distinction avait encore cours et accompagnait tout descriptif végétal. On finit par l'abandonner, mais lentement. Cependant, les parlers populaires la perpétuèrent. Ainsi, le langage quotidien reflétait les conceptions archaïques, déformées, mais vivaces.Les érudits des Temps modernes essayèrent d'aller plus avant. Ils étudiaient les similitudes et les divergences entre les plantes tout en continuant à traiter les arbres à part. Ils opéraient des rapprochements qui, plus tard, donneraient de nouvelles définitions et de nouvelles subdivisions. Par exemple, chez Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) et ses Éléments de Botanique (1694), la classification demeurait sommaire ; l'ouvrage n'en était pas moins remarquable. Tournefort l'avait rédigé dix ans après sa nomination au Jardin du roi, trois ans après son élection à l'Académie royale des sciences. Personne ne lui reprocha le distinguo « herbes » et « arbres »1, sinon un confrère anglais, Jean Ray (1627-1705)2. La critique fut attribuée à la jalousie et à l'ambition d'un collègue vieillissant...Le primat de l'empirismeLes « botanistes » partageaient tous plus ou moins la même formation médicale. Certains choisissaient d'enseigner à l'université ce que les professeurs leur avaient inculqué. D'autres préféraient travailler dans une institution botanique. Quelques-uns les dirigèrent, les réorganisèrent au besoin. Ils participèrent activement à la diffusion des recherches récentes.Les « botanistes » cataloguaient les plantes en fonction des feuilles, de leur consistance et de leur morphologie, de leur emplacement aussi. Ébauchant une classification, ils relevaient que les feuilles ornaient soit la tige dépourvue de branches et de rameaux, soit les branches d'une tige non ramifiée, soit les rameaux d'une tige branchue. Citons : Jean Du Ruel (1479-1537), régent de la faculté de Paris et médecin personnel de François Ier, et son De natura Stirpium libri tres3 ; Mathias de L'Obel (1636-1616), médecin à Anvers puis à Londres, et son Stirpium adversaria nova4 ; Charles de L'Écluse (1526-1609), médecin à Gand puis à Louvain, et son Rariorum plantarum historia5 ; Gaspard Bauhin (1560-1624), professeur de botanique et de médecine à la faculté de Bâle, et son Theatri botanici sive Historiae plantarum6.Tous recensaient les critères visuels qui distinguaient les végétaux toxiques des végétaux bienfaisants. Pour cela, ils scrutaient la feuille puis la corolle ; ils estimaient que l'odeur de la plante constituait un indice non négligeable. La « bonne » plante avait un « bon » parfum, neutre ou suave, qui réjouissait la narine. La « mauvaise » plante l'avait « mauvais », irritant ou putride, qui l'agressait. En effet, bien souvent, seule la réaction olfactive guidait le cueilleur. Le tri s'opérait donc d'une manière totalement empirique.

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