La peine du menuisier
EAN13
9782752904133
ISBN
978-2-7529-0413-3
Éditeur
Phébus
Date de publication
Collection
Littérature française
Nombre de pages
288
Dimensions
21 x 14 x 1 cm
Poids
352 g
Code dewey
843
Fiches UNIMARC
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Marie, née dans le Finistère des années 1950, vit entourée de son père, ouvrier à l'arsenal de Brest, muré dans le silence, sa mère Louise et sa grand-mère Mélie, figées dans un deuil éternel, et sa soeur aînée, Jeanne, simple d'esprit et sujette à des accès de rage. Elle se construit au milieu des non-dits et tente de percer le mystère qui entoure son ascendance. Premier roman.

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Commentaires des lecteurs

2 avril 2010

Je vais faire de la redite mais c’est une lecture très belle, poignante, empreinte de pudeur et d’une sensibilité à fleur de peau. Marie Le Gall nous confie son histoire sans fioritures avec des mots qui sonnent justes. Est-ce que ...

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23 octobre 2009

magnifique !

On rentre peu à peu dans ce puzzle de sentiments, on s'immisce dans un univers sombre, où la vie et la mort sont liées si étroitement, et cette histoire touche le lecteur profondément, car il y a là beaucoup de ...

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Rencontre avec Marie Le Gall

La peine du menuisier, premier roman de Marie Le Gall, est l’une des bonnes surprises de la rentrée littéraire.
Marie Le Gall, Brestoise d’origine, aujourd’hui professeur de français dans la région parisienne, publie son premier roman, La peine du menuisier, un livre intime, déchirant et pudique, en même temps qu’un portrait juste de Brest et du Finistère des années 1960.
Le menuisier, c’était le père de Marie le Gall, petit paysan du Porzay devenu ouvrier à l’Arsenal de Brest, homme sombre et silencieux au sein d’une famille où les morts avaient l’air plus vrai que les vivants. Entre douleur, honte et culpabilité, la romancière trouve enfin les mots, à la cinquantaine, pour tisser le lien avec ce père trop vieux dont elle a recherché l’affection tout en le fuyant.

Marie Le Gall, quels sont vos liens avec Brest ?

J’y suis née en 1955. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de trente ans. J’ai fait mes études au lycée Amiral-Ronarc’h, puis à l’université de Brest et de Rennes. Comme le théâtre était ma grande passion, j’ai suivi les cours d’art dramatique de l’Ecole nationale de musique, en même temps notamment que Martin Provost, le réalisateur de Séraphine, dont je suis restée l’amie. J’ai fait du théâtre avec Bernard Lotti, à l’Instant. Mais, pour rassurer mes parents, je suis entrée à l’Ecole Normale et je suis devenue enseignante, le métier que j’exerce toujours.

Quand on publie son premier roman à 50 ans passés, c’est qu’on l’a porté très longtemps ou bien que les circonstances ne l’ont pas permis.

Ce sont les deux, en fait. Ce premier roman, je l’ai porté pendant trente ans sans m’en rendre compte. Le texte qui introduit le livre a été écrit à l’âge de 20 ans. Et le dernier chapitre de La peine du menuisier quatre ans plus tard, après la mort de mon père. Je les avais gardés avec des bouts de textes écrits par ci par là au fil des années. Mais je n’avais pas de projet. Il y a quelque temps, je me suis retrouvée tutrice de ma mère et de ma sœur. C’était tellement lourd que j’ai tenu un journal sur ce que j’éprouvais. En l’écrivant, je me suis rendue compte que l’écriture me permettait, mieux que la peinture ou le dessin que j’avais pratiqués jusque là, d’exprimer mon besoin de créativité. J’ai alors écrit un premier récit que j’ai envoyé à plusieurs éditeurs. Personne ne l’a pris mais j’ai reçu des lettres encourageantes. Ensuite, au lieu de reprendre ce premier manuscrit, j’ai fait tout autre chose, ce qui est devenu La peine du menuisier.

Ce livre est écrit à la première personne. Quelle est la part du récit autobiographique et celle du roman?

Sur la couverture, c’est écrit « roman ». Mais la question est très complexe ! Il y a une grosse part autobiographique mais le « je » de la narratrice n’est pas moi. Je ne raconte pas mes souvenirs d’enfance. D’ailleurs, je suis sans souvenirs. J’ai seulement gardé la mémoire d’instants, de souffrances… Et quand je suis devenue la narratrice de cette histoire, j’ai composé un puzzle très subjectif à partir du réel, d’images, de paroles fortes, de photos de famille. J’ai changé le nom des personnages, déplacé des lieux, brodé sur des situations. Mais il y a des choses que je ne pouvais pas inventer.

Ce qui frappe à la lecture de votre livre, c’est la grande place de la mort. La narratrice, petite fille, joue dans le cimetière qui jouxte la maison, se plonge dans les avis d’obsèques du journal. Vous étiez cette petite fille ?

Oui. J’étais fascinée par la mort, par les gens qu’on mettait dans la terre et qui allaient ressusciter comme on me l’apprenait dans ma famille très catholique. Chez moi, les vrais vivants ne bougeaient pas beaucoup. Alors, il y avait dans mon esprit une certaine confusion entre eux et ceux qui étaient en photo dans les cadres.

Vous auriez pu utiliser la psychologie pour raconter cette histoire d’amour impossible entre un père et sa fille, et la longue quête de celle-ci pour remonter aux sources de cette incommunicabilité. Mais c’est par le récit, l’observation, la convocation d’images et d’odeurs, que vous faites progresser l’histoire.

La psychologie ne m’intéresse pas et j’avais peur de tomber dans le pathos. Je me suis laissé presque dicter par quelque chose de très profond en moi, en cherchant ma petite musique d’écriture. Pour écrire, j’ai lâché prise et j’ai laissé venir. Aujourd’hui, j’ai l’impression que la boucle est bouclée. Il y a en moi quelque chose de mystérieux, de mystique, qui me donne à croire qu’on a tous des missions dans ce monde. Ma narratrice a enfin réussi à naître en acceptant les raisons pour lesquelles elle est venue au monde. Elle a fait ce qu’elle devait faire. C’est la fin de quelque chose, mais c’est aussi une naissance. Comme pour moi. Je disais justement à un collègue de mon lycée : ce livre, ce n’est qu’un début…

5 questions posées à Marie Le Gall, à l'occasion de la parution de son livre "La peine du menuisier" (éd. Phébus).

Avec Marie Le Gall
Le , Café de la librairie Dialogues

L’extrême pointe de la Bretagne, le Finistère. Là, les vents balayent la lande et la mer se déchaîne, mais au cœur des froides maisons de pierre, c’est la retenue qui domine. Le père de Marie, ouvrier à l’arsenal de Brest et menuisier à ses heures perdues, est muré dans un silence insondable. Sa mère, Louise, et sa grand-mère, la douce Mélie, semblent éternellement en deuil. Sa sœur aînée, Jeanne, est une « innocente » sujette à des accès de rage. Marie, née au milieu des années cinquante, grandit dans cette atmosphère étrange, et tente de se construire au milieu des non-dits et des portraits des absents.

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