1, Angélique, Tome 1 : Marquise des anges, roman
EAN13
9782809801675
ISBN
978-2-8098-0167-5
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
ROMAN FRANCAIS (1)
Séries
Angélique (1)
Nombre de pages
325
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
422 g
Langue
français
Code dewey
843
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1 - Angélique, Tome 1 : Marquise des anges

roman

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L'INTÉGRALE ANGÉLIQUE

1. Marquise des Anges
2. La Fiancée vendue
3. Fêtes royales (parution : octobre 2009)
4. Le Supplicié de Notre-Dame (parution : octobre 2009)
5. Ombres et Lumières (parution : mars 2010)
6. Le Chemin de Versailles (parution : mars 2010)e9782809802795_i0002.jpg

Sommaire

L'INTÉGRALE ANGÉLIQUE
Page de titre
Page de Copyright
AVANT-PROPOS
Première partie - Monteloup
Chapitre premier
Chapitre deuxième

www.editionsarchipel.com

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Et, pour le Canada, à Édipresse Inc., 945, avenue Beaumont, Montréal, Québec, H3N 1W3.

ISBN 978-2-8098-0167-5

Copyright © Éditions de l'Archipel, 2009.

AVANT-PROPOS

Lorsqu'en 1953 j'entrepris d'une plume rapide le premier tome des aventures d'Angélique, à Versailles, je ne doutais pas, dès les premiers mots, de l'accueil fervent que lui ferait le public. J'étais trop optimiste pour imaginer les avatars inouïs qui attendaient mon œuvre.

J'avais déjà publié quelques livres. L'idée de raconter la vie d'une femme, depuis l'enfance, dans son décor historique m'inspirait. Le XVIIe siècle m'attira comme un continent inconnu. Je ne le quittai plus. Les tomes se succédèrent : Angélique et le Roi, Indomptable Angélique, Angélique se révolte, Angélique et son Amour, puis Angélique et le Nouveau Monde, en 1967, qui partait à la découverte d'un domaine oublié à l'époque, l'Amérique du XVIIe siècle, qui n'a jamais cessé de me passionner. Six nouveaux livres révélèrent ce Nouveau Monde où mon mari et moi nous étions embarqués, en 1964, pour un voyage de trois mois à la recherche de ses origines : La Tentation d'Angélique, Angélique et le Complot des Ombres, Angélique et la Démone, Angélique : la Route de l'Espoir, La Victoire d'Angélique. Angélique était devenue une sœur pour moi.

Depuis, Angélique a été traduite en vingt-sept langues, accompagnant des lecteurs de tous âges et de tous pays. La Victoire d'Angélique, paru confidentiellement en 1985, fut annoncé comme l'ultime tome de la série. Plus aucun volume ne devait paraître, laissant également orphelins les spectateurs des cinq films de Bernard Borderie qui, presque chaque été, comblaient encore les rêves de vacanciers en mal de capes et d'épées.

Les plus célèbres auteurs ont connu l'oubli, que l'on appelle aussi « traversée du désert ». S'y ajoute parfois la pauvreté. Angélique et son auteur ont souffert l'un et l'autre. Comprendrai-je un jour les raisons de cet effacement, qui faillit bien être définitif ? De la profondeur de cet oubli, voici une preuve manifeste. En 1993, je me présentai devant un représentant du Syndicat national des auteurs-compositeurs, dont je souhaitais l'appui, et déposai devant lui la pile des treize volumes d'Angélique. « Je croyais que c'était un film », m'avoua-t-il.

Dans le désert, entre deux tempêtes de sable et de découragement, on voit cependant très clair et très loin. Au cours de cette traversée, je n'ai jamais cessé d'espérer. Je voulais qu'un jour Angélique renaisse dans son propre pays, elle qui avait fait aimer la France à des millions de lecteurs dans le monde. Et je voulais qu'elle reparaisse intégralement. Pourquoi ? D'abord et surtout parce que j'avais découvert, en relisant mes livres, que des changements et des coupes avaient été pratiqués sur mon texte, sans que j'en eusse jamais été avertie. Ces modifications, multiples dans les derniers tomes, altéraient, notamment, le caractère de mon héroïne.

Par exemple, quand Angélique, enfant, s'échappe du couvent, traverse la ville de Poitiers assombrie par une épidémie de peste, gagne la campagne pour chercher des plantes pouvant guérir sa petite sœur ; mais revient trop tard : Madelon, est morte. Cet épisode, révélateur du caractère d'Angélique, avait disparu de la « version française » et d'autres passages dès les premiers tomes, avaient été censurés. Il est vrai qu'en 1953 je ne songeais pas au danger d'évoquer, par exemple, les sorcières guérisseuses ou les herbes permettant d'éviter les « enfants maudits ». Enfin, à mon insu, des mots, des verbes, des rythmes avaient été substitués aux miens, innombrables.

En rétablissant mes textes d'origine, j'ai éprouvé le besoin d'enrichir mon œuvre à la lumière de ce que la vie et mes études du Grand Siècle m'avaient enseigné. J'ai également souhaité y semer les éléments annonciateurs du tome inédit dont je poursuis l'écriture : Le Royaume de France, qui verra se produire les bouleversements prédits et s'interroger un couple encore jeune à la recherche d'un abri pour son existence, une fois de plus menacée, où leurs jeunes enfants pourront commencer une vie nouvelle.

Cette intégrale d'Angélique est aussi pour moi l'occasion de donner plus de relief à un personnage dont je n'avais, au départ, qu'une idée schématique : le XVIIe siècle, si riche de passions et d'événements. Siècle de découvertes et de bouleversements pour le peuple et pour les princes. Siècle de guerres, de danses, de chansons, de bonne chère, siècle de rois et de gueux, siècle du Louvre et des tavernes. Siècle où une femme, dans les pires circonstances, conserverait ce plaisir d'exister qui honore l'espèce humaine. Et pour tous, l'amour, espoir de la consolation.

Une vie a mille explications. Le mystère d'un être, lorsqu'il est révélé, éclaire tout son passé. Une réalité que l'on croyait simple, que l'on appelait accident, fatalité, justice ou complot, se révèle dans toute son ampleur et sa complexité, à l'échelle des peuples et du monde. On se retourne et l'on s'interroge, à l'instar d'Angélique aux rives encore sauvages de Gouldsboro, en Nouvelle-France.

Jetant un regard sur les étapes de sa vie, qu'y voit-elle ? Un sens nouveau, dont elle perçoit les appels exigeants. Pourquoi deux êtres qui s'aimaient follement furent-ils séparés si brutalement ? Le bonheur a-t-il toujours besoin de justifications ? Et le malheur ?

Angélique, dans sa nouvelle vie, trouvera-t-elle des réponses à ces questions, sous-jacentes tout au long de ses aventures ? Elles apparaissent dès ce premier tome, Marquise des Anges, où déjà s'inscrivent les thèmes d'une vie passionnément liée à la « mouvance de l'événement » et au « phénomène de l'âme », comme se désignaient alors la science psychologique et la philosophie.

À quelles forces Angélique, et tous les personnages qui l'entourent, devront-ils encore se mesurer ?

ANNE GOLON
Mars 2009

Première partie

Monteloup

Chapitre premier

1646

— NOURRICE, DEMANDA ANGÉLIQUE, pourquoi Gilles de Retz tuait-il tant de petits enfants ?

— Pour le démon, ma fille. Gilles de Retz, l'ogre de Machecoul, voulait être le seigneur le plus puissant de son temps. Dans son château ce n'étaient que cornues, fioles, marmites pleines de bouillons rouges et de vapeurs affreuses. Le diable demandait le cœur d'un petit enfant offert en sacrifice. Ainsi commencèrent les crimes. Et les mères atterrées se montraient du doigt le donjon noir de Machecoul, environné de corbeaux tant il y avait de cadavres d'innocents dans les oubliettes.

— Les mangeait-il tous ? interrogea Madelon, la petite sœur d'Angélique, d'une voix tremblante.

— Pas tous, il n'aurait pu, répondit la nourrice.

Penchée sur le chaudron où le lard et le chou mijotaient, elle tournait la soupe quelques instants en silence. Hortense, Angélique et Madelon, les trois filles du baron de Sancé de Monteloup, la cuillère dressée près de leurs écuelles, attendaient la suite du récit avec angoisse.

— Il faisait pis, reprit enfin la conteuse, d'une voix pleine de rancune. Tout d'abord il faisait amener devant lui le pauvret – ou la pauvrette – effrayé, appelant sa mère à grands cris. Le seigneur allongé sur un lit se repaissait de son effroi. Ensuite il obligeait d'accrocher l'enfant au mur à une sorte de potence qui le serrait à la poitrine et au cou et qui l'étouffait, pas assez cependant pour qu'il mourût. L'enfant se débattait comme un poulet pendu, ses cris s'étranglaient, les yeux lui sortaient de la tête, il devenait bleu. Et dans la...

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