2, Angélique, Tome 2 : La Fiancée vendue, roman
EAN13
9782809801682
ISBN
978-2-8098-0168-2
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
ROMAN FRANCAIS (2)
Séries
Angélique (2)
Nombre de pages
301
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
392 g
Langue
français
Code dewey
843
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2 - Angélique, Tome 2 : La Fiancée vendue

roman

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L'INTÉGRALE ANGÉLIQUE

1. Marquise des Anges
2. La Fiancée vendue
3. Fêtes royales (parution : octobre 2009)
4. Le Supplicié de Notre-Dame (parution : octobre 2009)
5. Ombres et Lumières (parution : mars 2010)
6. Le Chemin de Versailles (parution : mars 2010)

Sommaire

L'INTÉGRALE ANGÉLIQUE
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Page de Copyright
Première partie - La Fiancée vendue
Chapitre premier
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www.editionsarchipel.com

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Et, pour le Canada, à Edipresse Inc., 945, avenue Beaumont, Montréal, Québec, H3N 1W3.

ISBN 978-2-8098-0168-2

Copyright © Éditions de l'Archipel, 2009.

Première partie

La Fiancée vendue

Chapitre premier

1656

LE CARROSSE, où elle se trouvait assise entre la servante Margot et le marquis d'Andijos, était garni de coussins et de housses d'une somptueuse étoffe, mais Angélique était dans l'incapacité d'apprécier ce confort nouveau pour elle. En fait elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Longtemps après la scène de la grange, elle était restée assise à sa place, au banquet, continuant de répondre aux invités qui pouvaient encore se déplacer et venaient lui faire compliment pour la réussite de la fête ou prendre congé d'elle. Quand elle avait pu se retirer enfin au château, ce n'avait été que pour changer de vêtements et sans avoir licence de s'étendre sur un lit et prendre un peu de repos. L'heure du départ approchait.

C'était la coutume que les mariés s'enfuissent pour éviter les charivaris populaires et les gentilshommes du Sud avaient courageusement émergé de leur sommeil d'ivresse afin d'enfourcher leurs montures et battre le rappel de leurs gens pour former la caravane de retour.

C'est donc toujours comme étourdie de cet incident scandaleux qu'elle avait provoqué avec Nicolas qu'Angélique était montée dans le carrosse et avait fait ses adieux à ceux de sa famille qui s'étaient présentés dans l'ombre, aux portières.

Le carrosse avait titubé et grincé en franchissant le pont-levis, enlevé par quatre solides chevaux, et pris de la vitesse dans la brume ouatée traînant sur la campagne obscure.

Angélique savait qu'elle quittait Monteloup pour toujours, mais elle était incapable de rassembler deux pensées sur cela. Par moments, un souvenir faisait monter un feu brûlant à ses joues. Par la faute de cette vieille folle de tante Jeanne, Guillaume Lützen l'avait vue, elle, Angélique, culbutée dans le foin avec un valet. Cette vision éveillait à la fois sa honte et sa colère.

De plus, elle éprouvait un sentiment presque douloureux de frustration et surtout d'échec. Ce qu'elle avait voulu obtenir en se soumettant à ce désir sauvage n'avait pas eu lieu. C'est vierge qu'elle serait livrée à l'horrible époux qui lui était imposé. Sa rancune envers la tante Jeanne ne la quittait pas.

« La vieille folle, méchante ! Elle avait bien calculé son coup ! »

Quand le jour se leva, Angélique prit mieux conscience de l'événement qu'elle vivait.

Elle partait. Elle partait ! Elle quittait Monteloup pour toujours.

Mais c'était encore le pays. Quatre carrosses et deux lourdes voitures roulaient en direction de Niort. Angélique avait peine à croire que ce déploiement de chevaux et de postillons, de cris et de grincements d'essieux, avait lieu en son honneur. Tant de poussière remuée pour Mlle de Sancé, qui n'avait jamais connu d'autre escorte qu'un vieux mercenaire armé d'une pique, était inimaginable.

Les domestiques, laquais, valets, servantes et musiciens s'entassaient dans les grosses voitures avec les bagages.

Au soleil du chemin, parmi les vergers fleuris, on voyait passer ce cortège de faces brunes. Rires, chansons et grattement de guitares laissaient derrière eux, dans l'odeur du crottin, un goût d'insouciance. Les enfants du Sud retournaient vers leur Midi brasillant, parfumé d'ail et de vin. Seul dans la joyeuse société, maître Clément Tonnel affectait un air gourmé. Engagé comme extra pour la semaine des noces, il avait demandé qu'on voulût bien le ramener à Niort, ce qui évitait de lui payer une escorte. Mais dès le soir de cette première étape, le maître d'hôtel vint trouver Angélique. Il s'offrait de demeurer à son service, soit comme maître d'hôtel, soit comme valet de chambre. Il expliqua qu'il avait servi à Paris chez quelques seigneurs, dont il donna les noms. Cependant, étant venu à Niort, dont il était originaire, pour régler la succession de son boucher de père, il avait vu sa dernière place occupée par un valet intrigant. Depuis, il recherchait une maison honnête et de quelque rang, pour y exercer de nouveau ses fonctions. D'apparence discrète et entendue, Clément avait conquis les bonnes grâces de la servante Marguerite. Celle-ci affirma qu'un nouveau valet, aussi bien stylé, serait accueilli de fort grand cœur au palais de Toulouse. M. le comte s'entourait de gens trop divers et de toutes couleurs, ne faisant pas un service convenable. Chacun baguenaudait au soleil, et le plus paresseux de tous était certainement l'intendant chargé de les diriger, Alfonso.

Angélique engagea donc maître Clément. Il l'intimidait sans qu'elle sût pourquoi, mais elle lui savait gré de parler comme tout le monde, c'est-à-dire sans cet insupportable accent qui commençait à l'exaspérer. Finalement ce serait cet homme froid, souple, presque trop servile dans son respect et ses attentions, ce domestique inconnu hier encore, qui représenterait pour elle, dans son exil lointain, sa province.e9782809802801_i0003.jpg

À Niort où l'on s'ébroua pour deux jours afin de rassembler toutes commodités nécessaires pour un long voyage, Angélique assista à un nouveau chargement de barriques de vins choisis, extraits du fameux entrepôt loué sur les quais mêmes de la Sèvre niortaise. Elles furent hissées sur un chariot, halées par un attelage de deux forts chevaux du pays, de cette race gris pommelé dite le poitevin dont Molines lui avait jadis vanté les mérites.

Elle les vit prendre d'un trot lourd et bien scandé la route qu'elle avait suivie la veille avant d'atteindre Niort.

— Pour la consolation de votre famille, lui rappela le marquis d'Andijos, plus enthousiaste que jamais.

Réalisant alors que les barriques, elles, repartaient pour Monteloup où les hôtes du château et le voisinage continueraient à rire et causer en buvant à sa santé, Angélique comprit qu'un lien se rompait à jamais avec les siens.

Avait-elle seulement embrassé son père parmi les silhouettes indécises qui s'étaient présentées au dernier moment ? Et ce qui la déchirait le plus dans cette rupture, c'était qu'elle était partie fâchée avec tout le monde. Ou plutôt c'était le contraire. Par une injustice incroyable, tous étaient fâchés contre elle : Nourrice dont elle n'avait pas voulu écouter jusqu'au bout les avertissements sinistres, le vieux Lützen, plus indigné encore que l'aurait été son propre père, s'il avait appris ce scandale qui aurait risqué de jeter à bas tous ses espoirs ! « Angélique, tu n'en feras jamais d'autres ! », aurait-il dit. Et Pulchérie ? Et les enfants ? Les avait-elle embrassés ?

Elle était seule désormais.

Margot et les servantes ne la quittaient pas, toujours à ses côtés, prévenant ses moindres désirs, et chacun s'empressait de la distraire ou de la renseigner, mais elle avait perdu Monteloup.

La voyant assombrie, debout au bord du quai, regardant les plats esquifs des marais qui abordaient après avoir remonté la rivière, le marquis d'Andijos, attentif à la deviner, suggéra qu'elle aurait peut-être aimé user de la navigation pour se rendre dans les contrées méridionales ainsi qu'il lui avait expliqué qu'on en usait pour faire voyager des marchandises délicates. Et Dieu sait que de l'escorter, elle, la comtesse de Peyrac, jusqu'au lointain pays toulousain, exigeait de s'entourer de tout le confort possible !

Mais, dans le voyage de retour par mer, deux obstacles se présentaient.

Tout d'abord, au-delà des côtes saintongeaises et du Bordelais, les navigateurs devaient affronter le golfe de Ga...

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