L'Europe contre l'Europe, appel à une nouvelle génération européenne
EAN13
9782012378292
ISBN
978-2-01-237829-2
Éditeur
Hachette Littérature
Date de publication
Collection
Tapage
Nombre de pages
196
Dimensions
2 x 1 x 0 cm
Poids
228 g
Langue
français
Code dewey
341.242
Fiches UNIMARC
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L'Europe contre l'Europe

appel à une nouvelle génération européenne

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première partie?>L'Europe politique?>Histoire d'un échec européen?>?>I?>L'échec fédéral?>L'Europe, depuis sa création, a traversé de nombreuses crises de croissance. Elle les a toujours surmontées, avec plus ou moins de bonheur, et a pu poursuivre sa construction. Mais la crise actuelle est différente. Elle renvoie à un changement de nature : l'Europe vit sa grande mutation, de l'Europe économique d'hier à l'Europe politique. Et elle ne parvient pas à franchir l'obstacle. La transition politique est en échec.L'Europe politique, projet historique des pères fondateurs?>L'Europe a toujours été un projet d'intégration politique. L'Europe politique remonte loin dans l'histoire. Réflexions théoriques et projets visionnaires se multiplient dès le xve siècle1.La perspective d'une fédération européenne va prendre de l'épaisseur au xixe siècle, en réaction à la montée des nationalismes. Elle entre de plain-pied dans le monde politique avec le fameux discours de Victor Hugo, le 21 août 1849, à l'Assemblée nationale. Il y formule l'idée des « États-Unis d'Europe »2.Une ébauche de projet concret apparaît après les traumatismes de la Première Guerre mondiale.Richard de Coudenhove-Kalergi, premier grand Européen, fonde en 1923 l'union paneuro péenne3. Aristide Briand, président d'honneur de l'union paneuropéenne et ministre français des Affaires étrangères, y donne une suite quelques années plus tard. Il propose devant la Société des Nations4, en septembre 1929, qu'une « sorte de lien fédéral » soit institué entre les peuples européens. Cette initiative est abandonnée en mai 1930, dans un mémorandum préparé par Alexis Léger, secrétaire général du Quai d'Orsay. Les États européens refusent encore de céder la moindre part de leur souveraineté.Ce sont les ravages de la Seconde Guerre mondiale qui donnent une impulsion décisive à l'Europe fédérale.Dès 1941, l'Italien antifasciste Altiero Spinelli écrit de sa prison un Manifeste pour une Europe libre et unie. Au printemps 1944, les mouvements de résistance européens non communistes, réunis en Suisse, y font écho en lançant un appel commun à« dépasser le dogme de la souveraineté absolue des États » pour créer une « Union fédérale ».La société civile de l'après-guerre se mobilise pour l'Europe politique. Des associations pro-européennes se constituent un peu partout et fusionnent en 1948 pour donner naissance au Mouvement européen. Les cercles de réflexion fédéralistes trouvent leur essor et se structurent au sein d'un Comité international de coordination, qui prend l'initiative de convoquer les « états généraux de l'Europe »à La Haye, en mai 1948.La conférence de La Haye est la première grande tentative de créer l'Europe politique. Elle réunit huit cents délégués, parmi lesquels soixante ministres et près de deux cents parlementaires. Elle suscite de grands espoirs. Winston Churchill, qui avait déjà appelé en 1946 à la naissance des « États-Unis d'Europe »5, préside la conférence et recommande la création d'une Union politique et économique.Cette montagne accouchera en 1949 de la première grande réalisation européenne d'après-guerre, le Conseil de l'Europe. Il échouera certes à devenir le creuset d'une Europe politique, mais il portera les valeurs humanistes de l'Europe en se faisant le gardien de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).Malgré ce demi-échec, la dynamique de l'Europe politique se poursuit.En mars 1950, le chancelier Konrad Adenauer propose la création d'une union franco-allemande caractérisée par une nationalité et une citoyenneté communes. La France ne donne pas suite.Le destin de l'intégration politique européenne se joue, dans une rare intensité dramatique, avec le projet de Communauté européenne de défense (CED). L'éclatement de la guerre en Corée en 1950 relance le spectre d'une troisième guerre mondiale. Les États-Unis exigent la remilitarisation de l'Allemagne. Les Européens ne peuvent s'y résoudre ; le souvenir des atrocités nazies est encore trop vivace. Le ministre français des Affaires étrangères, Robert Schuman, multiplie les déclarations hostiles. Mais Jean Monnet, alors commissaire au Plan, le persuade de l'inéluctabilité du réarmement allemand. Pour éviter de laisser une armée allemande sous contrôle allemand, il suggère de l'intégrer au sein d'une armée européenne. La Belgique, le Luxembourg, l'Italie, les Pays-Bas rallient le projet. L'Allemagne suit. Soutenu par les États-Unis, le traité instituant la CED est signéà Paris en mai 1952. Un projet d'union politique y est associé, porté par le président du Conseil italien, Alcide De Gasperi, et par l'Allemand Heinrich von Brentano : l'armée européenne serait entre les mains d'un gouvernement européen.

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