La Parfaite
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
344
Langue
français
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La Parfaite

Anfortas

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Extrait

Prologue
À partir de l'an mil, de nombreux mouvements religieux prolifèrent dans toute l'Europe. Ils prendront leur plein essor entre le XIe et le XIIIe siècle. L'un d'entre eux, la religion des Bons Hommes et des Bonnes Femmes – ou encore des Bons Chrétiens – appelés plus tard « cathares » se développe principalement en Italie du Nord et dans le Languedoc.
Cette religion bientôt qualifiée d'hérétique s'appuie sur le Nouveau Testament et ne conserve que le Pater comme prière. La distinction ne s'arrête pas là. Pour ses fidèles, Dieu gouverne le « royaume » céleste. Le Diable, lui, règne sur le « monde » terrestre. Zoé Oldenbourg, dans Le bûcher de Montségur, décrit ainsi la situation religieuse de l'époque :« Le Démon, qui est le prince de ce monde, a si bien égaré les hommes, il a si bien détruit l'œuvre de Jésus, qu'une fausse Église s'est substituée à la vraie et a pris le nom de chrétienne alors qu'elle est en réalité l'Église du Diable et enseigne exactement le contraire de la doctrine de Jésus... »
Pour atteindre les cieux, il faut avoir une existence exemplaire, celle d'un « Parfait ». À défaut d'y parvenir, l'âme doit errer d'être en être, humain ou animal, au cours de vies successives, et cela jusqu'à neuf fois.
Cette hérésie représente un réel danger pour l'Église de Rome. En effet, bien que chrétiens, les cathares rejettent cette dernière totalement, elle et tout ce qu'elle comporte. À titre d'exemple, ils interprètent différemment les Saintes Écritures et refusent la doctrine des sept sacrements.
Leur religion n'en comprend qu'un seul : le consolamentum – la consolation – qui se réalise par l'imposition des mains. À la fois baptême, eucharistie, confirmation et extrême onction, cette consolation est destinée à apporter le salut éternel. Alors que dans le catholicisme le baptême se fait dès le plus jeune âge pour laver du péché originel, chez les hérétiques, il est le résultat d'une vie d'ascèse, de travail, d'étude et de bienveillance envers autrui, de valeurs spirituelles quasi philosophiques, incompatibles avec celles du clergé qui privilégie les taxes et monnaye l'absolution des péchés pour alimenter une puissance toujours plus avide de pouvoir et d'argent.
Les conséquences de ce divorce font que les hérétiques, plus nombreux de jour en jour, ne payent plus leurs redevances aux serviteurs de Rome.
D'autre part, avec ce refus de contribuer financièrement à la bonne marche du Saint-Siège, le pouvoir politique de l'Église se trouve amoindri dans cette région du sud de la France. Comme la population rejette l'Église, l'excommunication ne fait plus peur aux grands seigneurs qui, à leur tour, en prennent à leur aise avec l'autorité de Rome.
Enfin, le catholicisme perd peu à peu de son pouvoir spirituel avec l'abandon de la confession. Le clergé perd ainsi son contrôle sur les pensées du peuple et son pouvoir de décréter ce qui est bon ou mauvais pour autrui.
Pour le pape Innocent III, il fallait réagir.
Tout d'abord de façon diplomatique avec de nombreuses missions destinées à faire « rentrer dans le rang » les hérétiques et leurs seigneurs, puis plus brutalement. Pour cela, il fallait un prétexte.
Celui-ci survint en 1208...

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