Paroles de philosophes. Qu'est-ce qu'une vie bonne ?, qu'est-ce qu'une vie bonne ?
EAN13
9782247078998
ISBN
978-2-247-07899-8
Éditeur
Dalloz
Date de publication
Collection
A SAVOIR
Nombre de pages
207
Dimensions
1 x 0 x 0 cm
Poids
90 g
Langue
français
Code dewey
170
Fiches UNIMARC
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Paroles de philosophes. Qu'est-ce qu'une vie bonne ?

qu'est-ce qu'une vie bonne ?

Édité par

Dalloz

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Paroles de philosophesqu'est-ce qu'une vie bonne ?Luc Ferry© Éditions Dalloz, 2009SOMMAIRE

Avant-propos

Introduction

I. – La philosophie et la question du salut

II. – L'amour de la sagesse selon les Stoïciens

A. – La contemplation (theoria) de l'ordre cosmique

B. – Une justice qui prend l'ordre cosmique pour modèle

C. – De l'amour de la sagesse à la pratique de la sagesse

III. – La victoire du christianisme sur la philosophie grecque

A. – La rupture théorique du christianisme avec le monde grec

B. – L'éthique chrétienne : la naissance de l'idée moderne d'humanité

C. – La sagesse chrétienne : une doctrine du salut par l'amour qui promet l'immortalité personnelle

IV. – L'humanisme, ou la naissance de la philosophie moderne

A. – La naissance de l'esprit critique

B. – Le nouveau fondement de la morale : la liberté en l'homme

– L'éducation et l'histoire

– La lutte contre la nature, le travail et la transformation du monde

– L'émergence d'une morale humaniste et républicaine

– Prolongements contemporains : l'anti-essentialisme sartrien

C. – Une doctrine du salut humaniste ?

V. – Le cas Nietzsche

A. – Par-delà la theoria : un « gai savoir » débarrassé du cosmos, de Dieu et des « idoles » de la Raison

B. – Par-delà le bien et le mal : la morale de l'immoraliste et le culte du « grand style »

C. – Une pensée inédite du salut : l'éternel retour, l'amor fati et l'innocence du devenir

VI. – La philosophie à venir : de l'amour de la sagesse à la sagesse de l'amourIndex alphabétiqueAVANT-PROPOSD'abord l'aveu d'une limite aussi évidente qu'inévitable : ce recueil de « paroles de philosophes » est tout à la fois aussi subjectif et aussi peu exhaustif que possible. C'est tout au plus un petit morceau de la bibliothèque que j'emporte dans l'île déserte, un tout petit morceau seulement...On évitera donc de se scandaliser de l'absence de tel ou tel grand auteur : je plaide d'emblée coupable. Mais j'ajoute néanmoins ceci : tout ce qui figure ici me plaît ou m'intéresse au plus haut point, même si mille autres textes encore, et surtout bien d'autres penseurs auraient pu et même dû être aussi du voyage. Ce choix ne correspond qu'à un regard cursif et très personnel sur l'histoire de la philosophie entendue comme je l'entends maintenant : une doctrine du salut sans dieu ou, pour parler plus simplement, une tentative de répondre à la question : « Qu'est-ce qu'une vie bonne pour les mortels ? », sans passer par le secours des religions – de la foi en un dieu qui sauve –, mais en s'en tenant aux moyens du bord : la lucidité de la raison et la sincérité du cœur.Plutôt que de procéder par « mots-clefs », comme on fait dans les dictionnaires où l'ordre alphabétique exclut la logique du sens, j'ai préféré procéder, comme je l'avais fait dans mon Apprendre à vivre, en suivant les cinq grandes étapes de l'histoire de la philosophie : sagesse ancienne, salut chrétien, humanisme des Lumières, déconstruction (nietzschéenne) et naissance d'un nouvel humanisme, celui du cœur et de la transcendance de l'autre, ici seulement esquissé en quelques lignes à partir de ses prémisses anciennes, parce qu'il est notre présent trop actuel pour être encore mis en histoire.J'ai repris aussi, pour chaque « époque », la tripartition qui est celle de toute grande vision du monde philosophique :1) la théorie, qui cherche à comprendre le monde comme terrain de jeu de l'existence humaine ;2) l'éthique ou la morale, qui s'interroge sur les règles du jeu, le bien et le mal, le juste et l'injuste dans la relation aux autres ;3) la doctrine du salut, de la sagesse ou de la spiritualité qui tente de répondre à la question ultime de toute philosophie, celle du but du jeu, qui est évidemment la vie bonne.J'espère que ce choix, pour contestable qu'il soit, permettra à mon lecteur d'entrer avec moi dans l'espace du sens commun et de la pensée élargie à quoi nous invitent, chacune à leur façon, ces paroles de philosophes.Luc FerryNB. Les passages en italiques sont, comme le lecteur le comprendra aisément dans ce qui suit, mes propres commentaires. Ils visent chaque fois à donner le fil conducteur qui permet de donner du sens aux paroles philosophiques ici choisies.Que mon ami Éric Deschavanne soit chaleureusement remercié pour toute l'aide qu'il a bien voulu m'apporter dans ce travail.I. – La philosophie et la question du salutMontaigne, en référence à lasagesse des anciens philosophes grecs, assurait que « philosopher, c'est apprendre à mourir ». À la différence desdieux, l'homme est mortel, mais à la différence de l'animal, il aconscience de l'être : il sait que letemps lui est compté ; il ne peut ignorer le cours irréversible de l'existence ni la contradiction entre l'amour qui porte à l'attachement, et lamort, qui est toujours séparation. Selon lesStoïciens et lesÉpicuriens, la philosophie, c'est-à-dire la recherche de lasagesse, est avant tout animée par l'idée qu'on ne peut accéder à lavie bonne sans vaincre d'abord lapeur de la mort.Il faut avant tout chasser et détruire cette crainte de l'Achéron {le fleuve des enfers} qui, pénétrant jusqu'au fond de notre être, empoisonne la vie humaine, colore toute chose de la noirceur de la mort et ne laisse subsister aucun plaisir limpide et pur.Lucrèce – De la nature, Livre troisième.As-tu bien dans l'esprit que le principe de tous les maux pour l'homme, de la bassesse, de la lâcheté, c'est... la crainte de la mort ? Exerce-toi contre elle ; qu'à cela tendent toutes tes paroles, toutes tes études, toutes tes lectures et tu sauras que c'est le seul moyen pour les hommes de devenir libres.Épictète – Entretiens, III, XXVI.Nous mourons chaque jour. Oui, chaque jour nous retire une portion de notre vie ; alors même que l'être est en croissance, la somme de ses jours décroît. Nous avons laissé derrière nous le bas-âge, l'enfance, l'adolescence. Tout le temps écoulé jusqu'à hier est perdu pour nous ; ce jour même que nous vivons est partagé entre la vie et la mort. Comme ce n'est pas la dernière goutte d'eau qui épuise l'horloge à eau, mais tout ce qui en a découlé auparavant ; ainsi l'heure dernière où nous cessons d'être ne fait pas la mort à elle seule, mais seule la consomme (...) Cette crise redoutée est notre dernière, non notre seule mort.Sénèque – Lettres à Lucilius, 24, § 19-21.Pense à la mort toujours pour ne la craindre jamais.Sénèque – Lettres à Lucilius, 30, 18.L'affaire n'est pas de mourir plus tôt ou plus tard ; l'affaire est de bien ou mal mourir. Or, bien mourir, c'est se soustraire au danger de vivre mal.Sénèque – Lettres à Lucilius, 70, 6.II. – L'amour de la sagesse selon les StoïciensLaphilosophie, selon sonétymologie, est « amour » (philo), c'est-à-dire quête de lasagesse (sophia). La sagesse elle-même consiste àvivre dans lasérénité et laliberté d'esprit autant qu'il est possible pour un mortel. Pour y parvenir, il faut vaincre lespeurs que la finitude éveille en nous. La philosophie se conçoit donc à l'origine comme une recherche d'unsalut, d'un « sauvetage », mais qui, à la différence de ce qui a lieu dans lesreligions, ne passe ni par l'aide d'unDieu, ni par lafoi. Le salut philosophique ne s'appuie que sur les seules forces de la lucidité. Il doit passer par la seuleraison humaine. Lestoïcisme permet d'illustrer à la perfection ce que fut, dans l'antiquité grecque et romaine, la conception dominante de lasagesse, la définition de lavie bonne comme vie en harmonie avec l'ordre lui-même harmonieux du « cosmos ». Le mot « stoïcisme » vient du grec « stoa », qui signifie « portique », parce que le fondateur de l'école,Zénon de Kition (environ 334-262 avant J.-C.), enseignait sous des arcades recouvertes de peintures. Zénon eut pour successeursCléanthe d'Assos (vers 331-230) etChrysippe de Soles (vers 280-208). C'est toutefois à travers les œuvres d'auteurs de l'époque romaine, en particulierCicéron (106 – 43)Sénèque (vers 4 av. J.-C. - 65 apr. J.-C.),Épictète (vers 50-130) etMarc-Aurèle (121-180) que la doctrine stoïcienne nous est le mieux connue.A. – La contemplation (theoria) de l'ordre cosmiqueLa tâche première de la philosophie est de comprendre le monde. Selon l'étymologie, le mot « theoria » (theion orao) s...

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