Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche, Freins et leviers
Éditeur
Presses de l'Université du Québec
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche

Freins et leviers

Presses de l'Université du Québec

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Extrait

Tout chercheur est appelé à relever constamment le défi de l'objectivité de sa démarche. Dans le champ qui nous occupe, soit celui des sciences de l'éducation, ce défi donne matière à réflexion : quels en sont les fondements ? Comment le chercheur doit-il l'aborder ? Quelles sont les stratégies possibles pour le surmonter ? L'objectivité peut-elle prendre différentes formes ?
Le concept d'« objectivité » a trait au caractère de ce qui constitue un objet de pensée valable pour tous. Dans l'usage courant, il est employé pour signifier la qualité de ce qui est conforme à la réalité, l'absence de partialité d'un jugement ou d'une personne (Rey, 1998). Dans la sphère scientifique, le terme renvoie à l'habileté du chercheur à laisser l'objet d'étude montrer sa nature par l'intermédiaire des descriptions et des interprétations qu'il en fait (Baribeau et Royer, 2012). Pour Robillard (2010), l'objectivité représente la qualité d'une analyse du réel libre de toute intentionnalité du chercheur. Cela signifie que c'est la gestion de la distance entre le chercheur et l'objet étudié qui établit le rapport entre la science et le réel. Très proche du concept d'« objectivité », objectivation est un terme d'action qui se réfère « au processus par lequel la connaissance devient de moins en moins subjective » (Legendre, 2005, p. 961). Pour sa part, la notion de « subjectivité » désigne le caractère de ce qui appartient au sujet. Elle s'est répandue et se rapporte à l'état de la personne qui considère les choses d'une manière subjective (Rey, 1998). La subjectivité implique que le rapport entre la science et le réel est compris « comme une inclusion des connaissances du scientifique acquises antérieurement au processus actuel d'analyse » (Robillard, 2010, p. 138). Robillard ajoute que la subjectivité est associée à une philosophie des sciences opposée à l'objectivité.
C'est la problématique du rapport antinomique entre la distance qui sépare l'objet d'étude du chercheur, associée à l'objectivité, et leur proximité, associée à la subjectivité, qui constitue le propos du présent chapitre. Pour en discuter, nous nous référerons, dans un premier temps, au fabuleux texte de Georg Simmel, écrit en 1908 (réédité en 1990), et à celui d'Alvaro Pires, qui en a fait une relecture en 1997. Simmel (1990) livre une métaphore, celle de l'étranger au sein d'un groupe. En mettant l'accent sur les caractéristiques de l'étranger, il veut démontrer que l'exercice de l'objectivité s'inscrit dans un phénomène de bipolarité. Dans un second temps, la métaphore de Simmel sera transposée à la réalité de deux projets de recherche, qui mettront en exergue des manifestations de l'emploi de cette bipolarité, laquelle agit comme un levier favorable à l'objectivité en recherche.

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