3, Angélique, Tome 3 : Fêtes royales, roman
EAN13
9782809802122
ISBN
978-2-8098-0212-2
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
ROMAN FRANCAIS (3)
Séries
Angélique (3)
Nombre de pages
368
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
462 g
Langue
français
Code dewey
843
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3 - Angélique, Tome 3 : Fêtes royales

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L'INTÉGRALE ANGÉLIQUE

1. Marquise des Anges
2. La Fiancée vendue
3. Fêtes royales
4. Le Supplicié de Notre-Dame
5. Ombres et Lumières (parution : mars 2010)
6. Le Chemin de Versailles (parution : mars 2010)
7. La Guerre en dentelles (parution : septembre 2010)
8. Angélique et le roi (parution : septembre 2010)

www.editionsarchipel.com

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eISBN 978-2-8098-0965-7

Copyright © Éditions de l'Archipel, 2009.

Première partie

Les voyages de la Cour

Chapitre premier

LE 21 FÉVRIER 1660, le roi Louis XIV vint à Cotignac. À cheval sur son superbe coursier, pas à pas, marche après marche, il fit l'ascension du mont Verdaille jusqu'où l'attendait Notre-Dame-de-Grâce à laquelle il devait la vie.

L'air était pur et lumineux comme il en est des hivers de Provence.

Le petit village de Cotignac, depuis plus d'un siècle centre d'un pèlerinage réputé, paraissait s'écouler de la falaise même, avec ses toits de tuiles roses, ses fontaines rassurantes sous le soleil vibrant, ses grottes accueillantes à la prière et la méditation. Au loin, par-delà un moutonnement de collines et de plaines, on avait parfois l'illusion de discerner, mêlé au bleu du ciel, l'azur de la Méditerranée.

Au pied de la falaise aux couleurs changeantes, la reine Anne d'Autriche sa mère, dans l'église agenouillée, revivait les moments d'angoisse et d'espérance qu'elle avait traversés vingt-deux années plus tôt, épouse partagée entre le royaume de son mari le roi Louis XIII et l'Espagne de ses deux frères : Philippe IV et le cardinal-infant Ferdinand, ennemis déclarés de la France.

La malédiction de sa stérilité l'accablait alors, après plus de vingt années d'une union sans charme où le spectre de la répudiation sans cesse brandi par l'intolérant cardinal de Richelieu dont elle dérangeait les plans politiques avait transformé les jours de sa vie en cauchemar, à elle, femme jeune et belle encore, reine de France abandonnée de tous. Elle n'avait eu d'alternative pour survivre que de se laisser porter par la Foi et l'Espérance. C'était l'instant suprême où seule apparaissait pour la sauver l'intervention de Dieu, où seuls les « mystiques » avaient pu relever son courage. Au cours des années, dans sa grande détresse, eux seuls avaient pu soutenir cette femme affligée, la pauvre reine de France Anne d'Autriche, vivant dans l'anxiété perpétuelle de ne point devenir mère.

Seules ces humbles et pieuses voix chuchotant, murmurant avec tendresse et conviction la promesse divine, lui avaient rendu force et confiance en elle-même et en son corps menacé du pire échec à infliger à une femme, et qui la rejetait vivante hors de la vie : la stérilité.

Les mystiques et leur chaleureuse charité, celle même de Dieu sur terre, par leurs voix ferventes qui s'élevaient de couvents discrets, de pèlerinages méconnus sans autre ambition que de transmettre le message divin, l'avaient consolée.

Il y avait d'abord eu sœur Anne-Marie, une calvairienne, de cet ordre des Filles du Calvaire, vouées « à la contemplation des mystères de la passion du Christ et de la compassion de Notre-Dame ». Ordre fondé par le père Joseph, l'éminence grise du cardinal de Richelieu.

Sœur Anne-Marie, née bretonne sous le nom d'Anne de Goulaine, avait pris le voile dans un couvent de Morlaix. Elle avait été stigmatisée le vendredi saint 1630, au cours d'une extase devant sa communauté. Depuis longtemps elle était favorisée de communications avec le Ciel. Bien qu'elle fût surtout la voyante du roi Louis XIII et de son cardinal qui l'avaient fait venir à Paris, les conseillant et les secouant dans leur foi imprécise et qu'elle estimait toujours insuffisante – n'avait-elle pas annoncé que « Corbie serait reprise » ? –, ce qui était un miracle que stratégiquement ils n'avaient pas voulu envisager – sœur Anne-Marie, elle, n'oubliait pas la reine qu'eux oubliaient si volontiers. Maintes fois elle lui avait fait dire de la part de Dieu qu'elle serait exaucée dans son espoir d'être mère.

Il y avait eu aussi à Beaune, en Bourgogne, une carmélite, sœur Marguerite du Saint-Sacrement. Celle-ci avait eu de nombreuses et discrètes apparitions de la Vierge et de l'Enfant Jésus.

L'année où Anne d'Autriche était allée s'agenouiller devant Notre-Dame du Bon-Remède à l'abbaye de Frigolet, près d'Avignon, pour une nouvelle et ardente supplication, le 16 février 1632, la religieuse avait reçu la grâce du mariage mystique et avait été stigmatisée.

Son destin spirituel exceptionnel semblait lié de quelque façon à ce don vainement attendu d'un héritier sur le trône de France. Le Seigneur lui faisait confidence, avait-elle communiqué, « ... de l'amour qu'il portait au roi... Il voulait qu'elle priât pour obtenir un Dauphin... Elle le tiendrait par son Enfance... Il serait l'œuvre de son Enfance divine ».

Or, en son couvent, sœur Marguerite était chargée d'habiller pour les cérémonies la statue de l'Enfant Jésus qu'on appelait le Petit Roi de Gloire. En diverses circonstances, elle l'avait revêtu des habits du Dauphin. Le 15 décembre 1635, elle avait reçu la promesse qu'elle ne mourrait pas sans avoir vu cette grâce accomplie d'un Dauphin donné à la France. Et le carmel de Beaune en avait fait informer la reine par le grand couvent de Paris. Le 15 décembre 1637 la carmélite avait appris de la même source divine que la reine était enceinte d'un Dauphin... alors que celle-ci était encore dans le doute quant à son état.

Enfin, il y avait eu le frère Fiacre. Un humble parmi les humbles. Cet artisan potier de Montmartre, amoureux constant de la vie religieuse, avait fini par obtenir la grâce d'entrer au couvent des augustins déchaussés, dits les « petits pères », dont il servait la messe chaque matin et partageait les prières le dimanche. Admis le 19 mai 1631 dans la communauté, il avait pris le nom de frère Fiacre de sainte Marguerite. Or, dès l'abord, ce modeste orant du petit couvent des augustins s'était senti investi par le Ciel d'une urgente mission de prier et de faire accomplir des vœux pour que le mariage du roi, stérile depuis bientôt vingt ans, connût la naissance d'un héritier à ce foyer déshérité.

Si urgente était cette mission exigée du pauvre frère qu'il dut, par la fin, se confier à son confesseur.

— Mon père, voilà sept années que Dieu m'a donné la pensée de faire des vœux et des prières à Dieu et à la Sainte Vierge pour le roi et la reine. J'ai toujours cru que Dieu leur voulait donner un Dauphin, et qu'il serait même nécessaire d'avertir Leurs Majestés...

Frère Fiacre avait déjà reçu au sujet de ce vœu des instructions très précises : Dieu voulait que le frère Fiacre fît trois neuvaines en l'honneur de la Sainte Vierge : la première en l'honneur de Notre-Dame-de-Grâce, au sanctuaire de Cotignac, en Provence, la seconde en l'église de Notre-Dame de Paris, la troisième en l'église de Notre-Dame-des-Victoires de leur couvent des augustins de Paris.

Prudents, son confesseur et son supérieur conseillèrent au frère Fiacre de demander des preuves au Ciel.

Lorsqu'une rumeur se répandit que la reine était enceinte, tout le royaume commença de trembler avec elle. Cet espoir avait été si souvent déçu. La reine pourrait-elle mener cette nouvelle grossesse à terme ?

Cette fois le frère Fiacre insista.

Il fallait avertir la reine.

Le Ciel lui avait donné les preuves qu'il avait demandées ainsi que l'y avait encouragé son confesseur :

Un jour qu'il priait ardemment dans sa cellule, il avait entendu un enfant pleurer derrière lui.

Se retournant il avait eu la vision de la Vierge Marie.

Elle portait trois couronnes d'or l'une sur l'autre et une robe bleue semée d'étoiles. Elle lui avait dit : « Mon enfant, n'ayez pas peur. Je suis la mère de Dieu. »

Alors, considérant l'enfant qu'elle tenait dans ses bras, il s'était jeté à genoux pour adorer Jésus-Christ son Sauveur.

Mais la Vierge sacrée lui avait dit : « Ce n'est pas mon fils. C'est l'enfant que Dieu...

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