Mélancolie de gauche, La force d'une tradition cachée (XIXe-XXIe siècle)
Éditeur
La Découverte
Date de publication
Collection
Poches sciences
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Mélancolie de gauche

La force d'une tradition cachée (XIXe-XXIe siècle)

La Découverte

Poches sciences

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  • AideEAN13 : 9782348035555
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Avec Mélancolie de gauche, Enzo Traverso, professeur de science politique à l'université Cornell (État de New York), se confronte au rapport de la gauche à ses propres défaites. Sans nier l'importance de la chute du mur de Berlin, il montre qu'a toujours existé, dans la culture de gauche, une certaine disposition d'esprit mélancolique. A côté et contre le récit épique de l'irrésistible avancée du peuple vers le socialisme, présent notamment dans le stalinisme, il a en effet existé d'autres récits, épars et minoritaires, reposant sur la douloureuse mémoire des défaites passées.
L'année 1989 puis l'effondrement du bloc soviétique n'ont alors fait que leur donner une visibilité nouvelle, mais en en modifiant le sens. Jusque-là, chaque défaite pouvait être vécue comme rendant nécessaires d'autres luttes, au nom même de la mémoire des camarades tombés, vers un horizon final utopique et victorieux. Mais la chute du Mur, qui aurait pu libérer la gauche de l'hypothèque stalinienne, semble au contraire l'avoir paralysée et en avoir balayé les espoirs, transformant une mélancolie grave mais combative en acedia, en torpeur passive et résignée.
Enzo Traverso propose alors de retrouver "la force d'une tradition cachée", celle de la mélancolie disposant à l'action. Pour cela, il puise bien sûr dans les écrits d'auteurs tels que Karl Marx, Walter Benjamin ou Daniel Bensaïd. Mais il utilise aussi d'autres sources, comme les traces laissées par "la mélancolie des vaincus" qu'ont été Auguste Blanqui, Rosa Luxembourg, Léon Trotski ou Samuel Zygelbojm, le militant du Bund. Les relisant en prenant pour guide Walter Benjamin, il montre comment, chez ces révolutionnaires, l'expérience de la défaite n'empêchait pas la persistance d'un esprit utopique rédempteur, parfois mystique. Dans son analyse, Enzo Traverso fait aussi la part belle aux œuvres picturales, architecturales ou cinématographiques d'artistes de gauche. Le "cinéma des révolutions vaincues" bénéficie d'un traitement particulièrement réussi, avec l'analyse de films qui, de La terre tremble de Luchino Visconti à Rue Santa Fe de Carmen Castillo, montrent des personnages, souvent des gens ordinaires, partageant et surmontant l'expérience de la défaite.

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