Ils m'ont contaminée
EAN13
9782841876310
ISBN
978-2-84187-631-0
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
RECITS, TEMOIGN
Nombre de pages
235
Dimensions
22 x 14 x 0 cm
Poids
275 g
Langue
français
Code dewey
616.92
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eISBN 978-2-8098-1523-8

Copyright © L'Archipel, 2004.

À Alain-Michel, mon mari,
à Nicolas et Laetitia, mes enfants.
À mon amie Véronique.
À ma mère.
À mes frères et sœurs de xenopi.
Aux milliers de personnes souffrant d'une infection
contractée au cours d'une intervention chirurgicale.
Aux milliers de personnes touchées dans leur corps
et souffrant dans leur âme.

Préface

Le terrible récit de Béatrice Ceretti est l'histoire vraie d'une femme cassée, broyée par une machine à soigner par ailleurs si performante. Entrée dans une clinique spécialisée pour une affection articulaire, elle en est ressortie avec une infection osseuse grave, dont les effets se font encore sentir. Ce livre aurait pu être désespérant et haineux : il s'agit d'un texte d'espoir.

Son titre évoque une dramatique réalité : chaque année en France – et les statistiques ne divergent guère dans les autres pays européens – les infections nosocomiales frappent près d'un million de personnes hospitalisées. Il y a là un paradoxe que de « tomber malade » au sein même d'un établissement dont la finalité est de guérir. Et pourtant, 5 à 10 % des patients sont contaminés par des bactéries ou des virus lors de leur séjour en milieu hospitalier. C'est trop. Toutes ces atteintes ne sont pas mortelles, bien heureusement, mais dans la mesure où elles touchent plus particulièrement des individus aux défenses immunitaires diminuées, ainsi que les plus âgés, ces maladies nosocomiales peuvent avoir des conséquences dramatiques. Les experts estiment que ces infections seraient à l'origine de 4 000 à 10 000 décès par an. Si certaines contaminations sont inéluctables, d'autres pourraient être évitées. Je ne parlerai pas des pratiques inacceptables et irresponsables dont a été victime Béatrice Ceretti. Une instruction est ouverte : à la justice de trancher.

Le combat mené par Alain-Michel Ceretti et son épouse, pour qu'éclate la vérité sur certaines pratiques, aura contribué à médiatiser la réalité de ce phénomène au cours des dix dernières années. Il a incité les pouvoirs publics à réagir et à développer une politique volontariste en ce domaine. Il n'y a pas de médecine efficace sans risques, mais la prévention et la précaution doivent demeurer la règle

La surveillance s'était développée depuis 1997, mais grâce à la loi du 1er juillet 1998 de sécurité sanitaire, la lutte contre les infections nosocomiales est devenue une des missions essentielles de tout établissement de santé, qu'il soit public ou privé.

Jusqu'en 2002, à côté des chiffres de prévalence de ces infections – qui constituent une « photographie » de ce qui se passe un jour donné dans nos hôpitaux – nous disposions de données de surveillance en continue et d'incidence, permettant une analyse plus fine. Car nous ne pouvons pas lutter efficacement contre les infections nosocomiales si nous ne disposons pas de différents systèmes capables de mesurer l'évolution du risque infectieux, d'évaluer l'impact d'une politique d'hygiène hospitalière, d'intervenir si nécessaire face à une situation d'alerte.

Nous avons voulu ensuite que cette surveillance soit renforcée par le dispositif de signalement obligatoire des infections nosocomiales qui a été mis en place.

De même, avec le Comité technique national des infections nosocomiales (CTIN), nous avons construit et appliqué une politique de lutte cohérente dont la surveillance constitue un aspect important.

Cette politique a permis des avancées considérables dans les quatre axes de travail qui constituaient notre plan d'action : le renforcement des structures de lutte – tant au niveau des établissements qu'au niveau régional et national –, la diffusion de recommandations de bonnes pratiques, la formation des professionnels de santé, et la surveillance des infections et l'estimation des actions menées. Cet effort de vigilance s'inscrit dans la démarche d'évaluation de la qualité et de la sécurité des soins de tous les hôpitaux et cliniques.

Ces actions visent à garantir aux malades des soins toujours plus sûrs, une information plus claire et adaptée, une participation active aux actions de lutte engagées. Ces mêmes principes nous ont guidés dans la préparation de la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, votée en mars 2002.

En ce qui concerne les relations avec les usagers, nous avons expressément voulu que l'information des malades soit un élément déterminant de la qualité de la prise en charge. Cette information est non seulement indispensable à la relation de confiance entre le malade et le médecin, mais elle est aujourd'hui une obligation légale.

Cette loi permet d'ailleurs à chaque malade de consulter son dossier médical s'il le souhaite. Elle prévoit une obligation d'information sur les risques prévisibles des prises en charge proposées, mais aussi sur les conséquences, lorsque le risque s'est réalisé.

Nous sommes ici au cœur de la démocratie sanitaire, dans une démarche de pédagogie du risque où la transparence est la règle.

Les professionnels de santé devraient ainsi apprendre à mieux informer, mieux communiquer, prendre le temps nécessaire. L'absence de dialogue et d'explication est une atteinte ressentie par les malades souvent plus cruellement que le dommage lui-même. Ce livre de Béatrice Ceretti est là pour en témoigner : elle a voulu savoir, comprendre mais aussi et surtout être entendue, à défaut d'être écoutée. Cet isolement du patient peut être une source permanente de conflit. Il conduit souvent les malades à se tourner vers la justice, uniquement pour savoir ce qui s'est passé.

Autre point fort de la loi de 2002 : ces maladies sont entrées dans le domaine juridique. Un dispositif de réparation des conséquences des risques sanitaires a été instauré. Cette décision a le mérite de permettre un accès plus facile à l'indemnisation tout en contribuant à restaurer la confiance qui doit caractériser la relation des malades avec les professionnels de santé. En effet, les établissements médicaux sont présumés responsables des infections que les patients peuvent y contracter. Les malades peuvent se retourner contre l'hôpital et demander à être indemnisés par l'ONIAM (Office national d'indemnisation des accidents médicaux) des préjudices subits. Ces infections représentent aujourd'hui plus du tiers des dossiers traités par l'office. S'il apparaît que des fautes ou des négligences ont été commises, les professionnels de santé eux-mêmes peuvent être poursuivis. La loi sur le droit des malades a déjà fait diminuer le nombre des contentieux. Un système régional de dialogue et d'entente ainsi que des propositions d'indemnisation permettent de préférer la compréhension et le dédommagement aux poursuites et aux procès.

En comparaison avec les pays anglo-saxons, les plaintes diminuent en France ; les primes d'assurances des professionnels de santé devraient donc baisser, et non atteindre des sommes excessives et injustes.

Ce combat contre les infections nosocomiales est, je le sais, difficile. Il ne peut obtenir de résultats que sur le long terme ; il est une exigence de chaque geste de chaque instant. La maîtrise des risques passe par une responsabilisation de chaque professionnel. Cette lutte nécessite une stratégie d'excellence qui concerne tous les professionnels : qualité du geste, qualité et sécurité des produits de santé (sang, dispositifs médicaux), qualité de l'usage des antibiotiques, qualité de l'information surtout.

À travers le récit de Béatrice Ceretti, on voit vivre, survivre parfois, ces milliers de personnes dont la vie bascule du jour au lendemain. Ces individus faisaient confiance aux structures et aux professionnels de santé. Il y a là un véritable enjeu de santé publique : mettre tout en œuvre pour tendre à se débarrasser de cette lèpre moderne.

Béatrice Ceretti a vécu une sinistre aventure humaine, ...

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