Lorsque les écrits parlent, Roman historique
Éditeur
Lucien Souny
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Lorsque les écrits parlent

Roman historique

Lucien Souny

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  • Aide EAN13 : 9782848867816
    • Fichier EPUB, libre d'utilisation
    6.99

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**Deux jeunes filles perdent leur bébé à la naissance et quittent ensemble
l'Espagne pour la France.**

Pilar et Inma font connaissance dans un couvent en Catalogne. Filles-mères
abandonnées et pauvres, elles vont accoucher dans des conditions épouvantables
pendant le rigoureux hiver de 1955-1956. Aucun de leurs deux bébés ne
survivra. Plus rien ne retient alors les deux jeunes filles en Espagne : ni
famille, ni emploi, ni argent, ni amour. En revanche, un avenir plus radieux
les appelle en France : un oncle et une tante de Pilar acceptent de les
accueillir chez eux. Elles y trouveront du travail et l'une d'elles gagnera
même le cœur de l’instituteur. Conscientes de leur chance, elles n’en
n’oublient pas pour autant leurs nourrissons « repris par le Seigneur », ni
les petites tombes blanches jamais fleuries, perdues dans ce lointain
cimetière d’Espagne. Le vieil oncle aime leur raconter l’histoire de leurs
aïeux, émigrés en France, et elles apprennent ainsi de stupéfiants détails sur
leurs parents. La visite inattendue de personnes surgissant justement de ce
passé va transformer leur vie. Une histoire aussi passionnante qu’émouvante,
largement inspirée du scandale des bébés volés en Espagne – 300 000 enfants
subtilisés à leur mère sous la dictature de Franco.

**Laissez-vous emporter par ce roman historique émouvant qui vous fera
découvrir le parcours de deux jeunes mères au **milieu du XXe siècle**. Une
histoire inspirée du scandale des bébés volés sous la dictature de Franco.**

EXTRAIT

— Regarde ! Ça y est, nous sommes en France ! Tu crois pas qu’on…
Inma regarda son amie et s’arrêta, interdite. Pilar pleurait silencieusement,
secouée par des spasmes, et elle ne semblait pas porter le moindre intérêt à
leur entourage.
— Mais, qu’est-ce que tu as ? J’ai bien vu que tu étais silencieuse depuis un
bon moment. Je te croyais seulement fatiguée. Allez ! Dis-moi pourquoi t’es si
triste ? La belle aventure commence ici ! Tu te rends pas compte de la chance
qu’on a ? Un nouveau pays, une nouvelle vie…
Pilar sanglotait discrètement dans son mouchoir. Elle ne voulait pas que les
autres passagers remarquent ses larmes.
— C’est vrai que je suis épuisée, mais ce n’est pas pour ça que je pleure.
C’est que je me rends compte tout à coup, peut-être pour la première fois, que
c’est vraiment fini ! Rafael est mort ; du moins il a disparu et je ne le
reverrai plus. Notre pauvre petit bébé n’a pas survécu. Je n’ai plus rien.
Plus personne. Ni même mes gentils patrons !
Comme à chaque fois qu’elle éprouvait une crainte, une angoisse ou une
déception, Pilar se mit à toucher le bijou de sa maman, son collier porte-
bonheur. Habituellement, le simple fait de le frotter entre ses doigts et de
sentir sa douce texture lui apportait un certain apaisement, mais, cette fois-
ci, la douleur morale, énorme, menaçait de la submerger.
— À la maternité, tout s’est passé tellement vite, tu te souviens ? Les sœurs
nous ont presque bousculées pour qu’on parte ! Après, c’était la paperasse, le
voyage à préparer, les quelques adieux à faire. Et puis, allez, vite, vite !
Dans le bus, dans le train… Je n’ai même pas eu le temps de pleurer. Mon
amour, mon bébé… mon pays…
Elle paraissait abattue, incapable de continuer. Et pourtant, le train s’était
immobilisé. Il allait falloir descendre !
— Mi alma, mon âme, il faut être forte. Tu pleureras plus tard ! Nous
reparlerons de tout ça, je te le promets. Mais là, tout de suite, il faut vite
prendre nos affaires et suivre les autres passagers pour voir où ils vont et
ce qu’ils font. Notre premier problème ne va pas tarder à se présenter. On est
en France maintenant et, toi et moi, on parle pas un fichu mot de français !

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