Les garanties de nos libertés, La liberté électorale et la liberté individuelle - Essai historique.
Éditeur
Editions Le Mono
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Les garanties de nos libertés

La liberté électorale et la liberté individuelle - Essai historique.

Editions Le Mono

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Les droits individuels, en France, ont toujours été très faibles. Tout notre
développement national, qui présente une suite incomparable, nous montre
l’effort de vingt générations voulant assurer l’ordre et l’unité. Pendant sept
cents ans, de Hugues Capet à Louis XIV, nous assistons aux manifestations les
plus variées d’une même idée poursuivie par l’accord commun du roi et du
peuple, l’un et l’autre voulant substituer au fractionnement de tous les
pouvoirs leur concentration, l’un et l’autre rêvant l’unité qui aboutira à la
monarchie administrative, c’est-à-dire à la constitution de l’Etat sous sa
forme la plus puissante. A cet objet, le Tiers Etat était prêt à tout
sacrifier, même ses droits, tant il était convaincu que, son seul ennemi étant
la diversité et l’oppression féodales, le roi, résolu à contenir la noblesse,
serait toujours son allié. Tandis qu’en Angleterre, les barons, soutenus par
le peuple, montaient à l’assaut de la royauté, limitaient ses pouvoirs et
devenaient populaires parce qu’ils défendaient la liberté de chacun qui
formait les libertés de tous, en France, l’idée générale absorbait tout ; nul
souci de l’individu et de ses droits : du XIIIe au XIVe siècle, dans la crise
de notre formation moderne, la création d’un pouvoir fort, mettant fin à
toutes les diversités locales, est une idée fixe. La poursuite des garanties
qui font un peuple libre n’apparaît que comme le résultat d’une volonté
intermittente qui interrompt de date en date la prescription, empêche l’oubli
en montrant un idéal, honore l’élite, réserve l’avenir, mais ne fonde rien. On
a dit que les mœurs étaient plus fortes que les lois : elles se sont montrées
plus fortes que les révolutions. Ni 1789, ni les constitutions qui l’ont
suivi, n’ont tenté d’établir les droits de l’individu sur des bases solides.
La génération qui faisait la Révolution avait de plus pressants soucis : faire
triompher le vœu héréditaire du Tiers Etat en proclamant l’égalité civile,
assurer la participation du pays à ses propres affaires en décrétant le vote
annuel de l’impôt et la délibération des lois par les représentants du peuple,
voilà les principes qui, depuis 1815, n’ont pas été contestés. Mais la liberté
individuelle, qu’a-t-elle gagné depuis l’ancien régime ?

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