Stratégies de l’illisible
Éditeur
Presses Universitaires de Perpignan
Date de publication
Collection
Études
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Stratégies de l’illisible

Presses Universitaires de Perpignan

Études

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  • AideEAN13 : 9782354123802
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L’illisible est constitutif de toute écriture voulant déjouer le pouvoir du
commercial et celui des modes, toute littérature qui se pense comme geste
authentique de révolte contre la doxa et toutes les idéologies de l’Unique.
Et, en même temps, les écritures qui prétendent créer un nouvel espace de sens
se nourrissent d’illisible et organisent des stratégies capables de le gérer.
Ce livre se propose de réfléchir sur cette notion, d’en souligner les valeurs,
de déterminer ses rapports au politique... Il s’agit de penser ces écritures,
expérimentales ou subversives, la plupart du temps considérées comme
hermétiques, ou étiquetées en tant que telles, dans leurs relations au corps,
au sujet, à la langue ou à l’histoire. S’« il n’y a rien d’incompréhensible »
(Isidore Ducasse) ; si « tout vrai langage est incompréhensible » (Antonin
Artaud) ; si « rien n’est jamais illisible, rien n’est jamais complètement
lisible » (Philippe Sollers), de quelle façon, à partir de quelles stratégies,
l’illisible s’organise-t-il ? Comment ordonnance-t-il des prises de position
dans le champ du savoir littéraire et dans celui de sa pratique ? Il s’agit
d’autre part de créer des espaces pour qu’une pensée de l’illisible permette
de confronter des idées et des textes. Les écrivains dits illisibles subissent
le plus souvent un profond silence qui touche leur œuvre même. Qu’on les
considère comme excentriques, inclassables ou fous du langage ; qu’on les
évacue de tous les réseaux médiatiques ou que, au contraire, on les présente
comme des sujets bizarres, jusqu’à l’inflation, délaissant leurs textes au
profit de leur vie, ramenant le conflit qui les occupe avec la langue à un
conflit essentiellement œdipien, ou qu’on les ignore complètement, jusqu’à en
oublier le nom, les écrivains illisibles s’effacent derrière des textes qui ne
demandent qu’à être écoutés. Peut-être même l’illisible s’instaure-t-il autour
de textes qui, au-delà de l’écrit, sont, en premier lieu, à entendre. Car de
l’illisible naît un rythme propre qui situe l’écriture du côté de la voix.

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