Invectives, Quand le corps reprend la parole
Éditeur
Presses Universitaires de Perpignan
Date de publication
Collection
Études
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Invectives

Quand le corps reprend la parole

Presses Universitaires de Perpignan

Études

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La lettre tue, soit. Mais qu’en est-il de la parole dite vive ? Nous pensons
d’habitude à ses vertus communicatives, « à la chaleur que tisse la parole/
autour de son noyau le rêve qu’on appelle nous » (Tristan Tzara). Cependant,
lorsque la haine, l’indignation, la colère ou la peine investissent la langue,
la chaleur devient vite insoutenable. On appelle « invective » cette
fulguration de la langue, ces paroles ou ces discours agressifs visant à
réduire l’adversaire, quel qu’il soit, au silence et au néant. Au lieu
d’essayer de conceptualiser une notion, il s’agit ici de mettre en évidence
des opérations. Ainsi, la première partie (« Présentations ») s’ouvre aux
foudres de l’invective (spontanée, codifiée ou littéraire) pour tenter de
décrire, et d’expérimenter, deux des processus qui la constituent : un
processus irruptif au fil duquel l’affect violent « s’expulse » en passant
dans la voix et la langue du furieux ; et un processus ruptif quidélie, sépare
et éloigne définitivement les parties en conflit. La deuxième partie («
Littérature et Représentations ») explore plus avant les rapports entre le
corps et le verbe, en suivant le cours de l’histoire culturelle occidentale.
Quand le corps reprend la parole, non seulement il se met à parler de nouveau,
mais aussi il reprend ce qui lui revient, ce qui vient de lui. Reprendre la
parole, c’est à la fois l’amender, l’améliorer (comme on reprend des bas) et
la blâmer, la réprimander, la condamner. L’invective connaît ainsi une visée
proprement poétique.

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