PIEGES A PARENTS, les séances d'un psychologue
EAN13
9782841874552
ISBN
978-2-84187-455-2
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
SANTE, BIEN-ETR
Nombre de pages
312
Dimensions
1 x 1 x 1 cm
Poids
100 g
Langue
français
Code dewey
155.4
Fiches UNIMARC
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Pieges A Parents

les séances d'un psychologue

De

Archipel

Sante, Bien-Etr

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Montréal, Québec, H3N 1W3.

eISBN 978-2-8098-1531-3

Copyright © L'Archipel, 2003.

AVANT-PROPOS

Psychologue et psychanalyste depuis une vingtaine d'années, j'ai constaté un fait nouveau dans ma pratique quotidienne auprès des enfants. De plus en plus de parents viennent me consulter pour des situations « normales » qui ne présentent aucune pathologie. Pourquoi ? Ils sont tombés dans un « piège » et ne savent plus comment en sortir. Ils sont arrivés à une situation difficile avec leur enfant, qui touche leur vie quotidienne – sommeil, école, etc. – et en vient souvent à la désorganiser.

Comprendre son enfant, interpréter l'évolution de ses comportements ne va pas de soi. Les repères changent, les parents sont déroutés : le filet se tend. Interprétation erronée, problème de communication, indisponibilité : les mailles se resserrent. Certaines circonstances empêchent de prendre du recul : la situation s'envenime. L'angoisse et la souffrance s'installent, mettant en jeu, à terme, le développement de l'enfant. Ce n'est pas par manque d'attention des parents ! Au contraire, la tendance actuelle est plutôt à en faire trop – par amour –, ce qui multiplie les occasions de guets-apens. Heureusement, ces parents, qui ne demandent qu'à comprendre leur enfant, sont conscients des risques courus. D'où leurs démarches de plus en plus fréquentes auprès du psychologue.

À ce stade, la plupart du temps, la situation est devenue conflictuelle, mais trouve une issue heureuse au bout de quelques consultations. Les changements sont souvent spectaculaires. Pouvoir magique du psychothérapeute ? Il n'y a aucun enchantement. Une psychothérapie demande du temps. Voici la clé du mystère : bien qu'envahissant, le problème est rarement lié à une psychopathologie, mais à un piège. Décelé à temps, les parents retrouvent alors leur capacité de comprendre et d'agir efficacement face aux questions qui se présentent à eux. Cependant, entre le simple piège – dont on rira plus tard – et le véritable problème psychologique, la frontière reste étroite. Une simple différence de degré, d'intensité les sépare. C'est pourquoi agir tôt évite de devoir faire face à une pathologie qui, elle, nécessite le recours à une psychothérapie.

À l'aube du troisième millénaire, le devoir d'être de bons parents s'impose d'une façon nouvelle, parfois tyrannique et pleine d'écueils. L'inquiétude est le lot quotidien des parents, qui se demandent en permanence ce qui est normal ou non chez leur enfant. Il est important pour eux d'obtenir des réponses à ces questions, même à celles qui paraissent les plus simples et qu'ils n'osent pas poser à leur entourage.

L'attitude des parents, aujourd'hui plus concernée et active, m'a incité à transmettre ces expériences, à encourager cette dynamique parentale auprès du plus grand nombre. C'est une méthode préventive dont les effets sont inestimables pour l'enfant. Dans cette optique, j'ai préféré raconter des histoires vraies, recueillies lors de mes consultations, dans lesquelles chacun pourra se retrouver en partie. Seuls les prénoms et quelques détails ont été modifiés pour préserver l'anonymat de ceux qui m'ont fait confiance.

Les enfants dont il va être question ont entre 0 et 11 ans. Tout ce qui se joue en effet, de la naissance à la fin de l'école primaire, a des effets à long terme, déterminant le développement de la future personnalité. Les pièges se succèdent durant cette période : problèmes d'alimentation et de sommeil des bébés, d'apprentissage de la propreté, puis ceux liés à la scolarité jusqu'au passage en 6e, au seuil de la préadolescence. L'analyse de la situation et le point de vue psychologique sont complétés par quelques éléments théoriques pour aider les parents à mieux comprendre ce qui se joue lors de ces étapes. Les pièges, bénins au départ, peuvent présenter des risques d'évolution pathologique : ils donnent la mesure du seuil d'alarme, soit pour les éviter tant que cela reste possible, soit pour reconnaître la souffrance et y remédier. Ces tableaux successifs n'ont pas la prétention de constituer un traité de psychologie. Les cas exposés doivent servir de base de réflexion. Je n'ai pas voulu livrer des conseils généraux, inapplicables, mais faire en sorte que chacun puisse réfléchir à sa situation, comme si nous avions un entretien ensemble. Aucune solution ne peut être utile, surtout donnée « clé en main », sans travail de réflexion personnelle. Les parents dont je parle ont eu une démarche dynamique grâce à laquelle j'ai pu les aider avec efficacité. C'est dans cet esprit que je souhaite poursuivre ici ce type d'échange.

Avec le recul, j'ai constaté que ce livre suivait un fil conducteur lié aux changements rapides et profonds de notre société. Depuis quelques années, j'ai observé, avec beaucoup de mes confrères, une modification sensible des symptômes dans les consultations d'enfants. L'intimité psychique, partagée au quotidien avec mes patients de tous âges, d'inconscient à inconscient, m'amène à situer leur histoire dans une triple dimension : d'abord individuelle, mais aussi associée aux interactions familiales, enfin l'une et l'autre liées au contexte socio-historique. Ce livre pose donc la question d'une spécificité moderne des problèmes rencontrés actuellement en psychologie de l'enfant.

Que remarquons-nous ? Une psychopathologie infantile de plus en plus dominée par des symptômes d'échec scolaire et d'instabilité psychomotrice. Ces problèmes se déploient quand le psychisme est insuffisamment organisé, par manque d'appui sur les fonctions fondamentales qui le structurent (maternelle, paternelle et lien d'attachement1). Chez les adolescents et les adultes, ce sont les pathologies du lien et de la dépendance2 qui prennent le relais. Ils souffrent d'une humeur dépressive, qui s'exprime à la suite de pertes, de séparations ou de ruptures. Notre siècle est celui de la dépression3. Dans notre société, l'impulsivité déborde de plus en plus la pensée en s'exprimant par l'augmentation des passages à l'acte violents. La raison est mise en échec quand, dans un mouvement régressif, elle se trouve dominée par le monde pulsionnel. Ces constatations nous posent question à tous, parents, éducateurs, enseignants, politiciens et thérapeutes :

• L'évolution de l'enfant, depuis son état de dépendance infantile jusqu'à son autonomie, s'opère-t-elle dans un climat aujourd'hui moins rassurant ?

• Quel rôle joue le contexte social dans le surinvestissement dont l'enfant est l'objet ?

• Pourquoi les parents surprotègent-ils leurs enfants ?

• La carence des pères, souvent évoquée, est-elle réelle ou ces derniers ont-ils pris la place des mères dans le box des accusés ?

La « parentalité » devient difficile, décourageante et solitaire. Tout le monde semble d'accord sur l'existence d'un dysfonctionnement des valeurs et des repères. Les divorces, la violence et la délinquance augmentent, la cote de l'autorité baisse. La confusion entre le rôle du père et celui de la mère, entre éducation, instruction et amour, tend une multitude de pièges.

C'est pourquoi ce livre adresse un message aux parents tentés de croire que leurs difficultés sont liées à une fatalité. Il existe des solutions pour ceux qui souhaitent les trouver. Dans cette optique, psychologues et psychanalystes leur offrent un appui symbolique. Leur disponibilité psychique peut les aider – avec leurs enfants – à se réapproprier leur propre capacité à franchir les obstacles4.

1.Cf. p. 24.

2. Appelées pathologies « addictives » : toxicomanies, anorexie, etc.

3. Comme le met en évidence Élisabeth Roudinesco dans Pourquoi la psychanalyse ?, Fayard, 1999. Nous précisons qu'il ne s'agit pas seulement de dépressions réactionnelles ou névrotiques, mais de dépressions archaïques et régressives où domine une angoisse d'abandon.

4. Cette conception humaniste est présente dans les œuvres de Carl Rogers ou de Donald W. Winnicott, o...

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