Études anglaises - N°1/2012, Persistent Dickens
EAN13
9782252038444
ISBN
978-2-252-03844-4
Éditeur
Klincksieck
Date de publication
Collection
Études anglaises
Nombre de pages
128
Dimensions
23 x 15 x 1,8 cm
Poids
200 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Études anglaises - N°1/2012

Persistent Dickens

Klincksieck

Études anglaises

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Charles Dickens in Twenty-First-Century India. A Study of the Novel Q & A by Vikas Swarup and its Film Adaptation by Danny Boyle
Danny Boyle's film adaptation of Vikas Swarup's début novel Q & A, published in 2005 and released worldwide in 2008 as Slumdog Millionaire, inspired many comments regarding alleged "Dickensian" overtones, but so far no thorough analysis of the novel and its adaptation has really substantiated this claim. This article identifies Dickensian influences in the novel and its adaptation, and it tries to understand why Swarup and Boyle resorted to such allusions. In examining the complex effect of Dickensian references on the reception of these works in India but also abroad, the article reveals that they have led to contradictory and even incompatible, but nonetheless extremely relevant interpretations of Swarup's novel and its cinematic adaptation. Through such references, Swarup and Boyle provide a stereoscopic view of Indian culture similar to that of Dickens's London. This perspective not only reveals the striking contrasts inherent to Indian society and this society's deep ambivalence as to its own identity, it also unveils equally ambiguous Western imaginary constructions of India.
La sortie en 2008 de Slumdog Millionnaire, film réalisé par Danny Boyle et adapté du premier roman de Vikas Swarup, Q & A (2005), a amené de nombreux critiques à y relever des échos « dickensiens ». Pourtant, jusqu'à présent, aucune étude approfondie n'a permis de confirmer cette affirmation. Cet article s'emploie à identifier l'influence de Dickens sur ces deux œuvres et à comprendre les raisons de ces allusions. Il s'interroge sur l'effet des références dickensiennes sur la réception de ces œuvres en Inde et à l'étranger, et constate qu'elles ont conduit à des interprétations contradictoires et par moments incompatibles, mais non moins révélatrices du roman de Swarup et de son adaptation filmique. À travers ces références, Swarup et Boyle livrent en effet une vision stéréoscopique de la culture indienne, semblable à celle du Londres de Dickens. Cette perspective ne révèle pas seulement les contrastes saisissants inhérents à la société indienne et les ambivalences profondes de celle-ci quant à sa propre identité, elle dévoile aussi des constructions imaginaires tout aussi ambiguës de l'Inde par le monde occidental.
Revisiting Great Expectations. The Postcolonial Persistence of Dickens
Following John Thieme's definition of postcolonialism's dual response to Dickens, resenting canonical writing yet responding to his vision of Englishness and his depiction of marginality and deception in Victorian England, this paper will address the way in which postcolonial engagement with Dickens both qualifies and reasserts the persistence of Dickens. Great Expectations and Pip's inability to read the scenario of his own life provide the hypotext for Lloyd Jones's novel, relocating reading in the context of exploitation and the ruthless violence of war, hovering between redemption and irony. Flanagan's Wanting portrays Dickens's performance in The Frozen Deep and his tryst with actress Ellen Ternan, a transgression which is set in the wider context of the lost Franklin expedition and colonial disaster. The fate of Mathinna, the abandoned orphan, shatters all great expectations in the context of Tasmanian genocide. In these novels, Dickens functions both as a canonical writer and as a transgressor, whose writing raises fundamental questions about humane values, reaffirming the need for persistence even though affiliation remains problematic.
Dickens continue d'occuper une position clef dans l'imaginaire post-colonial, peut-être parce qu'il est perçu comme l'écrivain de la différence et du décalage, plaçant par exemple Pip, le protagoniste de Great Expectations, dans la position du subalterne qui n'accède jamais à la culture dominante à laquelle il aspire. Prisonnier d'un scénario qui lui échappe, Pip invite aux réécritures post-coloniales. Celles-ci opèrent selon deux modalités distinctes, revendiquant la filiation ou au contraire rejetant le modèle canonique. Loin du Jack Maggs de Peter Carey qui déconstruit ironiquement Dickens, les romans de Lloyd Jones et de Richard Flanagan dialoguent avec l'hypotexte pour osciller entre défiance et nostalgie, proposant une relecture de l'humanisme de Dickens et de ses limites dans la violence du génocide ou de la guerre civile. La leçon de lecture prend chez Lloyd Jones des accents à la fois rédempteurs et désespérés, impuissants à endiguer la violence aveugle. Chez Flanagan, la représentation de la pièce The Frozen Deep permet de lier ironiquement désir illicite et réalité coloniale, tandis que le parcours de Mathinna, l'orpheline aborigène abandonnée, réécrit le leurre des vaines espérances. Dickens reste donc la pierre de touche d'une forme d'écriture post-coloniale, réaffirmant la persistance d'une écriture dont les enjeux restent d'actualité, alors même que la relation de Dickens au colonialisme est contestée.
The Havisham Affair or the Afterlife of a Memorable Fixture
Long after they first appeared in fiction, Dickens's characters often seem to have acquired a life of their own. The name of Miss Havisham, the recluse of Satis House, is probably known by many people who may never have read Great Expectations. This article investigates the afterlife of a character whose contemporary reappearances go far beyond the usual stereotypes the mere mention of her name is bound to elicit. It argues that the different discourses held on Miss Havisham by the main characters from Dickens's novel may be used as privileged entries to document the various adaptations of her character today, through poetry, high brow and more popular fiction, and to a lesser extent, through cinema adaptations too. In the last resort, two main directions stand out; the first one responds to the ambivalent feminine identity that her character suggests, especially through her relationship with Estella, and the second appropriates Miss Havisham as a textual signifier, and to conclude as a transtextual adventuress with Jasper Fforde.
Longtemps après leur première apparition dans les romans, les personnages de Dickens semblent avoir acquis une vie en propre. Le nom de Miss Havisham, la recluse de Satis House, est probablement connu de beaucoup de gens qui n'ont peut-être jamais lu Les Grandes espérances. Cet article s'intéresse à la postérité d'un personnage qui dans ses réapparitions contemporaines va bien au-delà des idées reçues que l'on pourrait avoir le concernant. Il démontre que les différents discours que les personnages du roman tiennent sur Miss Havisham dans le roman de Dickens peuvent servir de points de départ pour explorer tout ce qu'il advient d'elle aujourd'hui dans la poésie, le roman plus ou moins grand public et, dans une moindre mesure, le cinéma. Deux directions principales se dégagent pour finir, la première fait un sort à la question de l'ambivalence de l'identité féminine que le personnage porte, principalement à travers sa relation avec Estella, la deuxième met en avant le personnage comme signifiant textuel, ou enfin comme aventurière trans¬textuelle chez Jasper Fforde.
Persistent Marginality: Deviance as a Travelling Aesthetics
Dickensian marginals are famously numerous, and many of them have lived in collective memory for generations. Created within the pale of Victorian decency, Dickens's deviants nonetheless have great imaginary force; such power is precisely what accounts for their eclectic and long-lasting afterlife as characters. There are many successors to Dickens's marginals because these characters will resist one-sided interpretations and definite rationalisation—marginality, with them, is never to be pinned down as a stable motif. The aesthetics of their deviance is already reconfigured within Dickens's novels themselves; and, ever since, it has been repeatedly adopted and adapted. Using three of Dickens's most memorable marginals—Sikes, Fagin, and Miss Havisham—, this article will examine how Dickensian deviance persists but also evolves, moving from one medium to another, and from one century to anot...

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