Allemagne, 20 juillet 1944, L'attentat contre Adolf Hitler
Éditeur
République des Lettres
Date de publication
Langue
français
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Allemagne, 20 juillet 1944

L'attentat contre Adolf Hitler

République des Lettres

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Claus von Stauffenberg, Dietrich von Hassell, Dietrich Bonhoeffer, Carl
Goerdeler, H. J. Graf von Molkte, mais aussi Ricarda Huch, Nelly Sachs, Thomas
Mann, et bien d'autres. Les hommes et les femmes dont ce dossier veut retenir
les noms, dessiner la place, restituer un peu de parole, n'étaient pas tous
des conjurés du 20 juillet 1944. Beaucoup d'entre eux sont pourtants morts à
la suite de la rafle géante déclenchée par la Gestapo à la suite de cet
attentat contre Adolf Hitler. Plus que ne le dit leur titre habituel d'"autre
Allemagne", ils sont l'Allemagne. Du misérable nazi Kube, assassiné pour avoir
aimé Mendelsohn et Offenbach, et s'être réclamé de Kant et de Goethe,
jusqu'aux admirables figures militaires, c'est l'offense à la tradition et à
l'esprit allemand qui les dresse contre Adolf Hitler: la nuit de cristal, les
exterminations de Juifs et de Polonais dans les territoires occupés, la
substitution à l'État de droit de la cancéreuse prolifération des profiteurs,
des bourreaux planqués, des fous et des imbéciles que le nazisme multipliait à
la faveur de l'état de guerre, le paganisme pseudo-nietzschéen au regard des
valeurs chrétiennes, l'inculture sauvage qui veut faire table rase de Schiller
et de Hölderlin, et de la leçon élitaire de Stefan George, la subversion de
l'autorité, la confusion des vraies valeurs de l'armée en idéologie menteuse
de la SS. Ils sont des acteurs tragiques, non pas tant du fait du caractère
sanglant de leur échec: tortures, exécutions sommaires, pendaisons, après des
procès de personnages solitaires et écrasés par l'appareil de la haine, en
l'honneur d'une cause pour laquelle ils allaient mourir, dans la défaite et
l'échec, à quelques mois de la victoire de mai 1945. Mais cette victoire
n'était pas leur victoire. Ils portent en eux, dans leur mort violente, le
destin violent de l'Allemagne: le bombardement au phosphore de Dresde, les
villes rasées, les Allemands expulsés des Sudètes, la terreur exercée par
l'aviation alliée sur les populations civiles, en réponse à la terreur
allemande des V1 et des V2 et aux rotomontades hitlériennes, les affres de la
faim, du froid, les millions de morts, dessinent aussi un calvaire de
l'Allemagne. Et ils engagent une autre tragédie: le divorce de la morale et du
spirituel avec la politique, du fait de tant de fausse morale et de religions
monstrueuses qui ont dévoyé la politique jusqu'à l'inhumain. Dans ces
oubliettes de l'Histoire, les conjurés du 20 juillet 1944 sont rejoints par
tous ceux qui sont morts, contre les Allemands, dans la Résistance, pour des
raisons du même ordre, et par les tenants d'une Résistance spirituelle qui
auront voulu en France même, repenser le politique -- Georges Bernanos, Albert
Camus, etc. — recouverts, comme par l'herbe du champ des morts, par la
politique sans pensée et notre Europe sans âme.

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