LE PRINCE CHARMANT ET LE HEROS, hommes, femmes, le grand malentendu
EAN13
9782841875603
ISBN
978-2-84187-560-3
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
POLITIQUE, IDEE
Dimensions
10 x 10 x 2 cm
Poids
100 g
Langue
français
Code dewey
155.33
Fiches UNIMARC
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Le Prince Charmant Et Le Heros

hommes, femmes, le grand malentendu

De

Archipel

Politique, Idee

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DU MÊME AUTEUR

Psychanalyse des dessins animés, L'Archipel, 2001.

À mon père,
Au père de mes enfants.

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eISBN 978-2-8098-1515-3

Copyright © L'Archipel, 2004.

PROLOGUE

Les histoires de Princes charmants ne sont pas réservées aux enfants. Elles ont une valeur passée, actuelle et à venir pour le jeune lecteur : elles lui parlent d'un temps où « il sera grand », comme les adultes qui lisent peut-être ces contes avec eux. Ce sont d'ailleurs des adultes qui les ont écrits, mais pas n'importe lesquels : ceux qui se sont souvenus de leurs rêves d'enfant et ont conservé la capacité à jouer avec des personnages imaginaires, qui les ont accompagnés dans leur existence malgré les obstacles.

De quelle imagination est né le premier Prince charmant ? Comment s'appelait-il vraiment ? Peu importe ; celui de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont a vu le jour en 1756 et se prénommait naturellement Charmant. Absolu était son concurrent dans la conquête de la princesse Vraie-Gloire...

CONTE DU PRINCE CHARMANT

Il était une fois un prince qui n'avait que seize ans lorsqu'il perdit son père. D'abord il fut un peu triste ; et puis le plaisir d'être roi le consola bientôt. Ce prince, qui se nommait Charmant, n'avait pas un mauvais cœur, mais il avait été élevé à faire sa volonté ; et cette mauvaise habitude l'aurait sans doute rendu méchant par la suite. Il commençait déjà à se fâcher quand on lui faisait voir qu'il s'était trompé. Il négligeait les affaires pour se livrer à ses plaisirs ; surtout il aimait si passionnément la chasse, qu'il y passait presque toutes ses journées. Il avait été gâté, comme le sont souvent les princes. Pourtant il avait un bon gouverneur ; il l'aimait beaucoup étant jeune ; mais lorsqu'il fut devenu roi, il pensa que ce gouverneur était trop vertueux. « Je n'oserai jamais suivre mes fantaisies devant lui, disait-il en lui-même. Il dit qu'un prince doit donner tout son temps aux affaires de son royaume, et je n'aime que mes plaisirs. Quand même il ne me dirait rien, il serait triste, et je reconnaîtrais à son visage qu'il serait mécontent de moi : il faut l'éloigner, car il me gênerait. » Le lendemain, Charmant assembla son conseil, donna de grandes louanges à son gouverneur, et dit que, pour le récompenser du soin qu'il avait eu de lui, il lui donnait le gouvernement d'une province qui était fort éloignée de la cour. Quand son gouverneur fut parti, il se plongea dans la paresse et se livra à la chasse, qu'il aimait avec fureur. Un jour que Charmant était dans une forêt, il vit passer une biche blanche comme la neige, elle avait un collier d'or au cou, et lorsqu'elle fut proche du prince, elle le regarda fixement, et ensuite elle s'éloigna.

« Je ne veux pas qu'on la tue ! » s'écria Charmant.

Il commanda donc à ses gens de rester là avec ses chiens, et il suivit la biche. Il semblait qu'elle l'attendait ; mais lorsqu'il était près d'elle, elle s'éloignait en sautant et gambadant. Il avait tant envie de la prendre qu'en la suivant, il fit beaucoup de chemin sans y penser. La nuit vint, et il perdit la biche de vue. Le voilà bien embarrassé, car il ne savait où il était. Tout d'un coup il entendit des instruments, mais ils paraissaient être bien loin. Il suivit ces sons agréables, et arriva enfin à un grand château où l'on donnait ce beau concert. Le portier lui demanda ce qu'il voulait, et le prince lui conta son aventure.

« Soyez le bienvenu, lui dit cet homme, on vous attend pour souper, car la biche blanche appartient à ma maîtresse, et toutes les fois qu'elle la fait sortir c'est pour lui amener compagnie. »

En même temps le portier siffla, et plusieurs domestiques parurent avec des flambeaux et conduisirent le prince dans un appartement bien éclairé. Les meubles de cet appartement n'étaient pas magnifiques, mais tout était si propre et si bien arrangé, que cela faisait plaisir à voir. Aussitôt il aperçut la maîtresse de la maison. Le prince fut ébloui de sa beauté et, s'étant jeté à ses pieds, il ne pouvait parler tant il était occupé à la regarder.

« Levez-vous, mon prince, lui dit-elle en lui donnant la main. Je suis charmée de l'admiration que je vous cause : vous me paraissez si aimable, que je souhaite de tout mon cœur que vous soyez celui qui doit me tirer de ma solitude. Je m'appelle Vraie-Gloire, et je suis immortelle. Je vis dans ce château depuis le commencement du monde en attendant un mari. Un grand nombre de rois sont venus me voir ; mais quoiqu'ils m'eussent juré une fidélité éternelle, ils ont manqué à leur parole, et m'ont abandonnée pour la plus cruelle de mes ennemies.

—Ah ! belle princesse, dit Charmant, peut-on vous oublier quand on vous a vue une fois ? Je jure de n'aimer jamais que vous et, dès ce moment, je vous choisis pour reine.

—Et moi, je vous accepte pour mon roi, lui dit Vraie-Gloire ; mais il ne m'est pas permis de vous épouser encore. Je vais vous faire voir un autre prince qui est dans mon palais, et qui prétend aussi m'épouser. Si j'étais la maîtresse, je vous donnerais la préférence, mais cela ne dépend pas de moi. Il faut que vous me quittiez pendant trois ans, et celui des deux qui me sera le plus fidèle pendant ce temps aura la préférence. »

Charmant fut fort affligé de ces paroles ; mais il le fut bien davantage quand il vit le prince dont Vraie-Gloire lui avait parlé. Il était si beau, il avait tant d'esprit, qu'il craignit que Vraie-Gloire ne l'aimât plus que lui. Il se nommait Absolu et il possédait un grand royaume. Ils soupèrent tous deux avec Vraie-Gloire et furent bien tristes quand il fallut la quitter le matin. Elle leur dit qu'elle les attendait dans trois ans, et ils sortirent ensemble du palais. À peine avaient-ils marché deux cents pas dans la forêt, qu'ils virent un palais bien plus magnifique que celui de Vraie-Gloire : l'or, l'argent, le marbre, les diamants éblouissaient les yeux, les jardins en étaient superbes, et la curiosité les engagea à y entrer. Ils furent bien surpris d'y trouver leur princesse, mais elle avait changé d'atours, sa robe était toute garnie de diamants, ses cheveux en étaient ornés, au lieu que la veille sa parure n'était qu'une robe blanche garnie de fleurs.

« Je vous montrai hier ma maison de campagne, leur dit-elle. Elle me plaisait autrefois ; mais puisque j'ai deux princes pour fiancés, je ne la trouve plus digne de moi. Je l'ai abandonnée pour toujours, et je vous attendrai dans ce palais, car les princes doivent aimer la magnificence. L'or et les pierreries ne sont faits que pour eux ; et quand leurs sujets les voient si magnifiques, ils les respectent davantage. »

En même temps, elle fit passer ses deux fiancés dans une grande salle.

« Je vais vous montrer, leur dit-elle, les portraits de plusieurs princes qui ont voulu m'épouser. En voilà un qu'on nommait Alexandre, que j'aurais épousé, mais il est mort trop jeune. Ce prince, avec un fort petit nombre de troupes, ravagea toute l'Asie et s'en rendit maître. Il m'aimait à la folie, et risqua plusieurs fois sa vie pour me plaire. Voyez cet autre : on le nommait Pyrrhus. Le désir de devenir mon époux l'a engagé à quitter son royaume pour en acquérir d'autres ; il courut toute sa vie, et fut tué malheureusement d'une tuile qu'une femme lui jeta sur la tête. Cet autre se nommait Jules César ; pour mériter mon cœur, il a fait pendant dix ans la guerre dans les Gaules ; il a vaincu Pompée et soumis les Romains. Il eût été mon époux ; mais ayant, contre mon conseil, pardonné à ses ennemis, ils le tuèrent de vingt-deux coups de poignard. »

La princesse leur montra encore un grand nombre de portraits, et leur ayant donné un superbe déjeuner, qui fut servi dans des plats d'or, elle leur dit de continuer leur voyage. Quand ils furent sortis du palais, Absolu dit à Charmant :

« Avouez que la princesse était mille fois plus aimable aujourd'hui avec ses beaux habits qu'elle n'était hier, et qu'elle avait au...

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