Garde rapprochée
EAN13
9782841878963
ISBN
978-2-84187-896-3
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
Roman français
Nombre de pages
343
Dimensions
24 x 15 x 0 cm
Poids
526 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
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Indisponible

DU MÊME AUTEUR

CHEZ LE MÊME ÉDITEUR

Lune de miel, 2006.
L'amour ne meurt jamais, 2006.
La Maison au bord du lac, 2005.
Pour toi, Nicolas, 2004.
La Dernière Prophétie, 2001.

AUX ÉDITIONS LATTÈS

Quatre fers au feu, 2006.
Grand méchant loup, 2006.
Quatre souris vertes, 2005.
Terreur au troisième degré, 2005.
Deuxième chance, 2004.
Noires sont les violettes, 2004.
Beach House, 2003.
Premier à mourir, 2003.
Rouges sont les roses, 2002.
Le Jeu du furet, 2001.
Souffle le vent, 2000.
Au chat et à la souris, 1999.
La Diabolique, 1998.
Jack et Jill, 1997.
Et tombent les filles, 1995.
Le Masque de l'araignée, 1993.

AU FLEUVE NOIR

L'Été des machettes, 2004.
Vendredi noir, 2003.
Celui qui dansait sur les tombes, 2002.

Ce livre a été publié sous le titre
Lifeguard
par Little, Brown & Company, New York, 2005.

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Montréal, Québec, H3N 1W3.

eISBN 978-2-8098-1159-9

Copyright © James Patterson, 2005. Copyright © L'Archipel, 2007, pour la traduction française.

1

— Ne bouge pas! haletai-je, en sueur. Le moindre battement de tes paupières, le moindre souffle risque de me réveiller. Et, si ça arrive, je suis sûr que je me retrouverai en train d'installer des chaises longues au bord de la piscine, à te dévorer du regard en imaginant toutes les merveilles promises par ta beauté. Je ne veux pas me réveiller.

Tess McAuliffe sourit et, dans la profondeur azurée de son regard, je découvris ce qui la rendait irrésistible à mes yeux. Aucun adjectif ne semblait pouvoir qualifier cette femme dont le corps élancé et athlétique et les épais cheveux auburn coiffés en une longue tresse africaine frisaient la perfection. Sans compter son rire communicatif! Nous aimions les mêmes films – Memento, La Famille Tenenbaum, Casablanca–, nous riions aux mêmes blagues... Depuis que je l'avais rencontrée, je ne pensais plus qu'à elle.

Une lueur d'attendrissement traversa son regard.

— Désolée pour ton rêve, Ned, mais il va falloir prendre le risque. Tu es en train de m'écraser le bras.

Elle me poussa et je roulai sur le dos, au milieu des draps défaits, humides et soyeux de sa luxueuse suite. Mon jean, son sarong en imprimé léopard et son bikini noir gisaient épars sur le sol. Moins d'une demi-heure plus tôt, nous étions attablés dans le très chic Café Boulud de Palm Beach, dégustant des hamburgers à trente dollars pièce garnis de faux-filet haché, de foie gras et de truffes. Lorsque sa jambe avait effleuré la mienne, nous avions aussitôt quitté la table.

— Aahhh, soupira Tess, ça va mieux.

Elle se retourna pour prendre appui sur son coude, faisant cliqueter trois bracelets Cartier en or à son poignet.

— Et regardez qui est encore là !

Je pris une profonde inspiration, tâtai le lit autour de moi, puis mon torse et mes jambes, comme pour m'assurer que je ne rêvais pas.

— Je crois que c'est moi, souris-je.

Le soleil de l'après-midi embrasait la suite Bogart du Brazilian Court, un hôtel où j'aurais à peine pu m'offrir un verre. Tess y occupait, depuis deux mois, deux chambres richement aménagées avec vue sur le patio.

— J'espère que tu n'imagines pas que c'est une habitude chez moi, remarqua Tess, subitement embarrassée, le menton posé sur mon torse.

— De quoi parles-tu ?

Je me perdis dans le bleu de ses yeux.

— De quoi veux-tu que je parle? Accepter de déjeuner avec un inconnu rencontré sur la plage. Monter avec lui dans ma chambre en plein après-midi.

— Ah, ça ! m'exclamai-je avec un haussement d'épaules. Ça m'arrive toutes les semaines, à moi !

— Ah oui !

Elle enfonça avec malice son menton entre mes côtes.

Alors que nous nous embrassions, je sentis de nouveau un lien charnel se tisser entre Tess et moi. Je goûtai avec délices ses seins humectés d'une chaude sueur alors que ma main voyageait le long de ses longues jambes de velours, jusqu'à ses fesses. Victime d'un charme magique, je ne pouvais m'arrêter de caresser ce corps nu. Et dire que je pensais, quelques heures plus tôt, avoir oublié ces exquises sensations...

Jackpot ! Ce serait le mot que les habitants de ma ville natale, plus précisément Brockton, dans la banlieue sud de Boston, emploieraient pour désigner une aventure aussi incroyable que ma rencontre avec Tess. L'équivalent d'une victoire contre les Yankees, la découverte d'un billet de cent dollars dans la poche d'un vieux jean ou le tirage du bon numéro à la loterie.

Tess me dévisageait, appuyée sur un coude.

— Qu'est-ce qui te fait sourire ?

— Je pensais juste à la providence. Être ici, avec toi... Tu sais, ça fait un bout de temps que la malchance me colle à la peau.

Elle ondula ses hanches avec grâce et, comme si nos corps se connaissaient par cœur, m'accueillit doucement en elle. Je plongeai dans l'innocence de son regard, puis promenai mes yeux sur cette suite de luxe illuminée par les reflets dorés du soleil, avant de retourner à la contemplation de cette femme stupéfiante, dont je n'aurais même pas osé rêver quelques jours plus tôt.

— Eh bien, félicitations, Ned Kelly, répliqua Tess en posant un doigt sur mes lèvres. Je crois que ta chance est en train de tourner.

2

J'avais rencontré Tess quatre jours auparavant, sur une magnifique plage de sable blanc longeant le North Ocean Boulevard de Palm Beach.

— Ned Kelly, comme le hors-la-loi australien !

C'était ma manière de me présenter. Prononcées dans un bar, avec en bruit de fond le tapage d'une bande de petits truands, ces trois syllabes prenaient toujours une résonance particulière, même si personne ne relevait l'allusion hormis, peut-être, une poignée de buveurs de bière océaniens et de Britanniques.

Ce mardi-là, j'étais assis sur le muret bordant la plage. Je venais de finir le nettoyage du gazebo et de la piscine de Sol Roth, Sollie pour les intimes, à qui je servais d'homme à tout faire. Mon employeur possédait l'une de ces immenses propriétés floridiennes bâties au nord du fameux établissement balnéaire du Breakers, le genre de demeure qu'on admire de la plage en pensant : Woouaah, mais qui peut bien s'offrir ça ?

Je me chargeais de l'entretien du bassin, faisais briller la carrosserie de ses voitures de collection, m'occupais du nettoyage à sec et, en fin de journée, l'accompagnais parfois dans quelques parties de gin-rami au bord de la piscine. Je logeais sur place, dans une chambre au-dessus du garage. Nous nous étions rencontrés au Ta-Boó, ce restaurant huppé où je travaillais comme serveur les soirs de week-end, en plus de mon mi-temps de maître nageur sauveteur à Midtown Beach. Sollie, comme il aimait le rappeler avec humour, m'avait fait une proposition qui ne se refusait pas.

À une époque, j'avais étudié à la fac et même enseigné quelque temps près de chez moi, dans le Nord. Jusqu'à ce que mon petit monde s'effondre. Mes amis de Floride seraient sans doute restés bouche bée s'ils avaient appris que j'étais sur le point d'obtenir un master d'éducation sociale à l'université de Boston. Je ne leur en avais évidemment jamais parlé.

En cette belle journée, j'étais donc assis face à la mer. Je venais de saluer de la main Miriam, la propriétaire de la villa de style méditerranéen voisine, qui se promenait en compagnie de Nicholas et Alexandria, ses deux yorkshires. Quelques gosses surfaient à une centaine de mètres du rivage. Je songeais à faire un peu d'exercice : courir environ un kilomètre au bord de l'eau, revenir à la nage puis finir par un aller-retour à toute allure sur le sable, dans l'air vivifiant de l'océan.

C'est alors que m'était apparue cette créature de rêve.

Vêtue d'un ravissant bikini turquoise, elle se tenait immobile, les chevilles léchées par l'écume des vagues. Négligemment relevés, ses longs cheveux aux reflets roux retombaient en une cascade de boucles balayées par le vent. Le regard perdu vers le large, elle semblait chasser quelques larmes de ses joues, en proie à une profonde tristesse.

Un affreux pressentiment m'ébranla : la plage, les vagues, la jolie fille en mal d'amour... Elle ...

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