Études anglaises - N°2/2012, Flirting With Form. Experimental poetry and contemporary audacity
EAN13
9782252038451
ISBN
978-2-252-03845-1
Éditeur
Klincksieck
Date de publication
Collection
Études anglaises
Nombre de pages
128
Dimensions
23 x 15 x 0,7 cm
Poids
190 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Fiches UNIMARC
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Études anglaises - N°2/2012

Flirting With Form. Experimental poetry and contemporary audacity

Klincksieck

Études anglaises

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Marie-Dominique GARNIER - Madeline Gins's Ors Poetica Or Reading "Critical Beach" (Helen Keller Or Arakawa, 1994)
Except for an isolated attempt at translating one of Arakawa and Gins's early essays, To Not To Die (Pour ne pas mourir), the poetry of Madeline Gins has not, so far, been translated into French—although her first volume Word Rain was published to great acclaim in 1969. Gins's 1994 Helen Keller Or Arakawa belongs to no known genre. Part-“novel” part-aesthetic philosophy and survival manual, it belongs to the genre-to-be of many-body biography, one in which bodies and their surroundings are treated as part of a common bioscleaving project. While “ecosophy” or “ecopoetry” might come to mind as ways of describing the sort of “atmospheric” connectivity Gins and Arakawa are seeking, both terms miss the radical novelty of their biopoetics. At work in Gins and Arakawa is a critique both of the “I” and of the “environment,” each being remodeled into a “sky-of-an-I” and a “surround” or an “atmosphere.” In the last “chapter” (or plateau) of Helen Keller Or Arakawa, a beach gone “critical” speaks a post-human, minor poetic tongue of its own. This essay addresses the “ecopoetics” of critical beach parlance—a beach devoid of any phenomenological horizon. Differential, repetitive, each throw of Gins's poetic dice looks or gropes ahead in the direction of an exopoetics: a turning inside-out of the “innards” of language.
Mise à part la tentative isolée de traduire To Not To Die, un des premiers essais co-écrits par Arakawa et Gins, la poésie de Madeline Gins n'est pas, à ce jour, traduite en français — et cela malgré le fait que son premier recueil, Word Rain, ait été acclamé à sa publication. Le volume in-titulé Helen Keller or Arakawa ne ressortit quant à lui à aucun genre répertorié. Mi-« roman », mi-traité de philosophie esthétique et manuel de survie, cet « essai » poétique relève d'un genre inconnu, celui de la biographie à n-corps — biographie dont les corps et ce qui les entoure relè-vent du même projet de « bioaderrance ». Si des mots-clefs tels que « écosophie » ou « écopoé-sie » peuvent a priori sembler en adéquation avec la connectivité de type « atmosphérique » que cherchent à construire Arakawa et Gins, ces termes restent l'un et l'autre en deçà de leur biopoé-tique d'un genre radicalement nouveau. Une double critique opère chez Gins et Arakawa: celle du sujet, et celle de l'environnement, l'un et l'autre revus et corrigés en « aire-de-je » et en « pa-rages » ou « atmosphère ». Le dernier chapitre (ou plateau) de Helen Keller Or Arakawa donne la parole à une plage devenue « critique », plage post-humaine possédant sa propre langue poé-tique mineure. Il s'agit dans le présent essai d'établir le profil « écopoétique » de cette plage par-lante — et dépourvue du moindre horizon phénoménologique. À chacun des lancers de ses dés poétiques, répétitifs et différentiels, l'écriture de Madeline Gins en appelle à un deve-nir-exopoétique — à une mise au grand dehors du dedans du langage.

Hélène AJI - Un(decidable), Un(creative), Un(precedented), Un(readable), Un(nerving): Christian Bök, Craig Dworkin, Kenneth Goldsmith and Vanessa Place
Attempting to account for the recent emergence of American Conceptual writing, this article picks on five terms that are involved in the preoccupations and theoretical statements apparent in the texts of Christian Bök, Craig Dworkin, Kenneth Goldsmith and Vanessa Place. “Undecidable” in-troduces the debate that presides over the publication of the anthology Against Expression, desi-gned as a manifesto to differentiate Conceptual poets from their Language predecessors. “Un-creative” analyses the stakes of a self-definition of the movement focused on new media and the vogue of digital writing in the winning over of the general public. “Unprecedented” deals with the literary filiation of these poets, a filiation which cannot be reduced to Minimalism in the visual arts but includes Modernist poets, and the procedural work of the Language poets. “Unreadable” theo-rizes the methods of Conceptual writing in the perspective of cultural critique, as détournement proves to be only one of the strategies to undermine established discourses. “Unnerving” con-cludes on the return of ethos and pathos in the context of a logocentric poetics so as to hypothe-size over the objectives of Conceptual writing.
Afin de rendre compte de l'émergence récente de l'écriture conceptuelle américaine, cet article met en jeu cinq termes qui sous-tendent les préoccupations et les déclarations théoriques for-mulées dans les textes de Christian Bök, Craig Dworkin, Kenneth Goldsmith et Vanessa Place. « Indécidable » ouvre sur la discussion qui entoure la publication de l'anthologie Against Expres-sion, pensée comme le manifeste susceptible de distinguer les poètes conceptuels de leurs prédécesseurs, les Language Poets. « Non-créatif » analyse les enjeux d'une autodéfinition du mouvement centrée sur les nouveaux media et la vogue de l'écriture électronique dans le but de conquérir un large public. « Sans précédent » aborde la filiation littéraire de ces poètes, filiation qui ne saurait se réduire au minimalisme plastique, car elle inclut les poètes modernistes, et la poésie à contrainte des Language Poets. « Illisible » fait la théorie des méthodes de l'écriture conceptuelle dans la perspective d'une critique culturelle, où le détournement se révèle n'être qu'une des stratégies mises en œuvre dans la sape des discours conventionnels. « Déstabili-sant » conclut sur le retour de l'éthique et du pathétique, dans le contexte d'une poétique logocen-trique, et propose quelques hypothèses sur les objectifs de l'écriture conceptuelle.

Penelope GALEY-SACKS - Songlines and Entropy in Ron Silliman's Ketjak
Leaning on Ron Silliman's Ketjak, this article demonstrates how the L=A=N=G=U=A=G=E poem defiantly questions the notion of readability. The logic behind flirting with ambiguous reference be-longs to a conscious ebbing of the narrative process structuring our perception of the spatial and the temporal. The unquantifiable “remainder” Barthes sees as inherent to any literary text takes on specific pertinence within the zap-code æsthetics of a poesis that seeks its grounding somewhere between Wittgenstein's highly philosophical interrogation of language and meaning, and the intuitive yet complex en-chanting play of primitive ritual. The poem appears to sprout from the accidental or chance encounter of word with world. In an entropic fashion, it illustrates the highly organized, even mathematical growth of language itself, whilst following the musical logic of polyphony, the songline merging with the poetic.
Prenant à l'appui le Ketjak de Ron Silliman, cet article se propose de montrer comment le L=A=N=G=U=A=G=E poème conjure la notion du lisible. La logique qu'implique la rupture avec la référence littérale est liée à un reflux du narratif et, par conséquent, à la neutralisation de la per-ception linéaire spatiale et temporelle. Le reste non-quantifiable, que Barthes considère comme inhérent au texte littéraire idéal, assume une pertinence nouvelle au sein d'une esthétique de zap-ping qui se cherche dans l'entrelacs de l'interrogation philosophique du langage chez Wittgenstein et le jeu intuitif et en-chanteur du rituel primitif. Le poème semble surgir de la rencontre fortuite ou accidentelle du mot et du monde. Il illustre de manière entropique le développement organisé voire mathématique du langage, tout en suivant une logique polyphonique où la ligne de chant se mêle au poétique.

John SEARS - The Horizon of the Poem: On Matthew Cooperman and Ecopoetics
Matthew Cooperman's poetry offers formally experimental engagements with insistent ecopoetic themes, understood as “habits” (playing on “habitat” and with all the Heideggerian implications of “dwelling”). This essay reads Cooperman's poetry (in A Sacrificial Zinc, 2001, and DaZe, 2006) as carefully modulated explorations of the ecopoetic potentials of the poem. Topographical, cyclical and related tropes are traced through careful readings of individual poems to reveal patterns of connection and repe...

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