Vers un ordre bourgeois ?, Révolution française et changement social
Éditeur
Presses universitaires de Rennes
Date de publication
Collection
Histoire
Nombre de pages
422
Langue
français
Code dewey
944
Fiches UNIMARC
S'identifier

Vers un ordre bourgeois ?

Révolution française et changement social

Presses universitaires de Rennes

Histoire

Offres

  • Aide EAN13 : 9782753530003
    • Fichier PDF, avec DRM Adobe
      Partage

      6 appareils

    9.99

  • Aide EAN13 : 9782753530003
    • Fichier PDF, avec Marquage en filigrane
    9.99

  • Aide EAN13 : 9782753530003
    • Fichier PDF, libre d'utilisation
    • Fichier EPUB, libre d'utilisation
    • Fichier Mobipocket, libre d'utilisation
    • Lecture en ligne, lecture en ligne
    10.99

Autre version disponible

En ce début de xxie siècle, est-il encore concevable de qualifier une
révolution, une société, un comportement... de « bourgeois(e) », terme
volontiers considéré comme suranné voire digne d'un marxisme d'un autre siècle
quand il n'est pas édulcoré dans le vocable gentiment critique de « bobo »
(bourgeois bohême) ? Pour répondre, n'oublions pas que les mots aussi ont une
histoire et celle de « révolution bourgeoise » fut singulièrement contrastée.
Pendant longtemps, la relation qui associait la geste révolutionnaire à
l'avènement de la bourgeoisie s'est imposée avec la force de l'évidence.
D'emblée, les historiens libéraux de la Restauration qualifièrent la
Révolution française de « bourgeoise » ; et pendant plus d'un siècle
l'évidence demeura indiscutée. À partir des années 1950, cependant, le
consensus fut brisé par des historiens comme George Taylor et Alfred Cobban,
qui y virent un insupportable réductionnisme. La notion de « révolution
bourgeoise » prit ensuite un sens de plus en plus polémique, au point qu'à la
fin des années 1980, l'idée même d'une lecture sociale de la Révolution
française a paru, à certains, d'un déterminisme désuet, ignorant l'histoire
politique et culturelle, cultivant « le mythe de la bourgeoisie française »
(S. Maza, 2003). Pourtant, la question des liens entre les dynamiques sociales
et politiques dans l'histoire des révolutions demeure bel et bien posée, de
même que celle de la portée des changements intervenus dans la France
révolutionnée. Alors, n'est-il pas temps de briser ce tabou implicite ? Ce
livre s'y emploie : en croisant les contributions d'historiens européens et
américains, il examine l'usage des notions discutées et il réinterroge
l'événement révolutionnaire en partant des acquis récents d'une histoire moins
cloisonnée, dans laquelle l'histoire sociale et l'identification des
comportements collectifs découlent d'interactions multiples entre rapports
socio-économiques, représentations culturelles et investissements politiques.
Les auteurs ont donc envisagé l'hypothèse d'un nouvel « ordre bourgeois » non
pas comme le résultat de l'inéluctable prise de pouvoir par une bourgeoisie
forcément conquérante, mais comme un processus multifactoriel et cumulatif,
qui se donne à voir ou se dit, parfois se cache. Ce processus se manifeste au
travers d'itinéraires sociaux où la diversité n'empêche pas certaines
convergences, dans l'exercice de fonctions politiques autant que dans de
nouvelles pratiques de l'État et dans un ordre public ou familial réaménagé,
dans les manières de vivre et de voir le monde... Plus qu'une nécessaire mise
à jour d'un débat classique, l'ouvrage invite à s'interroger sur les manières
d'interpréter les changements de société dans la Révolution française, mais
aussi bien au-delà.

S'identifier pour envoyer des commentaires.