Dalida, une vie brûlée, une vie brûlée
EAN13
9782841879557
ISBN
978-2-84187-955-7
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
ARTS, LITTERATU
Nombre de pages
229
Dimensions
22 x 14 x 0 cm
Poids
328 g
Langue
français
Code dewey
920
Fiches UNIMARC
UTF-8 / MARC-8

Dalida, une vie brûlée

une vie brûlée

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Arts, Litteratu

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DU MÊME AUTEUR

Annie Girardot, une vie dérangée, Flammarion, 2011.

Célébrités, 16 morts étranges, L'Archipel, 2010; Archipoche, 2011.

Ces maladies créées par l'homme : comment la dégradation de l'environnement met en péril notre santé, avec Dominique Belpomme, Albin Michel, 2004.

La Double Mort de Romy, Albin Michel, 2002 ; Les Deux Vies de Romy Schneider, Pocket, 2012.

Mouna Ayoub, l'autre vérité, Presses du Châtelet, 2001.

Claude François, le Livre du souvenir, avec Stéphanie Lohr, Sand, 1997.

Je dis tout : les secrets de l'OM sous Tapie, avec Jean-Pierre Bernès, Albin Michel, 1995.

Patricia Kaas, ombre et lumières, Michel Lafon, 1994.

J'irai plaider sur vos tombes, entretiens avec Gilbert Collard, Michel Lafon, 1993.

Coluche, le Livre du souvenir, Sand, 1993 ; rééd. augmentée, Payot, 2006.

Montand, Le Livre du souvenir, Sand, 1992 ; J'ai Lu, 2011.

Gainsbourg, le Livre du souvenir, Sand, 1991 ; rééd. 2006.

McEnroe, champion rebelle, Calmann-Lévy, 1981.

La Tornade, avec Jean-François Larios, Solar, 1980.

Un vélo dans la tête, avec Cyrille Guimard, Solar, 1980.

Borg, Connors, Vilas ; les cannibales, avec Francis Haedens, Calmann-Lévy, 1978.

Moi, Bernard Hinault, avec Bernard Hinault et Olivier Rey, Calmann-Lévy, 1976.

Cahier photo hors texte réalisé
par David Pairé. Crédit : Rancurel.
Photothèque (J.-L. Rancurel, P. Bertrand).

Ce livre constitue une édition revue et augmentée
de Dalida, les larmes de la gloire (Michel Lafon, 1997).

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eISBN 978-2-8098-1199-5

Copyright © L'Archipel, 2007.

Personne ne me volera ma mort.

Dalida à Orlando

Quand une femme garde les cheveux longs après quarante ans, on peut craindre le pire...

Dalida à Pascal Sevran

1

LE DERNIER JOUR

Après les premiers rayons de soleil du printemps, le froid était revenu sur Paris ce samedi-là.

Le froid et la grisaille...

La matinée s'achevait lorsque le téléphone a sonné dans la jolie maison du 11 bis, rue d'Orchampt, nichée en haut de la butte Montmartre.

Dalida n'a pas été surprise. Elle attendait cet appel. Avec impatience. Avec joie.

Un ami cher avait promis de l'appeler pour confirmer le rendez-vous qu'ils avaient pris le soir même.

Ils dîneraient ensemble, en tête à tête, dans un de ces petits bistrots tranquilles où il fait bon échanger projets et confidences... parfois même un peu plus.

Dali s'autoriserait un ou deux verres de vieux bordeaux. Elle picorerait dans son assiette quelques bouchées d'un mets raffiné qu'elle aurait choisi avec soin pour ne pas nuire à sa ligne. Elle écouterait son compagnon lui parler de son travail, des films qu'il avait vus, des livres qu'il avait lus. Elle lui raconterait son récent voyage en Turquie, l'accueil enivrant que lui avait réservé ce pays, où elle venait de donner un récital, à la demande du chef de l'État en personne.

À la fin du repas, la conversation se ferait sans doute plus intime. Dalida et son compagnon abandonneraient le « je » pour le « nous » des secrets partagés.

Ce serait une si agréable soirée !

Hélas, en ce samedi 2 mai, l'homme au bout du fil lui a dit :

— Non, excuse-moi, mais ce soir je ne peux pas.

Peut-être même a-t-il ajouté autre chose qui l'a déçue, meurtrie, égratignée, elle, qui depuis quelques mois, avait les nerfs à fleur de peau, les larmes à fleur de cil.

Dalida s'est retrouvée seule. Avec un long week-end en perspective.

Elle a regardé mélancoliquement les brins de muguet « porte-bonheur » qu'elle avait reçus la veille et qui commençaient déjà à baisser du nez dans leur vase d'opaline.

Elle a tourné en rond un instant. Un instant qui s'est prolongé, prolongé...

Oh ! bien sûr, si elle l'avait voulu, Dalida n'aurait eu qu'un geste à faire pour briser sa solitude.

Roland Ribet, son imprésario, chaleureux, exubérant, bavard, ne l'avait-il pas appelée la veille pour lui dire :

— Je t'emmène au théâtre demain. Nous irons voir Cabaretà Mogador. J'ai deux places. Tu verras, c'est un spectacle formidable.

Dalida lui avait répondu :

— Je ne suis pas sûre d'être libre. J'ai déjà un dîner prévu. Rappelle-moi demain. On verra à ce moment-là.

Effectivement, Roland a téléphoné au cours de l'après-midi. Qu'est-ce qui a alors poussé Dalida à refuser avec ces mots :

— Désolée, Roland, je ne me sens pas en forme. Excuse-moi. Une autre fois...

Et comme il insistait, elle a ajouté :

— Ne t'inquiète pas. Ce n'est qu'un coup de fatigue passager. De toute façon, je ne suis pas seule, Jacqueline reste dormir avec moi...

Jacqueline, l'habilleuse de Dalida. Son habilleuse et même beaucoup plus que cela. C'est une des personnes qui lui est la plus proche. Une amie, une confidente qui est aussi secrétaire, assistante, cuisinière, coiffeuse quand il le faut.

Alors, soit, si Jacqueline était là, Roland Ribet n'avait pas lieu de s'inquiéter !

Seulement voilà, à Jacqueline, ce jour-là, Dalida avait décidé de mentir.

— Sauve-toi, lui a-t-elle déclaré affectueusement. Ce soir, je n'ai pas besoin de toi. Je vais au théâtre avec Roland.

Alors Jacqueline est partie.

— Et, surtout, ne viens pas trop tôt demain, lui a lancé « Dali ». J'ai l'intention de faire la grasse matinée. La Turquie m'a épuisée. J'ai besoin de récupérer...

— OK, je passerai vers midi.

— Non, ne viens pas avant 17 heures !

Va pour 17 heures. Jacqueline sait bien que, dans le monde du show-business, on n'a pas d'heure pour se coucher et encore moins pour se lever. Et puis, Roland Ribet est un délicieux camarade pour sa patronne. Il l'invitera à souper après le spectacle. Il la raccompagnera, la dorlotera, la bordera dans son lit. Bref, ce soir-là Dalida sera entre de bonnes mains.

Pauvre Jacqueline qui, tranquille et sereine, a quitté la maison familière.

Pauvre Jacqueline qui, le lendemain à l'heure dite, a découvert un poignant spectacle...

Lorsque son habilleuse a fermé la porte, Dalida savait déjà ce qu'elle allait faire.

Dans l'armoire de toilette, dans la petite salle de bains attenante à sa chambre, au premier étage, il y avait tout ce qu'il faut...

Pour avoir déjà, à deux reprises, tenté de mettre fin à sa vie, Dali, la star de lumière secrètement hantée par l'obscurité, connaissait les moyens de couper court à son mal de vivre.

Elle n'a pas tardé à réunir le nombre de cachets nécessaires. Ils étaient dans la maison – dispersés peut-être pour échapper aux regards vigilants de ceux qui l'aimaient – mais elle savait où les trouver.

Six tubes... Dalida a jugé qu'il en fallait autant. Cette fois, elle ne voulait pas se rater.

Elle a mis de l'ordre dans la maison. Elle a revêtu un déshabillé de soie blanche. Dans sa salle de bains, elle a pris soin d'avaler par poignées les petites pilules et de jeter l'emballage vide dans la corbeille à papiers. Puis, elle a tracé quelques mots sur un carton blanc.

Son ultime message. Son dernier adieu : « La vie m'est insupportable. Pardonnez-moi. »

Ce billet, Dalida ne l'a pas cacheté dans une enveloppe. Il était pour tout le monde, sa famille, ses amis, son public. Elle l'a posé bien en évidence sur le bouddha d'or qui veillait sur sa chambre.

Alors, elle s'est dirigée vers son lit. Un grand et beau lit fait pour l'amour, garni de coussins, abrité de voilages.

Elle s'est allongée...

Dans un dernier geste de coquetterie, elle a mis devant ses yeux une paire de lunettes noires, sans doute pour cacher à ceux qui la retrouveraient les stigmates de la mort.

Puis, pour parfaire son suicide, elle a pris un verre qu'elle a rempli de whisky. Elle l'a bu d'un trait, elle qui détestait tant l'alcool. Elle a eu le temps de caler derrière son dos, au creux de sa nuque, un gros coussin chamarré. Elle a pris la pose – pathétique et émouvante intention d'artiste et de femme soucieuse de séduire jusque dans la mort –, puis elle s'est endormie.

Jacqueline allait la retrouver le lendemain, toujours belle, dans l'écrin de soie et de lamé qu'elle avait choisi pour partir.

S...

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