Lévinhiac - L'événement
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
170
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Lévinhiac - L'événement

Anfortas

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Extrait
N jours dans le passé
Lévinhiac – stop – la Lucienne Bonne Femme épouse le Julien Bonhomme – stop – enrichissent la société d'un garçon – stop – appelé l'Étienne – stop – — Action – souvenir ;
La lumière éblouit mes yeux. Des gens s'affairent autour de moi. On me prend dans de gros machins plein de petits bouts de trucs, on me secoue, mais ils sont fous, ils me font mal, je vais crier, je crie !
— Ouin ! Ouin !
— Ne pleure pas, ne pleure pas l'Étienne, insista la Lucienne. Soit sage !
Elle caressa les cheveux blonds de l'Étienne.
Quelle est douce cette grosse main sur mon crâne ! Je ne sais pas où je suis, pensait l'Étienne, mais les gens ont l'air heureux de me voir et ils m'amusent avec leurs grimaces.
— La Lucienne, ce bébé l'Étienne, vous plaît-il ? demanda l'accoucheur, si vous me répondez non, nous vous l'échangerons et si vous me répondez oui, vous le garderez.
— Non, je vous remercie, mais je réponds oui. Il est trop trognon, on en mangerait.
— Faites, dit l'accoucheur.
Écoutant l'accoucheur, la Lucienne à pleines dents croqua, coupa, mâchouilla le cordon ombilical qui reliait l'enfant au centre neuromamère.
La vie de l'Étienne commençait par une belle journée ensoleillée éclairée de rayons de lune.
— Je peux l'emmener, Monsieur l'accoucheur ?
— Oui, la Lucienne, maintenant vous vous appellerez la Mère.
— Je vous remercie encore pour la gestation.
Saluant une dernière fois l'accoucheur, la Mère partit emportant dans son panier d'osier, un kilo de chat rôti et l'Étienne gros de six livres.
L'Étienne perdu dans ses souvenirs voyageait sa vie.
— Étienne, assieds-toi ! Clama le professeur, tu n'es pas ici sous un chapiteau !
L'Étienne s'étirait sur le banc en faux bois, à son côté se trouvait le Benoît...
Ils s'étaient retrouvés dans la classe préparatoire, après s'être quittés aux marches du souvenir, et depuis, ils ne cessaient de troubler les cours d'enseignement. D'année en année, de bêtises en bêtises, ils avaient grandi dans leur illusion d'indépendance. Ils arrivaient maintenant au seuil du responsable sans s'en rendre compte.
... D'un regard complice, ils amusaient les autres étudiants en imitant les animaux disparus. Le rire fut général quand ils imitèrent les roucoulements amoureux de deux pigeons.
— Vous n'avez pas fini tous les deux ?! insista le professeur, à votre âge ! Mais que vous a-t-on enseigné en primaire ?
Le silence se faisait, il se retournait vers le tableau noir pour inscrire en lettres brillantes la bonne réponse quand il ajouta :
— Vous ne deviendrez jamais de bons travailleurs ni des chômeurs, mais sûrement des fainéants.
Les fainéants étaient chargés de rien, ne pouvaient rien faire, n'avaient aucune considération des autres castes et s'occupaient de reproduire à la neuromamère. Ils y passaient une fois de temps en temps, entre deux flemmes, pour une ponction.
À ces mots, l'Étienne et le Benoît s'affligèrent.
— De toute façon, apostropha le Benoît, nous ne terminerons pas travailleur puisque chaque jour vous nous le répétez, et de plus, c'est vous qui sélectionnez. Alors, pourquoi nous le faire remarquer d'une manière désobligeante ? D'ailleurs, je ne vois pas ce qu'il y a de désobligeant à être fainéant, car sans les fainéants, vous ne seriez pas là et nous n'ont plus !
Effectivement, le professeur était un parvenu des cours du soir et fier de s'être soustrait à la caste des travailleurs.
Tous les autres professeurs étaient issus des castes supérieures, celles-ci que l'on connaissait très mal avaient, disait-on, le privilège de se reproduire en faisant l'amour. Les autres castes étaient enfantées et réglementées par la neuromamère qui, après prélèvement des ovules et des spermatozoïdes dans la caste des fainéants, donnait à la société des enfants sains ; les donneurs étaient en pleine possession de leurs moyens puisqu'ils ne faisaient rien, et à leur tour ils deviendraient à l'âge adulte des travailleurs, des chômeurs ou des fainéants. La boucle était bouclée.
L'Étienne acquiesçait de la tête aux dires du Benoît, et ajouta « bien envoyé ». La phrase s'écrasa sur le tableau noir, brisant la solution lumineuse d'un problème nébuleux.
Le professeur vexé, les yeux rouges gorgés de problèmes sans solution, se retourna et saisit l'entonnoir à sélection. Il visa le groupe du Benoît et de l'Étienne, et appuya sur le déclencheur souple. Le Benoît et l'Étienne furent absorbés dans l'entonnoir et expulsés à l'extérieur de l'enceinte du collège. Ils se retrouvèrent sur la place aux fainéants

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