Belle-mère ou maratre, Quel rôle pour la femme du père ?
EAN13
9782809800258
ISBN
978-2-8098-0025-8
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
Archipsy
Nombre de pages
240
Dimensions
10 x 10 x 2 cm
Poids
302 g
Langue
français
Code dewey
150
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Belle-mère ou maratre

Quel rôle pour la femme du père ?

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Archipel

Archipsy

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Le Manager global : comment piloter une équipe multiculturelle, Dunod, 2004.

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Le Complexe de Barbe-Bleue, Jean-Albert Meynard, 2006.

Le volant rend-il fou ?, Jean-Marc Antoine Bailet, 2006.

Changer ? Moi, jamais, Pascal Neveu, 2008.

Collection « Archipsy »
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eISBN 978-2-8098-1082-0

Copyright © L'Archipel, 2008.

Préface

Le qualificatif désuet de « marâtre » fait référence à des temps anciens où le principe était la stabilité de l'institution familiale. La nouvelle femme du père, la belle-mère, était souvent ainsi désignée, ce qui en disait long sur sa place dans la famille et ses relations avec ses beaux-enfants.

Il est intéressant, alors que de nombreux reportages décrivent des familles recomposées « idéales », qu'une association de belles-mères des temps modernes ait choisi – en forme d'humour et de provocation – de créer un club de « marâtres » pour échanger sur leurs expériences et trouver des solutions constructives.

Nous sommes en effet confrontés à une véritable question de société dans la mesure où plus de 1,5 million d'enfants vivent actuellement à plein temps avec un beau-père ou une belle-mère. De plus, si l'on prend en compte les 2,7 millions d'enfants qui vivent dans des familles monoparentales susceptibles de se recomposer à tout moment et les 30 000 à 50 000 enfants qui sont élevés dans une famille homoparentale, c'est un enfant sur quatre qui ne vit pas avec ses deux parents au quotidien.

En quarante ans, l'évolution des modes de vie a boulevers é les représentations traditionnelles de notre société, transformant l'institution familiale et les rôles de chacun, non sans conséquences sur les modes de vie des enfants.

Les recompositions familiales placent l'enfant devant un double problème dont la résolution est essentielle pour son équilibre psychique : d'une part, la continuité de sa relation avec son parent qui n'a pas la « garde » permanente; d'autre part, la place du tiers, le beau-parent, qui partage sa vie et participe à des degrés divers à son éducation, et avec lequel il est amené au fil du temps à nouer des liens affectifs.

Ce livre, réalisé par la fondatrice du Club des Marâtres avec la collaboration d'un psychologue, est axé essentiellement sur le rôle et la place des belles-mères. Il pose plus largement la question de la juste place du beau-parent qui vit avec les enfants de son conjoint, tout en veillant à ne pas empiéter sur l'espace relationnel et juridique du parent « non gardien ». Il y va de l'intérêt supérieur des enfants qui ont besoin de trouver leur équilibre dans un environnement familial en évolution et de se positionner à l'égard de ces tiers qui leur sont imposés au quotidien.

La psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval utilise une expression qui illustre bien ce mouvement permanent caractérisant la vie des enfants d'aujourd'hui : « Les enfants sont en circulation, aidons-les à circuler. » Tous les spécialistes de l'enfance soulignent l'importance de préserver les enfants des conséquences psychoaffectives des ruptures répétées et la nécessité d'organiser leur vie quotidienne en accompagnant au mieux les inévitables séparations.

L'expérience du Club des Marâtres montre, à travers de nombreux exemples, que les familles recomposées peuvent être amenées à vivre différentes étapes délicates, voire conflictuelles, avant que chacun trouve sa juste place.

L'équilibre est d'autant plus difficile à atteindre que la séparation des parents s'est faite dans la discorde. La médiation familiale est une voie encore insuffisamment utilisée pour permettre à chacun des parents séparés de réaliser la transformation du couple conjugal en un couple parental apaisé. L'enjeu de la médiation consiste à aider l'enfant à maintenir une relation forte avec ses deux parents séparés tout en s'autorisant à nouer des liens affectifs avec ses beaux-parents et leurs éventuels enfants, sans se trouver pris dans des conflits de loyauté perturbant son équilibre psychique.

Le droit français, qui s'est pourtant adapté à plusieurs reprises depuis quarante ans à l'évolution des familles, nécessite d'être encore légèrement aménagé pour aider les familles recomposées à trouver des solutions de vie harmonieuses. C'est dans cet esprit que j'ai proposé d'instaurer un « statut des tiers », qui d'une part reconnaisse une place (notamment aux beaux-parents qui s'investissent dans l'éducation des enfants de leur conjoint), et qui, d'autre part, permette à l'enfant qui le souhaite de maintenir des relations personnelles avec les beaux-parents avec lesquels il a partagé des années de vie et noué des liens affectifs forts.

Ce statut des tiers, proposé au président de la République qui en a retenu le principe, comprend plusieurs formules adaptables à la variété des situations. La plus simple consiste en un mandat d'éducation ponctuel permettant à un tiers (beau-parent, grand-parent...) d'accomplir pour l'enfant un acte de la vie courante (l'accompagner à l'école, l'emmener chez le dentiste...). Une formule plus complète vise à instituer une convention permettant à un parent de partager de façon durable tout ou partie de son autorité parentale avec un tiers, mais dans la limite des actes usuels de la vie quotidienne de l'enfant. En revanche, les actes graves relatifs à la santé (intervention chirurgicale, etc.), à la scolarité (changement d'école, etc.), à la religion (bapt ême, etc.) ou aux voyages à l'étranger, nécessiteront toujours l'accord de l'autre parent.

De toute façon, ce statut des tiers a été conçu comme une série d'outils juridiques facultatifs (il ne peut y avoir de droit à ce statut du seul fait que l'on est beau-parent) et réversibles (on peut mettre fin à tout moment par simple déclaration au mandat d'éducation ponctuel ou à la convention de partage de l'exercice de l'autorité parentale). De même, il n'a pas vocation à empiéter sur les prérogatives de l'autre parent « biologique » qui doit toujours être associé aux décisions importantes concernant son enfant. Cependant, il instituerait un véritable droit pour l'enfant à rester en contact avec les tiers qui comptent pour lui. Le juge resterait bien sûr le garant du respect de la place de chacun.

À l'heure des grandes métamorphoses de la vie familiale il est plus que jamais nécessaire de placer l'intérêt supérieur de l'enfant au cœur de toutes les décisions qui le concernent et de l'aider à se construire en évitant les ruptures affectives répétitives et les choix cornéliens. Pour cela, il faut lui permettre d'exprimer une parole libre de toute influence.

Dominique Versini
Défenseure des enfants

www.defenseurdesenfants.fr : rapport annuel 2006 de la Défenseure des enfants : « L'enfant au cœur des nouvelles parentalités, pour un statut des tiers qui partagent ou ont partagé la vie d'un enfant et ont des liens affectifs forts avec lui. »

Avant-propos

Né de la collaboration d'un psychothérapeute chercheur et de la fondatrice de belles-mères le Club des Marâtres, cet ouvrage est avant tout le fruit d'une rencontre. D'un côté, le chercheur s'est appuyé sur les témoignages de soixante-cinq belles-m ères pour procéder à leur analyse rigoureuse et scientifique ; de l'autre, la fondatrice du Club des Marâtres a recueilli les confidences des quelque trois cents membres de son association, qui lui ont parlé...

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