Ornella ou L'enfance retrouvée
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
228
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Ornella ou L'enfance retrouvée

Anfortas

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Extrait

Chapitre 2

Gabriella courut aussi vite que le permettait le sol irrégulier du vieux tunnel percé trois siècles auparavant et dont la voute n'était guère plus haute que la jeune fille. Débouchant sur le versant français, éblouie face au soleil du soir, elle s'arrêta un bon moment pour reprendre haleine et surtout attendre l'arrivée de Marco. Mais de Marco, point. Gabriella s'efforça de se rassurer : « Sans doute, songeat - elle, a-t-il dû, pour donner le change, redescendre avec ces gens, des miliciens certainement : il lui était difficile, en leur présence, d'emprunter le tunnel ! Mais que peut-il craindre, en dehors du fait d'avoir franchi une pancarte ?... »
Elle entama la descente d'un bon pas à travers la prairie alpine, contourna à bonne distance un refuge – le refuge du Viso, côté français – hésitant à y faire halte : elle aurait aimé se désaltérer ; mais vu la saison et l'heure, sa venue aurait eu quelque chose d'insolite. Il valait mieux ne pas se faire remarquer et s'éloigner le plus vite possible de la frontière avant la tombée du jour.
Peu à peu, la prairie fit place aux pins cembro, réputation et fortune du Queyras. Le chemin, s'assombrissant, serpentait entre les grands arbres.
Tout à coup, trois hommes surgirent, lui barrant la route :
— Toi, s'écria l'un d'eux, toi, tu viens d'Italie, hein ?
Gabriella prit peur, crut avoir affaire une deuxième fois aux milices de Mussolini, puis réalisa vite qu'elle se trouvait désormais sur le sol de France. En fait, ce n'était guère mieux. Il s'agissait cette fois-ci de détrousseurs qui, à la nuit tombante, rançonnaient les malheureux Italiens isolés.
— Tu sors du tunnel, et tu émigres en France, pas vrai ?
— ...
— T'as du fric ?
— ...
— T'as perdu ta langue ? Allez : aboule ton fric...
— Je n'en ai pas beaucoup, Monsieur ; et il me faut prendre le train...
— Tu vas où ?
— Du côté de Toulouse.
— Oh, ben, jolie comme t'es, tu sauras te débrouiller ! T'as intérêt à casquer, ma belle ; sinon on te ramène de l'autre côté du tunnel et crois-moi, les copains à Benito t'y accueilleront joyeusement.
Un autre larron enchaîna :
— C'est vrai qu'elle est mignonne, la petite Ritale : dites donc, les gars, hein, ça vous dit pas qu'on s'amuse un peu ?

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