Le Thé des Amants
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
326
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Le Thé des Amants

Anfortas

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Extrait

Le premier concours blanc débuta mi-décembre à un rythme soutenu, une épreuve de six heures par jour durant une semaine. On avait scindé la classe en deux pour mieux nous isoler, comme si nous avions le coeur à tricher. Ce matin-là, un mistral glacial s'engouffrait sous les arcades de la cour. Nous attendions en petits groupes devant les classes, partagés entre l'envie d'être au chaud et la peur d'entrer. Même Odile en avait perdu son assurance : adossée à un pilier, elle rongeait nerveusement l'ongle de son pouce tandis que je me frottais les mains l'une contre l'autre sans parvenir à les réchauffer. Brusquement, mon amie changea d'expression avant de quitter son refuge pour se précipiter dans la cour.
— Que fais-tu là ? s'exclama-t-elle.
Plusieurs élèves se retournèrent pour la regarder. J'avançai d'un pas, me demandant à qui elle pouvait s'adresser ainsi. Le pilier masquait en partie le nouvel arrivant, mais je n'osais avancer plus.
— Mon devoir, ma chère. J'ai été réquisitionné en haut lieu pour vous surveiller.
Le décalage entre la voix posée et le ton ironique m'intrigua. Aucun professeur du lycée ne se serait exprimé ainsi.
— Pourquoi ne me l'as-tu pas dit hier soir ? demanda Odile.
— Je viens de l'apprendre. Ménard a attrapé la grippe...
Comme les portes s'ouvraient, je n'entendis pas la suite. Quelqu'un me poussa, ce qui m'obligea à suivre le mouvement. Au moment où j'allais entrer, Odile me rattrapa :
— C'est François ton surveillant ! Tu as une de ces veines, regarde qui je me tape, soupira- t-elle en désignant le professeur d'histoire qui arrivait au pas de charge.
— François !? François... ton cousin ?
À l'idée de faire sa connaissance, j'en oubliai la dissertation qui nous attendait. Ce n'était pourtant pas le moment de me laisser distraire par un garçon dont j'ignorais tout, à part l'écriture... quoique, sa voix aussi me plaisait.
— Bien sûr ! Qui veux-tu que ce soit ? me répondit Odile en haussant les épaules. Je te laisse. Bon courage !
Je n'eus que le temps de murmurer :
— À toi aussi. À tout à l'heure.
— À tout à l'heure.

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