FIN DE VIE, vivre ou mourir, tout savoir sur vos droits
EAN13
9782841879328
ISBN
978-2-84187-932-8
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
POLITIQUE, IDEE
Nombre de pages
287
Dimensions
22 x 14 x 0 cm
Poids
372 g
Langue
français
Code dewey
344.44
Fiches UNIMARC
UTF-8 / MARC-8

Fin De Vie

vivre ou mourir, tout savoir sur vos droits

De

Archipel

Politique, Idee

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DU MÊME AUTEUR

Agressions sexuelles : la réponse judiciaire, Odile Jacob, 2002.

Euthanasie, l'alternative judiciaire, L'Harmattan, 2004.

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eISBN 978-2-8098-1187-2

Copyright © 2007, Bernard Pascuito Éditeur - Éditions de L'Archipel.

Préface

Lorsque Gilles Antonowicz, que je ne connais pas, m'a écrit pour me demander de préfacer son livre, j'ai commencé par avoir un mouvement de recul. « Fin de vie » : quelle est ma légitimité, mon autorité pour aborder un thème pareil ? Pourquoi moi ?

Je veux bien, je sais bien qu'un responsable politique, et notamment un législateur, ce qui est ma qualité présente, soit par définition et aussi par fonction polyvalent.

Tout de même, il y a des domaines que l'on maîtrise, et d'autres moins. Et j'ai, ma vie durant, suffisamment vitupéré certains de mes collègues en incriminant leur incompétence pour me garder de tomber dans ce travers.

J'ai pourtant accepté de préfacer ce livre. Pour trois raisons.

La première est qu'il traite d'un immense problème, qui peut parfaitement concerner la totalité d'entre nous, vous lecteur comme moi, notamment. La gravité de la question de l'euthanasie s'impose à l'évidence. Et, statistiquement, ce n'est pas une exception rarissime. Le problème paraît se poser pour quelques dizaines de milliers de personnes par an en France.

La deuxième raison découle de la première, elle est subjective et intéressée : je me suis dit qu'on m'offrait là une occasion rare de découvrir, d'apprendre, et que l'importance du sujet m'en faisait un devoir.

La troisième raison est qu'il ne s'agit pas seulement d'information, mais d'une cause à défendre. Intuitivement, sans être entré dans le détail du sujet, j'ai toujours été choqué par l'acharnement thérapeutique. J'ai ressenti ce que je suis tenté d'appeler un doute ou une mélancolie de législateur lorsque j'ai compris que pendant des siècles, mais surtout avec le raffinement technique qu'a seul permis le XXe siècle – et ce jusqu'aux récentes lois Kouchner (2002) et Leonetti (2005) –, nos lois faisaient de cet acharnement thérapeutique, pour le corps médical, une obligation au non-respect très lourdement sanctionnée.

J'ai, par exemple, été profondément scandalisé par ce qui est arrivé à Mme Humbert et au docteur Chaussoy lors de l'affaire Vincent Humbert, qui est dans toutes les mémoires. Or Gilles Antonowicz nous apprend que l'affaire n'est toujours pas réglée, et que les timides amorces de solution esquissées dans les lois que je viens de citer ne permettent toujours pas de choisir de mourir pour éviter soit la souffrance, soit la déchéance, soit les deux, dans des conditions dignes et non douloureuses. Vous pouvez toujours, en France vous tirer une balle dans la tête, vous pendre ou vous jeter dans le vide. Ce n'est plus un délit et quiconque vous aura donné le pistolet ou la corde ne saurait être traduit en justice pour cela. Mais vous ne pouvez ni ingurgiter ni vous injecter une substance létale non douloureuse. Le concept de civilisation implique à mon sens la liberté de choix, et la loi a certes légèrement progressé dans ce sens, mais la barbarie préside toujours à la sélection des moyens. Il est essentiel de légiférer de nouveau.

Naturellement, l'affaire est délicate, l'abus toujours possible, et la nature humaine suffisamment vile pour qu'il faille craindre que certains n'utilisent les éventuelles imprécisions ou lacunes de la loi pour rouvrir la confusion entre l'euthanasie et le meurtre ou l'assassinat, que justement la difficultueuse aventure législative de ces dernières années commence à distinguer clairement.

De fait, le sujet, à juste raison, fait peur, et cela explique mon hésitation initiale. Mais la difficulté et la gravité du sujet ne sont en rien une excuse pour ne pas oser l'aborder. Comme pour la peine de mort et l'interruption volontaire de grossesse, il est vain d'espérer avancer sur ce point dans le consensus. La bataille fait toujours rage. C'est une bataille de liberté, donc de civilisation. L'idée de me défiler m'a fait horreur.

Gilles Antonowicz a nommé ce livre Fin de vie. Ce titre est bien modeste et ne dit pas tout de son contenu. Il tient en effet du guide juridique, mais aussi du réquisitoire et du pamphlet.

L'ordre judicieux de ses questions vous fera vivre l'aventure de l'euthanasie au fil des siècles comme une manière de roman policier où les forces de la liberté et de la dignité traquent celles du meurtre et du dogmatisme barbare devant les prétoires comme devant l'opinion dans un amoncellement étourdissant de considérations juridiques touchant le détail des circonstances, des faits et des intentions. Vous apprendrez que les Celtes disposaient d'un marteau sacré pour fracasser le crâne de quiconque souffrait trop, que l'empereur Hadrien avait compétence pour autoriser le suicide de tel ou tel de ses officiers. Vous découvrirez les batailles d'opinion devant le droit comme devant l'Église, et le long malaise, bien plus secret, du corps médical qui, dans le silence de ses consciences, a toujours porté seul la responsabilité d'introduire un peu d'humanité là où le dogme et le droit l'empêchaient.

Vous apprendrez aussi tout à la fois la noblesse et la générosité des soins palliatifs, en même temps que leurs limites et leur tragique impuissance.

Vous entrerez ensuite, en spectateur complice, dans l'intelligence de cette phase de l'extrême fin du XXe siècle et des débuts du XXIe où l'immobilité législative séculaire est remplacée par une frénésie législative intense mais balbutiante.

Et puis, le polar se termine sur une béance. Le problème reste non résolu. La liberté de choisir de mourir décemment et sans douleur, si la souffrance ou le refus de la déchéance vous y conduisent, n'est toujours pas assurée.

Ce livre est donc aussi une superbe incitation à la prise de position, une manière de manifeste que je suis heureux et fier de présenter au public.

Michel ROCARD

Avant-propos

Cela se passait au XIXe siècle, une époque où les querelles d'honneur se réglaient encore sur le pré... Ce jour-là, Sainte-Beuve, le critique littéraire le plus célèbre de son temps, se réveilla de fort méchante humeur : il devait se battre en duel avec un certain Dubois, qu'il avait égratigné de sa plume. De plus, un malheur n'arrivant jamais seul, il pleuvait des cordes... Protégé tant bien que mal par son parapluie, il se dirigea vers le lieu du rendez-vous en compagnie de ses témoins. Arrivé sur place, il avisa son adversaire en compagnie des siens, réfugiés sous une balustrade. Les six hommes convinrent des conditions du combat : au visé, avec quatre balles au commandement, à vingt-cinq pas.

Sous la pluie battante, l'offenseur et l'offensé se mirent en position, le sieur Dubois tête nue, et Sainte-Beuve toujours muni de son parapluie. Tirer de la main droite en tenant un parapluie de la main gauche défiait pourtant les règles de l'art ! Alarmés, ses témoins insistèrent pour qu'il accepte de s'en défaire. Sainte-Beuve refusa énergiquement et, pour clore la discussion, eut cette phrase étonnante : « Je veux bien mourir tué, mais pas mouillé ! » Et il tira.

Ses deux balles se perdirent dans les nuages. Fort heureusement pour lui, le sieur Dubois ne se montra pas plus adroit. Après s'être serré la main, l'honneur sauf, les deux hommes regagnèrent leur domicile, le premier, trempé, et le second, au sec...

Dans l'exercice de sa liberté, Sainte-Beuve avait agi par inconscience, insouciance ou coquetterie. Si l'anecdote est futile, le mot de Sainte-Beuve nous interpelle en d'autres circonstances, plus dramatiques.

Un individu se trouvant dans un état de souffrance ou de détresse insupportable, non maîtrisable, consécutif à un accident ou à une affection pathologique, ou atteint d'une maladie dégénérative incurable, peut en effet parfaitement accepter la mort, la regarder en face, mais refuser les conditions dan...

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