Dolto expliquée aux parents
EAN13
9782809800609
ISBN
978-2-8098-0060-9
Éditeur
Archipel
Date de publication
Collection
Archipsy
Nombre de pages
240
Dimensions
22 x 14 x 0 cm
Poids
310 g
Langue
français
Code dewey
155.4
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Dolto expliquée aux parents

De

Archipel

Archipsy

Indisponible

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DU MÊME AUTEUR

Du bonheur d'être fragile, Albin Michel, 2007.

L'Impasse narcissique du libéralisme,« Climats », Flammarion, 2007.

Freud pour les parents, L'Archipel, 2006.

Croire en soi, ou la confiance perdue et retrouvée, L'Archipel, 2004.

Le Complexe d'Ubu, ou la névrose libérale, Fayard, 2004.

Telle fille, quel père ?, L'Archipel, 2002 ; J'ai Lu, 2004.

La Psychanalyse, « Idées reçues », Le Cavalier bleu, 2002.

La Psychanalyse sans complexes, L'Archipel, 2000 ; J'ai Lu, 2003.e9782809802627_i0001.jpg

978-2-809-80262-7

Copyright © L'Archipel, 2008.

À mes petits-enfants, Rebecca et Mathis.

Mes remerciements à Agnès Salomon
pour ses précieux conseils.

Sommaire

DU MÊME AUTEUR
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Dédicace
Dix ans après

Dix ans après

Dix ans après sa première publication, vingt ans après la mort de Françoise Dolto, cent ans après sa naissance, ce livre reparaît. J'exprimais le vœu, dans mon avant-propos de 1998, d'écrire dans un langage aussi accessible que possible, tout en cherchant à ne pas trahir la spécificité ni la complexité de sa pensée. L'accueil que lui ont réservé les lecteurs, dont je les remercie, les témoignages touchants que j'en ai reçus donnent à penser que le pari a été plutôt tenu.

Dix ans pendant lesquels Françoise Dolto est devenue un « lieu commun » – si le lieu commun est celui que tous partagent. Car, en bien des points, ce que Françoise Dolto avançait est devenu une évidence. À tel point qu'ils ne lui sont même plus attribués. Comme une chanson, disais-je en pensant à Charles Trenet, dont on a oublié le nom de l'auteur, après que le poète a disparu...

Quelles sont ces évidences que nous lui devons ?

Lorsque Françoise Dolto commença à écouter les enfants, il y a une soixantaine d'années, le diagnostic de psychose était fatal et conduisait à l'hôpital psychiatrique. Aujourd'hui, dans tout centre médico-psychologique, il arrive que l'on sorte d'affaire des petits enfants présentant un tableau autistique ou psychotique. Pas tous, bien sûr, et pas toujours. Mais tout soignant aborde ces cas en sachant que c'est possible. En même temps, l'enthousiasme des élèves de Dolto s'est modéré. On ne l'idéalise plus et l'on ne croit plus dans la toute-puissance de l'interprétation d'un signifiant ! Mais, de fait, des enfants qui, dès l'âge de un à deux ans, auraient été condamnés à un futur asilaire entrent aujourd'hui à l'école primaire (indépendamment de l'incitation à l'insertion systématique des handicapés qu'énonce la loi de 2005, et dont on ne connaît pas encore les effets).

C'est que Françoise Dolto fit remonter la psychanalyse, bien avant la phase œdipienne si chère à Sigmund Freud, jusqu'aux temps archaïques. Non pas en sombrant dans la nébuleuse teintée de mysticisme qu'évoque cette notion, mais en faisant du temps d'avant la naissance et des premiers mois de la vie extra-utérine le début d'une histoire dont on retrouve plus tard la trace. C'est dire que le fœtus est dans un bain de langage, qu'il perçoit déjà la rythmique et les sonorités du parler maternel comme celles de « l'autre voix » ; et que le bébé accède au sens global de ce qu'on lui dit. Dès lors, pourquoi ne pas parler aux bébés, comme le fit, la première, Françoise Dolto ? Aujourd'hui, cela paraît tout naturel aux mères. C'est que l'enfant n'est plus l'infans, privé de langage, pas tout à fait humain. Il est devenu une personne.

Françoise Dolto n'a certes pas créé seule cette mutation de la vision de l'enfant. Mais elle l'a accompagné, elle lui a apporté une contribution forte. Tout en en précisant le « cadre », comme on dit en psychanalyse. Car reconnaître l'enfant, c'est reconnaître sa différence. Ce n'est pas le traiter en adulte miniature, mais savoir l'entendre et le respecter dans sa logique propre, qui vaut bien la nôtre. Notre mythe du développement de l'enfant, du presque rien au tout de l'adulte, nous aveugle sur ce point : « l'intelligence symbolique est étale de la conception à la mort1 », dit Françoise Dolto. C'est-à-dire que la compréhension du sens des choses n'a rien à voir avec l'intelligence calculatrice et rationnelle.

Que l'enfant soit une personne, c'est aujourd'hui une évidence. Il est même devenu un roi ! À ce titre, il est devenu le phallus des parents, leur idéal, et ils attendent d'être aimés et reconnus de lui. Sur ce point, Dolto s'éloigne de la doxa actuelle. « Les parents éduquent les enfants comme les princes gouvernent les peuples », dit-elle. C'est dire qu'ils n'ont pas à sombrer dans le populisme et qu'ils n'ont pas à faire de leurs enfants leur raison de vivre. S'ils doivent servir leurs enfants, c'est-à-dire les accompagner dans leur désir de grandir, ce n'est pas en étant à leur service, mais en décidant du cadre à leur donner et en laissant à l'enfant la liberté de ne pas les aimer. C'est savoir que leur enfant, dans ses premières années, ne peut exister sans eux... et qu'ils peuvent exister sans lui !

« Tout est langage. » On connaît cette formule, titre d'un ouvrage de Françoise Dolto. On sait, comme elle l'affirmé, « l'importance des paroles dites ou non dites sur des événements qui marquent la vie d'un enfant, souvent à son insu ». C'est cet insu qu'il s'agit de savoir, pour l'enfant. Un insu qui remonte parfois plusieurs générations. Cela aussi, grâce à Françoise Dolto, est passé dans les mœurs.

Mais le langage ne se réduit pas à un instrument utile pour mettre un nom sur les choses. Pour elle, l'enfant, comme l'adulte, est un être de langage. Et la relation entre les humains passe et doit passer par le langage pour être véritablement humaine.

Tout s'oppose aujourd'hui à cette nécessité de faire passer l'expérience dans le langage – dans le symbolique, comme elle dit. C'est un fait de notre culture récente, que l'on peut constater dans les écoles et aussi, malheureusement, dans le cabinet du psychanalyste comme dans les centres de consultation. Le verbiage médiatique ne remplace pas l'échange d'une parole. L'enfant postmoderne souffre d'un manque langagier, nous y reviendrons. Sur ce point, l'évidence reste à trouver ; Françoise Dolto a encore des choses à apprendre aux parents. Mais elle est entrée dans les habitudes de tous les professionnels de l'enfance : un pédiatre n'ausculte plus un enfant sans lui parler ; de même parle-t-on dans les crèches, en protection maternelle infantile, dans tous les milieux éducatifs.

À la fin de sa vie, Françoise Dolto fit beaucoup pour que la parole s'échange aussi entre les parents. Dans les Maisons vertes créées à son initiative, les parents se rencontrent, ils se parlent et échangent leurs expériences. Cela suffit parfois pour comprendre que l'on peut s'y prendre autrement, comprendre autrement son enfant. Rien de thérapeutique dans ces lieux, pas de réduction de symptôme en vue, on serait plutôt dans la prévention. On y va pour « prendre le temps », aussi pour rompre l'isolement dans lequel se trouvent trop souvent les jeunes mères. Là, c'est le groupe qui opère une triangulation entre la mère et son enfant ; qui met de la distance, du jeu entre l'une et l'autre, afin que se réalise ce que la Bible disait déjà et que Françoise Dolto aimait rappeler : « Je diviserai les familles2. » Il faut que le fils et la fille lâchent leur père et leur mère. Si cette parole peut toujours apparaître inacceptable, à notre époque où l'on peut rester chez ses parents jusqu'à la trentaine pour des raisons prétendument économiques, l'intérêt d'un échange entre parents est devenue une évidence. La première Maison verte, créée en 1979 dans le XVe arrondissement de Paris, existe toujours. Rien qu'en France, elle a inspiré la création de cent cinquante structures d'accueil de même type3. Cette pratique s'est également développée dans les centres de protection maternelle infantile (PMI) comme dans les divers lieux de prévention et de consultation.

Littératures

Depuis dix ans, on a vu paraître de nombreux livres de et sur Dolto, en grande partie grâce à sa fille et son association Archives et Documentation Françoise Dolto4. La « collection Françoise Dolto », chez Gallimard, permet de découvrir et de redécouvrir, dans des éditions revu...

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