Les cellules du Paradis
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
246
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Les cellules du Paradis

Anfortas

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Extrait

Heureux, il vole vers cet endroit plein d'espoir, un sourire accroché à sa face de lune. Dans l'ombre d'un arbre, il s'allonge sur le tapis de gazon, rafraîchi par la rosée, croque dans une pomme et se met à penser. « Heureusement, on ne m'a pas piqué mes neurones. » se glorifie-t-il bêtement, « la greffe de cervelle, c'est pas encore au point ! » Demain à l'aube, il ira repérer les factions des gardiens, les horaires des tours de garde, les pauses pipi et déjeuner, les moments où, au contraire, ils se retrouvent à deux pendant la relève, etc. Il ne faut rien laisser au hasard, sinon, direction l'enfer, pas de pitié pour un repêché de justesse ! D'ailleurs, il s'est bien gardé de raconter aux autres ses méfaits et mauvaises actions. Il se félicite d'avoir retenu sa langue, bien souvent trop bavarde. Préserver l'image avant tout ! On ne sait jamais, Zombie pourrait encore avoir besoin de l'aide de ses compères, alors autant qu'ils l'admirent un peu, avant de le détester complètement.
Sur ces considérations un rien cyniques, il finit par s'endormir.
Le lendemain, il applique ses idées à la lettre, en notant tout sur un petit carnet, afin de ne rien oublier.
Puis il se dirige au comptoir Internet.
« Zut, en maintenance ! Bon, je reviendrai après déjeuner. »
Saisi par une fringale, il se hâte vers le réfectoire. Mais une vision l'intrigue et le fait s'arrêter net. Derrière les pommiers, il aperçoit une masure d'étrange apparence.
Alors qu'il s'approche à pas feutrés, pour tenter de distinguer plus clairement cette demeure aux murs et au toit teintés de blanc, il croise un badaud bedonnant, arborant d'épaisses moustaches en brosse, et lui demande tout de go :
Zombie : Dis-moi, à qui appartient cette drôle de maison ?
Le badaud : Sergent Garçon à votre service ! Il le salue militairement d'une main, et de l'autre soutient l'ombre de sa brioche ventrue. Ici gît le messie.
Zombie : Le messie ? Mais pourquoi ne descend-il pas sur Terre ? Sait-il qu'il est attendu par beaucoup de monde, là en bas ?
Le badaud : L'un de ses ancêtres y avait déjà été, il y a de cela plus de deux mille ans, mais l'univers est toujours en folie. Alors, il patiente, dans l'espoir que tout se calme, s'assagisse ! À quoi ça sert sinon ? Il hausse les épaules, tout en tâtant sa moustache. Pour l'instant, il est bougon et ne se montre jamais à personne, vivant comme un reclus dans sa chaumière de coton. Puis il chuchote à l'oreille de Zombie : Mais tu sais, il y a des bruits qui courent : selon certains érudits, le messie représenterait l'ensemble des petits morceaux de chacun, une sorte de... conglomérat !
Zombie : Encore ? Ah, mais non, déjà donné, moi ! Avec toutes mes cellules éparpillées...
Il sent tout à coup une immense chaleur l'envahir jusqu'au sommet du crâne, qui lui confère une coloration virant au coquelicot.
Le badaud : Benêt ! Il ne s'agit pas de cellules, mais de fractions d'âmes. Il se ravise soudain : toutefois, ce sont juste des rumeurs émanant du comité de réflexion des intellos.

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