Goodluck
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
158
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Goodluck

Anfortas

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Extrait

— Votre papa vous a laissé un peu d'argent, et il a laissé tous ses biens fonciers à sa jeune épouse, qui a été admirable, surtout lors des derniers instants. Je ne voyais pas en quoi le fait de lui rendre visite à l'hôpital pour s'assurer qu'il déclinait chaque jour un peu plus, et que le dénouement heureux pour elle approchait à grands pas, constituait une prouesse. Était-ce parce qu'elle ne l'avait pas achevé en l'étouffant entre ses seins qu'elle avait été admirable, comme le prétendait cet abruti ?
— A-t-il donné une justification... je veux dire une explication à la répartition du partage ? Cela me paraît quelque peu déséquilibré... très nettement à mon désavantage, faisais-je remarquer benoîtement. Le vieux n'avait jamais eu la fibre paternelle, et j'aurais aimé qu'il se rachetât une fois passé de vie à trépas.
— Voyez-vous, votre papa (c'est la deuxième fois qu'il me parlait sur le ton qu'on réserve à un petit garçon, et à ma moue, il se reprit)... votre père, disais-je, ne voulait pas vous incommoder avec une succession compliquée. Vous savez, l'immobilier en France ne rapporte en fait qu'à l'État. Il pensait vous simplifier la vie, d'autant que vous êtes enfant unique. Et puis vous auriez à peine hérité que déjà, vous auriez eu des impôts à payer, ajouta-t-il avec perfidie.
C'était à se demander qui du notaire ou de l'État était le plus rapace.
Un coup d'oeil sur l'évaluation des biens me permit de comprendre que mon père n'avait pas été complètement salaud. Et puis le temps, n'est-ce pas aussi de l'argent ? Je me souvenais du film de Woody Allen, « prends l'oseille et tire-toi », et me dis que j'avais tout intérêt à accepter la succession. Et mon papa avait été sympathique, finalement, puisqu'il avait attendu la prononciation de mon divorce avec Cathy-conn... pour mettre l'arme à gauche. Je ne devais donc rien partager, sinon avec la belle-doche.
— OK, dois je signifier quoi que ce soit à ma belle maman ?
— Non, non, je m'en chargerai, répliqua le notaire avec un empressement suspect.
— Combien de temps vous faudra-t-il pour faire le nécessaire ? Je veux dire, le virement ? Autant y aller franchement avec ce délinquant en costume.
Il avait bien compris mon propos, et la rapidité de sa réponse me fit réaliser qu'il avait déjà tout préparé.
— Vous signez là, là, là et là, et c'est tout, me dit-il un sourire niaiseux en me présentant un stylo bon marché acheté en grande surface lors des périodes de soldes.

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