Le troisième monde, Signification, vérité et connaissance chez Frege
Éditeur
Collège de France
Date de publication
Collection
Philosophie de la connaissance
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Le troisième monde

Signification, vérité et connaissance chez Frege

Collège de France

Philosophie de la connaissance

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À côté des choses du monde extérieur, d’une part, et des représentations du
monde mental, d’autre part, « on doit, écrit Frege dans La Pensée, reconnaître
un troisième monde. Ce qui y appartient s’accorde avec les représentations en
ce qu’il ne peut être perçu par les sens, avec les choses en ce qu’il n’a
besoin d’aucun porteur au contenu de conscience duquel il appartiendrait. Il
en est ainsi, par exemple, de la pensée que nous exprimons dans le théorème de
Pythagore : elle est vraie intemporellement, vraie indépendamment du fait que
qui que ce soit la tienne pour vraie ou non ». Du point de vue de Frege, « l
’être-vrai est quelque chose d’autre que l’être-considéré-comme-vrai, que ce
soit par un, par beaucoup, par tous, et ne peut en aucune façon être ramené à
lui. Il n’est pas contradictoire que quelque chose soit vrai, qui est
considéré comme faux par tous ». « Peut-on – se demande-t-il – falsifier plus
gravement le sens du mot “vrai” que lorsqu’on veut inclure une référence à
celui qui juge ? » La notion frégéenne de vérité est intrinsèquement non
épistémique. Elle n’implique apparemment aucune référence essentielle à un
sujet connaissant, pas même (comme celle de Peirce) à un sujet connaissant
collectif, identifié avec la communauté des esprits engagée dans la tâche
infinie de la recherche de la vérité. En ce sens-là, il est parfaitement
correct de soutenir, comme l’a fait Dummett, que Frege a voulu déposséder la
théorie de la connaissance de la position privilégiée qu’elle occupait avant
lui en philosophie ; et les questions fondamentales de la théorie de la
connaissance, de leur caractère préjudiciel. L’opinion de Geach est, sur ce
point, la même que celle de Dummett : « Il est certain que Frege rejetait
totalement une approche épistémologique des problèmes philosophiques. Son
attitude a été tout au long de sa vie : en premier lieu, déterminez ce qui est
connu et la manière dont ces vérités connues doivent être analysées et
articulées – et c’est seulement ensuite que vous pourrez, avec profit,
commencer à discuter ce qui fait que ces vérités se mettent à apparaître à un
être humain ; si vous essayez de démarrer avec une théorie de la connaissance,
vous n’aboutirez nulle part. »

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