Vengeance d'une impératrice
Éditeur
Anfortas
Date de publication
Nombre de pages
148
Langue
français
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Vengeance d'une impératrice

Anfortas

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  • AideEAN13 : 9791091156974
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Extrait

Prologue
La Ville Éternelle se remettait lentement, d'une guerre civile. Cette guerre avait enterré des milliers de gens, fait s'entretuer des citoyens pourtant habitués depuis des siècles à ce qu'ils appelaient une « République ». Le petit peuple en avait subi de lourdes conséquences. Il fallait reconstruire une Rome « de marbre » pour remplacer celle « de brique ». Les gens vivaient au jour le jour, des esclaves s'étaient révoltés, on avait réglé des comptes obscurs entre voisins de rues. La pauvreté devenue courante, avaient régné les délations, les trahisons, les coups bas. Des enfants sans parents survivaient en bandes, hâves, maigres, violents. Agitation en Italie, en Grèce, en Égypte, au Moyen-Orient, sur mer, dans les Provinces.
Un homme vint à bout de toutes ces horreurs : Caius Octavius, parfois dit « Octavianus », petit-neveu puis fils adoptif du déjà célèbre Jules César assassiné en mars 44 av. J.–C. Ce jeune « Octave » se sentit dès lors revêtu d'un devoir sacré : remettre en route le calme, la paix, la morale. Pourtant en cette date fatidique, il n'avait que dix-neuf ans ! Mais une intelligence hors du commun, un orgueil à tout affronter. Par cette adoption, il se savait héritier d'un homme d'exception, mais en plus il appartenait ainsi à la famille des Julii qui se disaient descendants directs de Vénus, déesse de la beauté et de l'amour. Avoir soudain une telle ancêtre impliquait des devoirs, surtout des droits incontestables.
À vingt-quatre ans, de sa femme Scribonia, il avait eu une fille : Julie. Presque aussitôt, ce jeune père fut pris d'une violente passion pour une jeune beauté de dix-neuf ans, Livia-Drusilla, épouse d'un Tiberius Claudius Nero. Il s'arrangea pour les faire divorcer. Lui divorça de Scribonia. À Rome on échangeait les épouses qui ne protestaient pas, avantages bien compris !
L'an 27 av. J.–C., débarrassé de tous ses concurrents, il avait été déclaré « Princeps », soit « Le Premier » d'entre les Romains. Il venait de fêter ses trente-six ans ! Cette fois, son rang et son titre l'exemptaient de repartir de Rome pour quelque nouvelle campagne militaire. Il avait dès lors le pouvoir reconnu de nommer des généraux pour gérer le monde romain, établir partout une paix dont il avait besoin et pour sa propre gloire et pour celle de Rome : « La paix romaine ».
Dans cette Rome qu'Octave voulait « nouvelle » se réveillait aussi le monde des arts libéraux, surtout celui de la littérature. La jeune génération lisait l'historien Salluste, se passionnait pour Cicéron dont le fidèle ami, Pomponius Atticus, avait sauvegardé la presque totalité de l'œuvre et sa correspondance. Octave avait déjà su repérer des esprits de premier ordre grâce à Caius Maecenas un homme dont le nom reste : autrement dit « Mécène ». Ce riche aristocrate avait éprouvé les meilleurs sentiments pour Octave, l'avait soutenu, protégé dans les complots. Abandonnant la politique, Mécène avait ouvert sa maison à de nombreux jeunes épris de littérature et dans lesquels il voyait une pléiade de soutiens au nouvel État romain. Apparurent des génies qu'il pensionnait avec son énorme fortune. On put ainsi lire les œuvres de Properce, Tibulle, Virgile, Tite-Live, Horace qui se mirent à chanter la nouvelle civilisation désirée par Octave.
Dans ce nombre Ovide, de son nom latin Publius Ovidius Naso, se fit vite remarquer par des poèmes qui louaient la beauté romaine, ses héros, ses dieux, ses fêtes : Les Héroïdes, Les Fastes. Ce furent ensuite Les Métamorphoses qui répandirent les mythologies soit latines soit grecques avec un très grand succès. À la même époque, il entreprit une œuvre qui devait passer, aux yeux du pouvoir, pour trop révolutionnaire : L'art d'aimer. Œuvre révolutionnaire, car ni les Grecs ni les Latins n'avaient rien produit dans ce style fort loin de la politique, de l'histoire, de la philosophie ou de l'art oratoire, sujets exclusifs jusque-là.

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