Annaïk K.

Je suis libraire chez Dialogues depuis 1995. J'ai officié dans presque tous les départements de la librairie, avec une préférence certaine pour le rayon Policier-SF-Fantasy, dans lequel je partage mes lectures et coups de coeur depuis maintenant 6 ans. Cette passion ne me quitte pas.
Il m'arrive aussi d'animer des rencontres entre les auteurs et leur public et c'est un
vrai bonheur.

Evasion

Éditions Gallmeister

23,80
par (Libraire)
16 septembre 2018

L'Amérique selon ceux qui y vivent !

"(...) Le gouverneur territorial avait donné le choix aux gens de la ville. Une fois le nouveau statut en place, ils pourraient soit accueillir la prison d'État du Colorado, soit l'université. Les gens de la ville jugèrent qu'ils ne voyaient pas bien quand le Colorado allait pouvoir avoir besoin d'une université, mais qu'en revanche ils avaient déjà grand besoin d'une prison. (...)"

La nuit du 31 décembre 1968, douze détenus s'évadent de la prison d'Old Lonesome, pourtant dirigée d'une main de fer par Cyprus Jugg et ses gardiens. En dépit d'une tempête de neige des plus redoutables, une véritable machine de guerre se met en marche pour ramener les fuyards, morts ou vifs. Ce roman choral, bien noir et corsé, se porte en alternance sur une poignée de personnages : Mopar Horn, l'un des prisonniers en cavale, Jim Cavey, traqueur de père en fils, Dayton Horn, la cousine de Mopar, deux journalistes mandatés pour couvrir l'évènement et, bien sûr, quelques gardiens expérimentés. Ces derniers, qui ont une fâcheuse tendance à consommer des amphétamines comme si c'était du chewing-gum, apparaissent rapidement plus patibulaires et dangereux que les hommes qu'ils pourchassent.

Si l'évasion se déroule le temps d'une nuit, il ne faudra pas plus de temps au lecteur pour venir à bout de ce page-turner hallucinant. Benjamin Whitmer avait déjà marqué les esprits des amateurs du genre avec "Pike" et "Cry father", en mettant son style incisif et percutant au service des deshérités et des laissés-pour-compte. "Évasion" est un des grands romans noirs de cette nouvelle rentrée littéraire. À ne pas manquer également, une brillante préface offerte par Pierre Lemaître en début d'ouvrage.

Les saisons inversées
par (Libraire)
21 août 2018

À ne pas manquer !

Nous sommes en 2003. Le directeur politique du Quai d'Orsay, grand spécialiste de l'Iran, est assassiné. Ce meurtre fait ressurgir celui d'un diplomate français survenu vingt ans auparavant, car les modes opératoires sont similaires. René Turpin, fonctionnaire discret et sans histoires, est réquisitionné pour assister la DST dans son enquête. Une expérience qui ne manque pas de pimenter la vie de cet homme, installé dans une routine pour le moins paisible. Au départ réticent, René Turpin finit par plonger tout entier dans le passé mouvementé de la victime et se laisse emporter dans le tourbillon de l'enquête.
Renaud S. Lyautey est ambassadeur de France dans un pays du Moyen-Orient. Il signe ici un premier ouvrage extrêmement bien écrit, documenté voire érudit. Si vous aimez John Le Carré, Arnaldur Indridason ou encore Peter May, ne passez pas à côté des « Saisons inversées ».

Helena
23,00
par (Libraire)
21 août 2018

Une histoire fascinante !

Dès le premier chapitre d'Helena, le ton est donné : la tension palpable, cette sensation que le danger et le drame couvent ne vous lâcheront pas. Le lecteur devient témoin et sent comme une épée de Damoclès au-dessus des personnages que Jérémy Fel lui fait rencontrer. Car Helena, c'est bien cela, une rencontre : avec Hayley, Norma, Tommy, Graham, etc. Mais c'est aussi une rencontre avec soi-même, sa dualité, ses peurs, sa conscience et ses propres limites.
Jérémy Fel nous pousse à imaginer pour ses personnages un futur qui, à peine entrevu, se dérobe à eux et, dans le meilleur des cas, se réinvente. Mais au fait, qu'en est-il d'Helena, dans l'histoire, demanderez-vous ?
Ce roman est tout aussi noir et violent que puissant et fascinant, je l'ai refermé à regret.

Canicule

Le Livre de Poche

8,20
par (Libraire)
24 juillet 2018

Une belle découverte !

Aaron Falk est agent fédéral à Melbourne. Lorsqu'il apprend la mort de son ami d'enfance, Luke Hadler, le voilà contraint de revenir sur les lieux de son passé, à Kiewarra, petite communauté rurale au sud-est de l'Australie.
Le retour d'Aaron à Kiewarra ravive des souvenirs douloureux qu'il espérait ne jamais voir remonter à la surface, d'autant plus qu'il ne semble pas le bienvenu dans cette bourgade qu'il avait quittée précipitamment il y a plus de vingt ans.
Et pourtant, l'agent fédéral décide de prendre quelques jours de congés afin de faire la lumière sur le décès de son ancien ami. Aaron espère trouver la réponse à certaines questions qui tournent en boucle dans son esprit d'enquêteur : notamment, pourquoi Luke Hadler a t-il entraîné sa femme et son fils aîné dans ce drame, tout en laissant la vie sauve à leur bébé ? Que s'est-il vraiment passé lorsque Luke et Aaron étaient adolescents, amenant ce dernier et son père à quitter Kiewarra en abandonnant presque tout derrière eux ?
"Canicule", avec ses personnages affinés, ses décors à la fois réalistes et grandioses, est une très belle découverte. La lenteur étudiée du roman conduit le lecteur vers un dénouement totalement maîtrisé. Une nouvelle aventure très différente attend l'attachant Aaron Falk dans "Sauvage", paru en avril 2018 aux éditions Calmann-Lévy. A ne pas manquer !

Mamie Luger
16,00
par (Libraire)
27 juin 2018

Mamie Luger, de son vrai nom Berthe Gavignol, se retrouve en garde à vue pour avoir tiré sur son voisin avec une arme allemande prohibée, un Luger de la Seconde Guerre mondiale. À cent deux ans, ce n'est pas banal !
L'interrogatoire de Berthe se transforme en une confession drôle et émouvante. La vieille dame, née en 1914, raconte avec gouaille et malice sa traversée du vingtième siècle, accompagnée de son cortège de coups durs. Et la cave de Mamie Luger peut attester que la vie, pour cette dernière, ne fut pas toujours un conte de fées !
Lire "Mamie Luger", c'est comme regarder les "Tontons flingueurs" : les dialogues sont jubilatoires, mais le message est intelligent et poignant. C'est une bien réjouissante découverte !