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Pourquoi y-a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?
18 février 2018

Repartons sur de bonnes bases !

Pourquoi y-a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? C’est à cette vaste question avec un tout aussi vaste talent que se sont attaquées Soledad Bravi et la journaliste Dorothée Werner. Remontant le fil de l’Histoire pour tenter de trouver une réponse, elles explorent la Préhistoire (les femmes accouchent, les hommes chassent), l’Antiquité avec des Egyptiens plutôt ouverts contrairement aux Grecs et aux Romains qui lui donnent le même statut qu’à un enfant. Point d’éclaircie durant les siècles suivant, où sa principale (voire unique) fonction reste d’assurer une descendance, mâle de préférence. Au siècle des Lumières, leurs affaires s’éclaircissent un peu, on leur concède une certaine intelligence et même de l’influence sur le monde des idées.

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Delcourt Littérature

20,00
18 février 2018

Jusqu'où aller ?

Le narrateur, époux de Rebecca et bon père de Fee et Paul, explique comment son propre père en est arrivé à tirer sur un homme. Au départ, Dieter Tiberius est juste un voisin un peu trop envahissant. Puis il s’immisce de plus en plus dans le quotidien de la famille, dérangeant Rebecca à tout propos, lui écrivant des poèmes amoureux, observant et commentant (également) les moindres faits et gestes de ses voisins du dessus. Le narrateur tente, dans un premier temps, de mettre fin à ce qu’il considère n’être qu’un conflit de voisinage. Mais quelque chose de plus pervers, de plus asphyxiant est déjà installé. Ni les policiers qu’il contacte, ni son avocat ne peuvent l’aider : la justice est impuissante face à ce type de comportement intrusif « tant qu’il n’y a ni violence, ni flagrant-délit… juste interprétation ».

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Tallent Gabriel

Éditions Gallmeister

24,40
18 février 2018

TUER LE PERVERS

Turtle a 14 ans, elle vit en lisière de la société, pleine nature sauvage ou ce qu'il en reste, avec son père, Martin. Son père, son amant aussi, son pervers. Elle apprend à tirer, elle connait les armes, leur maniement, elle connait les araignées, les scorpions, la forêt. Lui pense que le monde est sur sa fin, que tous les signes sont là pour dire que l'inéluctable est proche. Les animaux disparaissent, la nature avec, tout semble fichu. Lui se complait, se plait dans sa relation incestueuse, crasse et violente avec sa gamine, sa " croquette " comme il l'appelle. Croquette. Aliment pour chien, chat. Fille de Martin. Abusée, frappée, humiliée, rabaissée. Le grand père tente de s'y opposer, en vain. Personne ne voit rien, ou laisse faire. Turtle, elle (qui n'a rien d'une tortue), de son vrai prénom Julia, subit, s'endurcit, se laisse faire, consent, se résigne, survit.
Ce roman est une histoire de survie, de lutte, d'acceptation de l'inacceptable, de relation de l'ineffable. Gabriel Tallent, jeune trentenaire qui fait plus vieux que son âge, a mis huit ans à l'écrire, nous apprend on.
Comment, à 20 ans, a-t-on l'idée de produire un tel conte cruel? Comment décrit on avec tant de justesse, de maîtrise, l'animal humain? Comment décrit-on si remarquablement une vie pourrie, de fond en comble, vermoulue, vénéneuse comme le sumac du premier paragraphe?
On pense à David Vann, parfois, autre auteur Gallmeister, on pense à Donald Ray Pollock, un peu aussi. On pense surtout tenir entre nos mains un terrible roman, sans longueurs, sans fautes de goût, dégeulasse comme il faut, qui met en évidence toute la nécessaire exigence de la littérature à montrer l'immontrable, à créer, parfois, des personnages extrêmes, tempétueux, infréquentables, capables de façonner des êtres increvables, immortels, résistants, plus grands que leur vie fétide.
Pour une fois, Stephen King aura raison de parler de " chef d'oeuvre ", lui qui n'aurait jamais osé écrire un tel livre.

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Falaise des fous

Grainville, Patrick

Le Seuil

22,00
18 février 2018

Le peintre Grainville

Patrick Grainville signe avec « Falaise des fous » son roman le plus ambitieux et le plus abouti, mettant son style foisonnant au service d’un portrait de la France entre 1867 et 1927, à travers la vie d’un petit rentier normand passionné de femmes et de peinture. Généreux, savoureux, érudit ; en un mot, virtuose !

**Un observateur de son temps**

Charles Guillemet s’attelle à ses mémoires au soir de son existence. Après une mission militaire en Algérie, dont il revient mutilé et écœuré par le sang versé, il devient régisseur de la maison de son oncle, entre Étretat et Fécamp. En 1868, il fait deux rencontres décisives, d’abord Monet, jeune peintre alors inconnu installé sur la plage d’Étretat avec ses pinceaux, puis Mathilde, l’épouse de son voisin, un riche industriel. Sa maîtresse sera son initiatrice, qui lui fait découvrir la littérature, Flaubert, Zola, Maupassant, et aiguise sa curiosité pour la peinture, révolutionnée en ces temps par Manet, Courbet et Boudin.

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La Femme à la fenêtre

Presses de la Cité

21,90
11 février 2018

L'entrée fracassante de A.J. Finn dans le monde du polar

Dans un quartier résidentiel aisé, des couples et des familles en apparence soudés suivent une routine confortable. Survient alors une disparition. Ou bien un meurtre. Ou encore les deux. A la suite du roman-phénomène de Gillian Flynn « Les apparences » (« Gone Girl »), qui a posé les bases du genre et mis le lecteur en appétit, elles sont quelques romancières à s’être pliées avec une certaine réussite aux lois du « thriller domestique ». Paula Hawkins (« La fille du train »), Wendy Walker (« Tout n’est pas perdu ») ou Megan Abbott (« Avant que tout se brise ») ont su jouer de cette tension psychologique qui nous pousse à tourner compulsivement les pages pour découvrir qui a commis l’irréparable, et surtout pourquoi.

Ces trois romans-là ont coché la majorité des cases. En voici un qui les coche toutes. « La femme à la fenêtre » est une cousine de « La fille du train », dans un dispositif à la Alfred Hitchcock et une atmosphère digne de M. Night Shyamalan (« Sixième Sens », « Split »). L’histoire d’une femme très névrosée et un peu voyeuse qui occupe ses journées solitaires à observer ses voisins de chez elle. Recluse parce qu’agoraphobe, séparée de son mari et de sa petite fille, elle tourne en rond. Plus elle déprime, plus elle picole. Plus elle est saoûle, plus est drôle. Plus elle fait sourire, plus on l’aime.

C’est le bonus de ce livre. On craque pour Anna, sa passion du cinéma en noir et blanc (dont… « Fenêtre sur cour »), sa mauvaise foi, son sens de l’auto-dérision et du triste spectacle qu’elle offre, à traîner à toute heure du jour en robe de chambre, pas coiffée, guère lavée, les dents rincées au Merlot. Un personnage principal si réussi, si juste, si touchant, c’est rare. Quoi qu’elle fasse ou qu’elle ait fait, on veut qu’elle ait le dernier mot. Surtout quand elle prétend avoir vu, de sa fenêtre, quelqu’un se faire poignarder à l’étage d’en face. On ne la croit pas ? On la suspecte ? Il est vrai qu’elle ment si bien...

Sous son regard brouillé par les effets de l’alcool et d’on ne sait quel traumatisme, toute la petite communauté de sa rue semble louche. Elle incluse. Les révélations vont faire tomber les masques et les rebondissements monter la température. A l’ultime retournement de situation, certains se diront qu’une nouvelle romancière très douée a rejoint le club par la grande porte. Erreur : l’auteur qui nous a baladé ainsi sous le pseudonyme d’A.J. Finn est un homme. Daniel Mallory, beau gosse de 38 ans, a étudié à Oxford et débuté comme journaliste avant de devenir éditeur… de polars. Il était même vice-président d’une maison new yorkaise lorsqu’il a écrit ce roman, à ses heures perdues.

Le personnage d’Anna tient beaucoup de lui, qui a lutté quinze ans contre la dépression. Et l’accroche du livre lui est venue un soir où les allées et venues de sa voisine d’en face l’ont détourné du film qu’il regardait : « Fenêtre sur cour ». Les éditeurs américains, alléchés, se sont disputé son manuscrit. Le plus ironique, et il n’y est pour rien, c’est que c’est sa propre maison qui l’a emporté. Ruée générale, d’ailleurs, car le livre est publié dans 38 pays, score exceptionnel pour un premier roman. Devant un tel accueil, il a choisi de démissionner pour se consacrer pleinement à l’écriture. L’édition a perdu une pointure, le polar a gagné un talent.

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