Dephine L.

Père inconnu
par (Libraire)
23 mai 2017

L'enfant de l'amour

Patrick Denys est né en Bretagne en 1941. "Père inconnu" est son premier livre.
En 1992, Paul, le narrateur décide d'écrire une longue lettre à son père disparu qu'il n'a jamais connu.
L'histoire se déroule en 1940 en Bretagne, durant l'exode.
Dorine vit une histoire d'amour avec Ludovic , le curé de la paroisse voisine alors que son mari est mobilisé.
Cette formidable passion, empêchée par le poids de l’Église et contrariée par les préjugés de l'époque va évidemment faire scandale.
De cet amour naîtra Paul qui ne sera pas reconnu, Dorine et lui devront quitter Brest pour se cacher à Bénodet afin de ne pas faire de vagues.
Ce roman autobiographique est émaillé des adresses de Paul à ce père qu'il tente d'incarner avec le peu d'indices qu'il s'évertuera à chiner pendant plusieurs années.
Mais alors que la quête touche à sa fin, tout fait sens car l'essentiel a été préservé.
C'est un très beau roman, on sent la nécessité impérieuse de l'écriture de cette histoire qui est d'abord une très belle et puissante histoire d'amour. Dorine est un personnage magnifique, et tellement lucide pour son époque. Même si on sent que la quête du père a dû être longue et laborieuse, Paul lui recherche l'apaisement, la possibilité d'une existence sans les zones d'inconfort. Patrick Denys nous dit ô combien les seules traces qui importent aux êtres sont celles laissées par les marques d'amour. Ce sont les plus vitales.

Marlène
19,50
par (Libraire)
23 mai 2017

Sous tension

Dan et Richard ont combattus en Afghanistan côte à côte, ce sont des amis d'enfance.
Leur retour à la maison est compliqué même si Dan tente de mener une vie équilibrée en faisant beaucoup de sport notamment, Richard lui, est toujours prêt à en découdre avec quiconque le regarderait de travers, c'est un mari volage, qui a une fille en pleine crise d'adolescence.
L'arrivée de Marlène, la belle sœur de Richard ne va rien simplifier car c'est le personnage du roman qui va cristalliser toutes les tensions.
Particulièrement sensible aux récits des soldats qui rentrent chez eux, Philippe Djian s'interroge d'abord sur la normalité. De quelle manière le quotidien ne nous enferme-t-il pas, ne nous dénature-t-il pas ? C'est un roman sous tension, qui nous tient en haleine. Nous sommes liés aux personnages d'emblée et l'issue nous importe pour chacun d'entre eux. C'est un roman puissant, funeste qui nous questionne sur la folie, la marge toujours en rapport avec nos propres vies cadrées, insérées, réglées comme du papier à musique jusqu'à la sortie de route.
Biberonné à la Beat Generation, l'univers de Philippe Djian est sombre, les personnages sont complexes, torturés, abîmés par la vie mais ils nous touchent, nous questionnent sur nos propres existences, ils nous bousculent parfois, nous mettent en colère aussi, leur marginalité nous chahute mais leur expérience nous met souvent en empathie et c'est en cela que la littérature nous aide à comprendre le monde.

VIP, roman

roman

Grasset

18,90
par (Libraire)
23 mai 2017

Politique fiction

VIP est un roman hautement divertissant. Nous sommes embarqués dans une enquête politico-people où la presse est mouillée jusqu'au cou. Dès le début du livre le lecteur est face à un cambriolage qui tourne mal chez une actrice montante des beaux quartiers. En planque dans l'immeuble d'en face, un paparazzo bien informé croit enregistrer une sex-tape. Le dénouement sera tout autre, et les preuves qu'il détient peuvent devenir une affaire d’État monumentale.
Laurent Chalumeau est journaliste et écrivain, il a le sens du romanesque et la curiosité affûtée de l'enquêteur. Il égratigne avec brio notre société rompue aux scoops et à l'image dans ce polar vaudeville qui va à toute allure. Il convoque avec maîtrise les différents corps de police sur la scène du crime : police judiciaire, police d'investigation, police scientifique, les adeptes des séries télévisées du genre ne seront pas en reste.
Les réactions de chaque protagoniste sont analysées au peigne fin, Laurent Chalumeau prend un malin plaisir à pousser les curseurs à l'extrême mais tout reste cohérent car à situation exceptionnelle, comportements hors normes !

A ce propos, il introduit son roman par ces quelques mots :
« Alors, personne ne va le croire, mais tant pis : toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait fortuite et involontaire. Surtout franchement, elle serait assez déprimante. »

Le lecteur est donc prévenu et en effet, le livre oscille toujours entre une monstrueuse farce et une réalité glaçante !

Seul le grenadier
par (Libraire)
28 mars 2017

Les graines du paradis

Sinan Antoon est né à Bagdad en 1967. Il est désormais New-Yorkais et a déjà publié quatre romans. "Seul le grenadier" est paru en arabe en 2010, en anglais en 2013 et il est donc traduit en français pour la première fois. Sinan Antoon compte aujourd'hui parmi les voix de la littérature irakienne. Il nous offre un roman poétique, émouvant, métaphorique et documenté, qui élève la pensée du lecteur et nous rapproche les uns des autres.
À Bagdad, dans la famille de Jawad, les hommes lavent les morts de père en fils selon la tradition chiite. Seulement, à 20 ans, Jawad, lui, rêve de faire carrière dans l'art. L'écriture de Sinan Antoon, comme en apesanteur, traduit remarquablement la fougue de ce jeune homme aux prises avec un conflit intérieur qui entrave son libre arbitre. Pourquoi le rêve de Jawad se heurte à l'implacable réalité d'une ville assiégée ? Comment peut-on s'émanciper tout en respectant les traditions ? C'est avec une très grande sensibilité que l'auteur dévoile les fracas d'un pays en guerre et l'imbrication inextricable de la mort et la vie.

Quand monte le flot sombre
23,00
par (Libraire)
28 mars 2017

Sociologie de la vieillesse

Un roman brillant qui aborde la question de la vieillesse et de la mort avec beaucoup de dignité et d'esprit.
Le postulat de départ est implacable : "Une vie, ça a une destination, une fin, une dernière parole." C'est ce que pense Fran Stubb, une septuagénaire pleine d'énergie qui sillonne toute l'Angleterre pour inspecter les maisons de retraite afin d'améliorer les conditions de vie des personnes âgées. Le paradoxe est qu'en ce qui la concerne, elle ne se facilite pas l'existence. Lucide et déterminée, elle n'envisage cependant pas de vivre autrement qu'au volant de sa voiture, libre de méditer sur le troisième âge au gré des citations et des poèmes qui lui viennent à l'esprit. Samuel Beckett, Simone de Beauvoir ou encore W.B. Yeats illustrent à merveille la pensée de Fran et par extension, celle d'une Margaret Drabble érudite, juste et pleine d'humour.
Entre l'Angleterre et les îles Canaries, l'auteur convoque une galerie de personnages afin de dresser un portait sociologique de la vieillesse sans concession, et règle ses comptes avec une société pétrie de contradictions.