Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

La fille du traître
13 février 2019

espion, Russie

Juste avant la chute du Mur, un officier du renseignement danois est exfiltré de RDA. Puis disparaît, passe à l’Est, et refait sa vie en Russie. Sa fille Laila a grandi dans la honte de cette trahison.
Adulte, elle renonce à une carrière d’officier interprète après deux missions traumatisantes en Irak et s’occupe d’un camping au Danemark. Lorsqu’elle reçoit la visite de deux ex-agents, décidés à reprendre du service, et qui ont besoin d’elle.
Son père lui demande de venir le voir, car il est gravement malade.
Si je n’apprécie pas particulièrement les histoires d’espions habituellement, je dois avouer que j’ai apprécié suivre Laila depuis le Danemark jusqu’en Russie, la rencontre avec son père qu’elle hait, la découverte de son demi-frère Tor qu’elle apprécie.
J’ai aimé découvrir la Russie de Poutine, l’auteur portant un œil critique sur l’état du pays.

En Russie, pas de Père-Noël, mais Grand-père Gel et la fée des neiges, inventés par les communistes, mais toujours présents.

Si j’ai moins aimé l’épisode de la chasse à l’ours, je dois avouer que me promener dans Moscou avec Laila, découvrir les églises orthodoxes et les plats du pays m’a passionné.

J’ai aimé les intrigues mêlées : le père de Laila veut-il s’enfuir de Russie ? Quels sont les secrets qu’il détient pour les vendre au Danemark et pouvoir partir ? La conjuration anti-Poutine verra-t-elle le jour ?

Une intrigue passionnante qui se déroule autour du Nouvel An Russe. Un auteur que je suivrais dorénavant avec intérêt.

L’image que je retiendrai : Celle du Bolchoï, magnifique bâtiment, ravalé à coup de millions de roubles.

Quelques citations :
"L’ironie n’était pas le point fort des russes (…) mais il ne pouvait s’empêcher d’y avoir recours chaque fois que les Russes devenaient sentimentaux et se mettaient à pleurnicher, persuadés d’être un peuple élu qui, en raison des souffrances terribles qu’il avait subies, méritait une place particulière dans le monde." (p.100-101)

"Je peux te résumer ça en trois mots. Orthodoxie. Autocratie. Nationalisme. Enfin, russitude." (p.171)

"Qu’avons-nous créé ? Une kleptocratie." (p.172)

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Trouble
13 février 2019

1939-1945, Belgique

J’ai mis du temps à entrer dans le récit, à saisir Wilfried, le personnage principal qui joue aux échecs avec Lode, son ami de toujours. C’est lui qui nous raconte une partie de sa vie, surtout celle qui s’est déroulée pendant la Seconde Guerre Mondiale quand il s’était engagé dans la police de sa ville, Anvers, parce qu’il fallait bien faire quelque chose.

Dès les premiers paragraphes, le récit est trouble : le narrateur passe du passé au présent, nous parle de personnages sans les présenter, leur donnant parfois des surnoms. Et ce qu’il raconte de son travail sème le trouble : est-il un fonctionnaire en marge des lois du Reich ou plutôt zélé ?

Qui plus est, son amitié avec Lode est trouble elle aussi : Lode ressent-il une certaine attirance pour Wilfried ? Wilfried est-il seulement naïf quand il parle plus vite qu’il ne réfléchit ?
Se dessine comme une ombre sa petite-fille, qui a été retrouvée pendue. Une jeune fille sensible qui s’est penchée sur le passé trouble de son grand-père.
Vous l’aurez deviné, le titre de ce roman est très bien choisi.
J’ai suivi avec intérêt les remarques de Wilfried, son avis sur cette Guerre qui n’est qu’une question d’argent. Surtout à Anvers, capitale du diamant. Les descriptions des rafles font froid dans le dos, et l’attitude des policiers de la ville qui y participent prêterait presque à rire avec leurs casques blancs.
La conclusion de l’auteur jette aussi un froid : les actions des grands-parents et des parents rejaillissent d’une façon ou d’une autre sur la vie de leurs enfants et petits-enfants.
L’image que je retiendrai : ,Celle des camions de déménagements présents à chaque rafle chargés de transporter les juifs.

https://alexmotamots.fr/trouble-jeroen-olyslaegers/

Les dames de Kimoto
13 février 2019

Japon

Fin du XIXe siècle, Hana part se marier loin de sa grand-mère qui l’a élevée. Elle épouse un riche propriétaire terrine promis à un bel avenir. Hana respecte les traditions japonaises : art floral, musique, beaux kimonos.
Si son premier fils ne lui pose aucun problème, sa fille Fumio, en revanche, lui donne du fil à retordre. C’est une révoltée qui va partir faire ses études à Tokyo et y trouver son mari. Ensemble, ils voyageront jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Leur fille Hanako reviendra s’installer le temps de la guerre chez sa grand-mère.
On suit Hana, depuis son mariage et sa séparation d’avec Toyono, sa grand-mère, qui lui a tout appris.
Hana est « de la vieille école » et, dans sa campagne, ne souhaite pas voir le Japon des années 20-30. Ses références sont celles d’un autre âge.

J’ai aimé suivre Hana, femme de tête malgré son effacement d’épouse ; sa relation compliquée avec sa fille qu’elle ne lâche pourtant jamais. J’ai aimé que sa petite fille, Hanako, revienne aux traditions de sa grand-mère tout en étant une jeune femme résolument moderne.
Un roman féministe s’il en est, qui montre la place des femmes dans la reconstruction du Japon d’après-guerre et l’importance du maintien des traditions.

Un roman qui montre aussi comment certains japonais ont tout perdu à cause de la guerre.

L’image que je retiendrai : "Celle de la rivière Ki coulant dans la province et qui est si joliment décrite."

Quelques citations :
"Hana se souvint que dans l’art des parfums, on parlait d’entendre un parfum plutôt que de le sentir. Ici, elle entendait l’automne." (p.95)
"Mère, ne croyez-vous pas que le système matriarcal de la société primitive était plus conforme à la nature ?" (p.271)

https://alexmotamots.fr/les-dames-de-kimoto-sawako-ariyoshi/

Corps et âme
10,20
13 février 2019

Piano

Sous-titré "L’enfant prodige", ce roman foisonnant et passionnant nous raconte l’histoire de Claude, enfant unique qui grandit tant bien que mal dans un appartement en sous-sol de New York après la guerre de 39-45.
Sa mère, Emma, est chauffeure de taxi et parcourt la ville plusieurs heures par jour, le laissant seul avec un piano. Elle revient épuisé, et Claude ne doit pas faire de bruit.
Sa chance est de rencontré le vieil Weisfeld, qui tient la boutique d’instruments pas loin de chez lui. Le vieux juif découvre le talent du jeune garçon, et tout commence.
Si j’ai aimé la découverte de la musique par Claude, j’ai été moins passionnée par la suite des propos théoriques que tiennent certains personnages sur le solfège. Qu’à cela ne tienne, ces considérations peuvent aisément être passées en avance rapide.
J’ai aimé voir grandir Claude qui joue de chance dans son apprentissage de la musique (un peu trop sans doute, mais c’est de la littérature).
J’ai aimé sa mère Emma, son caractère renfermé, ses sautes d’humeur et de passions. Elle m’a fait peur parfois, elle m’a attendri à la fin.
J’ai aimé le vieux Weisfeld, toujours présent, répondant toujours aux questions de Claude, même les plus ardues. On apprendra, en toute fin de volume, d’où lui vient son savoir.
Le personnage de Catherine m’a intrigué, on devine une fêlure chez cette jeune fille.
Un roman passionnant plein de musiques, de la classique au jazz en passant par le be-bop.
L’image que je retiendrai : "La première sur laquelle s’ouvre le roman, celle du petit garçon regardant les pieds des passants depuis l’unique lucarne de l’appartement."

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Les Suppliciées du Rhône
13 février 2019

Lyon, policier

Le récit nous entraîne dans la ville de Lyon entre la colline qui prie et la colline qui travaille, en passant par le milieu des opiomanes et des faiseuses d’anges.
Même si j’ai trouvé le style un peu pompeux et parfois maladroit, mélangeant codes du XIXe et parlé moderne, j’ai aimé découvrir les débuts de la médecine légale, les premières innovations scientifiques avec trois fois rien.

Une plongée intéressante dans la ville brumeuse et sombre, ses traboules et ruelles escarpées.

L’image que retiendrai : celle des fumeries d’opium, j’ai découvert qu’il y en avait dans cette ville.

https://alexmotamots.fr/les-suppliciees-du-rhone-coline-gatel/