Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Commissaire Velcro / Le mont des légendes : une enquête du commissaire Velcro
par
31 août 2020

Changement d'ambiance pour Velcro et Déborah après une enquête légère dans Un amour de statue. Atmosphère pesante, lourde, il faut préciser que le passé de l'un des enquêteurs est en cause... Le trio de flics est bien décrit, et l'on avance un peu dans leurs vies, surtout Velcro et Déborah qui sont les enquêteurs habituels de Valérie Lys, Delcourt étant leur chef. Attirance intellectuelle et sans doute physique -mais Velcro est marié-, et profond respect tant humain que professionnel les uns envers les autres. L'enquête ne piétine point trop et une fois que les légendes sont éloignées, parce que simples légendes, une fois que les fausses pistes sont écartées, il ne reste qu'à trouver le lien entre les indices et la lumière sera, foi de Velcro !

Une très belle balade au Mont Saint-Michel dont Valérie Lys nous conte l'histoire par le menu. Celle, notamment, de la prison, Barbès et Blanqui entre autres y furent pensionnaires, les cachots et les cellules sont encore présentes. "J'essayai de m'imaginer l'ambiance qui pouvait régner dans ce lieu lorsqu'il était rempli de justiciables de tout poil, quelle que soit l'époque, du prisonnier du Moyen-Âge en passant par le chevalier de la Guerre de Cent Ans, de l'exilé du roi de l'Ancien Régime jusqu'au prisonnier plus récent du XIXe siècle s'insurgeant contre Louis Philippe et complotant des insurrections.

- On l'a appelée la "Bastille des Mers" pendant la révolution." (p.165)

L'autrice parle aussi de son érection au 8ème siècle : en 708, Aubert, évêque d'Avranches en reçut l'ordre de l'archange Saint Michel par trois fois, les deux premières il crut sûrement à un canular.

Lorsque je visite ce genre de lieux très touristiques -en général hors saison-, je rêve toujours d'aller dans les endroits les plus secrets, les moins visités, les plus discrets et c'est là que Valérie Lys nous emmène. Je lui emboîte bien volontiers le pas.

Crime à Black Dudley
par
31 août 2020

Margery Allingham (1904-1966) fut une des grandes voix anglaises de la littérature policière du siècle dernier, au même titre qu'Agatha Christie. Même ambiance, même sens du suspense et de la déduction. Ce qui change ici, c'est que c'est le docteur Abbershaw qui mène l'enquête et que Albert Campion, qui est le personnage récurrent de l'auteure -qui apparaît ici pour la première fois-, est un trublion. Inclassable, on ne sait point s'il est malfaiteur, enquêteur, redresseur de torts, il joue sur tous les tableaux et surtout sur celui de l'humour, de la fausse naïveté, du décalage.

Mise à part une petite confusion possible dans les diverses identités des uns et des autres -surtout les méchants-, ce roman se lit avec plaisir et l'on y retrouve tout ce que l'on aime chez la maîtresse du genre, la contemporaine de Margery Allingham, Agatha Christie. Et lorsque l'on croit que c'est fini, un petit rebondissement rajoute quelques pages au roman pour une fin inattendue.

Le charme de la littérature policière anglaise du siècle passé.

par
31 août 2020

C'est ma deuxième rencontre avec Hervé Michel, après la bonne surprise de Le Regard du diable. Cette fois encore, c'est le premier empire qui est le contexte historique mais le lieu et le héros changent. Et les trois compères de cet opus n'épargnent pas leurs efforts pour tenter de démasquer le coupable qui se fait appeler le roi des mendiants et qui se cache dans les souterrains de Marseille. Voilà donc un roman qui virevolte, qui met en scène des personnages principaux et secondaires bien sympathiques et qui recèle quelques mystères. Certains d'entre eux s'éventent un peu vite, notamment l'identité du roi des mendiants ainsi que le secret du commissaire Rodier, néanmoins, la lecture est agréable jusqu'au bout et j'ai eu plus de satisfaction à me voir confirmer la véracité de mes intuitions que de déception à avoir deviné trop tôt, plutôt un indice de la qualité de ce roman policier.

Je ne vais pas m'emballer et vous dire que c'est le polar historique du siècle, mais je n'irai pas vous dire non plus de le fuir. C'est un roman qui pourrait bien vous faire passer d'excellents moments de détente estivale. Et ça, ça n'a pas de prix, enfin, juste celui du livre...

Jana Berzelius / La marque du père, la nouvelle star du polar suédois

la nouvelle star du polar suédois

HarperCollins

19,00
par
31 août 2020

Quatrième tome de la série Jana Berzelius et premier pour moi. Les bandeaux et l'appellation de "nouvelle star du polar suédois" qui doivent attirer des lecteurs mais qui personnellement me feraient plutôt fuir, annoncent des promesses tenues. J'ai beaucoup aimé et ai eu du mal à sortir du livre pour diverses tâches beaucoup moins captivantes. L'originalité du roman est qu'outre Jana Berzelius qui est la figure centrale, deux autres personnages ont des rôles principaux et bénéficient d'un traitement approfondi : les deux enquêteurs. Là où beaucoup de polars font la part belle à un héros et oublient un peu les autres, Emelie Schepp construit une équipe. Jana a une vie particulière, une enfance difficile et violente lorsque les deux flics sont davantage dans la norme ; l'un est marié avec des enfants, tente de concilier vie de famille et travail et y parvient avec l'aide de sa femme et l'autre entame une relation avec un homme plus âgé et riche. Quant à Jana, elle se débat avec les démons de son enfance, surtout lorsque ceux-ci ont visage humain et la contraignent à certains comportements et actes. Elle débute timidement une relation avec son collègue Per et se limite à quelques échanges avec son père adoptif, ancien procureur, personnage trouble au cœur de l'enfance violente de Jana.

Le roman va vite bien que l'enquête piétine. L'intrigue principale est habilement alternée avec une secondaire qui concerne uniquement Jana et qui semble sans issue, ce qui donne un rythme et une ambiance prenants. C'est terriblement addictif, angoissant et ainsi que la suite, je lirais très volontiers les tomes précédents...

Cafard noir / seize leçons d'enveloppement personnel
par
31 août 2020

Seize nouvelles par seize auteurs qui ont en commun de prendre le contre-pied des injonctions au bonheur. Les livres de développement personnel, de méthodes pour trouver un sens à sa vie, plus ou moins ésotériques, pullulent et envahissent les rayons des librairies. Dans ce recueil, on serait davantage dans comment rater son développement personnel, comment vivre avec ses difficultés ou les autres qui parfois renvoient une mauvaise image ?

Seize nouvelles souvent drôles, parce que décalées de la tendance actuelle dont elles se moquent avec des personnages dépressifs, suicidaires, en pleine séparation lorsqu'ils ont eu la chance de connaître l'amour... Dit comme cela, ça ne paraît pas tentant pour un été joyeux. Et pourtant les nouvelles sont emplies d'humour si ce n'est tout du long, alors dans la chute. Mes petites préférences :

- Le fabuleux destin de Sidonie Chouquette (de Marcel Caramel) : Sidonie est une optimiste forcenée et il lui faudra beaucoup, vraiment beaucoup de mésaventures pour fendiller cet optimisme.

- Rocinha (de Eugénie Daragon) : une favella et ses habitants tentent de vivre malgré la violence permanente.

- Piñata (de Laurette Polmanss) : ah les anniversaires d'enfants où maintenant les parents sont invités, un vrai cauchemar pour cette maman célibataire.

- Au beau fixe (de Myriam Berliner) : Sophie n'a pas besoin de livres "feel good" pour alimenter son insatiable optimiste, même lorsque tout va mal, elle a espoir.

Un peu de mauvais esprit, de l'ironie, du sarcasme, de la moquerie de la tendance au beau corps dans un bel esprit, un peu de méchanceté qui fait sourire et du bien. Tout cela dans des nouvelles courtes, très différentes les unes des autres. Il y en a marre des injonctions à être svelte, sportif, élégant, beau et performant (pas très envie d'user du point médian, mais on peut tout féminiser), les auteurs présents dans l'ouvrage rient de tout cela et nous aussi. De la "feel bad" littérature.