Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Une enquête du commissaire Workan / Cézembre noire
par
4 septembre 2019

Deuxième enquête de Workan et son équipe qui cette fois-ci se retrouvent dans un huis-clos qui ne l'est pas d'ailleurs puisque tout est ouvert sur cette île de laquelle, vu le temps, il est difficile de s'enfuir. Île qui fut véritablement pilonnée en 1944, car aux mains des Allemands qui refusaient de se rendre, contrairement à ceux d'en face à Saint-Malo ; rarement un endroit reçut autant de bombes et d'engins explosifs et même des bombes au napalm et au phosphore pour déloger les occupants. D'ailleurs, toujours pas entièrement déminée, elle n'est que très partiellement ouverte au public. C'est donc le lieu idéal pour placer une intrigue policière. Et quand c'est Hugo Buan qui s'en charge, nul doute que ça va dépoter et que ça va faire rire. Les dialogues avec Workan sont toujours aussi drôles, surtout lorsqu'il s'adresse à Leila qui ne peut s'empêcher de le titiller, parfois, il est difficile de se retenir de rire tout haut. Mais les dialogues ne sont pas les seuls à donner ans le comique, le décalé : "Enfin la veine jugulaire fut tranchée. Le sang bouillonnant jaillit par saccades. La scène, interminable, dura treize secondes." (p.117) Bon, je conçois que de prime abord, ce n'est pas drôle, c'est la juxtaposition de "interminable" et "treize secondes" qui me fait sourire, mais sans doute ces mêmes phrase dans un thriller glauque n'auraient pas le même effet.

Retour à Cézembre, où les flics bossent, le tueur à gages hésite, parce que quand même tuer alors que cinq flics sont aux alentours, ce n'est pas aisé, les scientifiques étudient discrètement, et Noël Darec, surdoué étale ses connaissances à un Workan subjugué. L'enquête part dans tous les sens, les flics ne peuvent compter que sur eux, exit l'ADN, les relevés téléphoniques, et toutes les techniques modernes. Retour à l'ancienne, papier stylo et investigations.

On ne lit pas les aventures de Workan uniquement parce qu'elles sont drôles, on les lit également parce que Hugo Buan nous apprend plein de trucs sur les lieux dans lesquels elles se déroulent, donc ici, Cézembre -que personnellement je ne connaissais pas du tout- et parce que l'intrigue se tient et nous tient. Encore une fois le mélange est très réussi.

Montana 1948
19,50
par
4 septembre 2019

David est un jeune garçon qui vit dans le Montana. Son père y est shérif. C'est un coin paisible qui ne nécessite que peu d'interventions. L'oncle de David, le frère de son père, héros de la guerre, médecin est soupçonné d'abuser de ses patientes indiennes. Le shérif, qui n'a pas l'aura de son frère, réformé suite à un accident qui l'oblige à user d'une canne, doit intervenir. Il tergiverse.

Je ne connais pas le roman de Larry Watson, ce que je peux dire c'est que cette bande dessinée est très bien. L'histoire paisible au départ s'active et les tensions montent ainsi que les haines et peurs entre blancs et Indiens. David est au milieu de tout cela, qui entend et voit et ne peut agir. Il voit son père hésiter entre la justice et l'amour pour son frère et la volonté de ne pas se mettre sa famille et toute la ville à dos.

Le dessin a des côtés naïfs qui me plaisent beaucoup, une douceur même pour raconter des faits terribles. C'est un bel album, une BD à découvrir, et peut-être même le roman.

Geronimo
18,00
par
4 septembre 2019

Geronimo, qui ne s'appelait pas encore comme cela est né en 1829 dans la tribu apache au Nouveau-Mexique. Quelques années plus tard, les Mexicains massacrent son village, sa femme et ses trois enfants. Geronimo n'aura alors de cesse de se venger et de tenter de reconquérir les terres des tribus indiennes que les Mexicains d'abord puis, les Américains leur volent. Il s'allie à d'autres, Cochise, Mangas Coloradas pour la lutte.

C'est l'histoire de ce chef apache légendaire que raconte Matz et dessine Jef et plus globalement l’histoire de la colonisation puis de l'élimination des Indiens d'Amérique. Dans certains vieux westerns, le message véhiculé est celui des méchants Indiens contre les bons blancs venus s'installer dans le nouveau monde. Il est bon de connaître les vraies raisons de la violence de Geronimo et autres chefs indiens qui, simplement, luttaient pour leur survie.

L'album joue avec les tailles de cases, les couleurs et si j'ai eu un peu de mal au début avec le dessin, je m'y suis habitué. Une belle manière de revoir l'histoire du grand guerrier Geronimo.

Mort aux vaches
par
4 septembre 2019

Après un braquage réussi, quatre malfaiteurs, trois hommes et une femme vont se mettre au vert à la campagne chez le cousin de l'un d'entre eux. Un mois pour se faire oublier et pouvoir partir chacun de son côté. Mais en ce milieu des années 1990, l'épidémie de la vache folle traîne et les pandores aussi, ce qui ne fait pas le bonheur des quatre brefs néo-ruraux.

Très bonne bande dessinée avec des tronches, des truands et les autres qui ont vécu et ça se voit. Le dessin en gris est excellent et le scénario n'est pas en reste. On se balade dans cette campagne se demandant ce qu'il va arriver aux uns et aux autres et comment ils vont s'en sortir ou se faire gauler.

Très bel album qui multiplie les rebondissements et surprises.

Une enquête du commissaire Workan / Hortensias blues
par
4 septembre 2019

Un immeuble de plusieurs étages à Rennes est occupé par des praticiens médicaux et para-médicaux. L'un d'eux, dentiste, activement dragueur et beaucoup plus si affinités, est retrouvé mort, attaqué par l'un de ses clubs de golf -introuvable depuis-, et avec une particularité florale : une branche d'hortensia bleu fleuri planté dans le fondement.

C'est le commissaire Workan, petit-fils de résistant, fils, cousin, neveu et probablement d'autres liens familiaux de gens très bien placés, totalement incontrôlable, bagarreur, l'opposé total du politiquement correct, qui mène l'enquête. Assisté d'un capitaine et de lieutenants particuliers -pour être gentil- dont la superbe Leila Mahir, il va bousculer la bourgeoisie rennaise.

Alléché par mes lectures des tomes neuf (Requiem pour l'Ankou) et dix (Plus puissants que les dieux) des aventures de Lucien Workan, me voici remonté aux origines de ce flic atypique. Paru initialement chez Pascal Galodé éditeurs, toutes les enquêtes sont rééditées chez Palémon.

Pour faire bref, je pourrais dire que tout ce qui fait le succès et le plaisir des cette série est déjà dans ce premier opus : humour, décalage, quiproquos et dialogues basés sur l'incompréhension des interlocuteurs, absurde, personnages bien barrés, enquête et suspense savamment entretenus et tenus jusqu'au bout avec des rebondissements, des retournements de situation, des supputations sur la culpabilité de tel ou tel protagoniste, un peu d'amour. Le plus, c'est qu'on apprend plein de trucs sur Workan et que son équipe de bras cassés se met en place doucement mais sûrement. Et Hugo Buan de s'en donner à cœur joie, de nous régaler de ses bons mots et trouvailles linguistiques, comme par exemple pour parler d'un spécialiste potentiel future victime et proctologue de son état : "Le praticien diplômé de spéléologie troudeballesque". C'est drôle et pas lourd, parce qu'il sait jusqu'où aller et ne franchit pas la ligne du vulgaire.

Du coup, j'ai acheté le tome 2 et je vais m'y plonger tout de suite tant je me régale. Attention néanmoins, il existe un risque à lire les enquêtes de Workan, celui d'avoir des éclats de rire sonores et intempestifs qui risquent d'étonner vos voisins.

Polar qui débute ainsi :

"Lucien Workan, un morceau de pizza au bout de sa fourchette, parcourait nonchalamment son quotidien préféré ; la sonnerie de son téléphone portable retentit, il regarda sa montre, 22h30 : "Merde ! On ne peut jamais avoir la paix !" (p.7)