wens

As-tu jamais rêvé que tu volais ?, roman
par
14 octobre 2013

Austen Ratner As-tu jamais rêvé que tu volais?

Le roman est inspiré d'une histoire vraie, celle de Philippe Halsman, âgé de 22 ans, qui fut accusé d'avoir assassiné son père en 1928 lors d'une excursion au Tyrol Autrichien. Son procès fut une parodie de justice. L'enquête policière était bâclée, elle n'explora pas les pistes évidentes d'un crime crapuleux. Aucune preuve à charge tangible ne put être fournie par l'accusation, le seul argument soulevé par le tribunal était l'origine juive d'Halsman, la race juive étant criminelle par nature. Le procès et la condamnation du jeune homme eut un retentissement international. De nombreux intellectuels participèrent à travers l'Europe à un mouvement demandant la libération d'Halsman, qui fut considéré comme un nouveau Dreyfus.

Parmi les soutiens les plus célèbres à sa cause le jeune homme put compter sur Einstein, Freud, Thomas Mann ou Paul Painlevé (ministre de l'Air dans le gouvernement français). En 1931, l'Autriche sous la pression internationale acceptât de grâcier Halsman qui fut cependant interdit de séjour dans le pays. Halsman se réfugia d'abord à Paris, il abandonna l'idée de devenir ingénieur pour se consacrer à la photographie. Sa technique différente des autres artistes de l'époque, jouant sur les contrastes en noir et blanc, lui valurent rapidement une grande notoriété. Il signe des portraits de Gide, Malraux, Breton ou Dali. En 1940, n'ayant pu obtenir la nationalité française, il se réfugie aux Etats-Unis. Il ne tarde pas à s'imposer comme un des plus grands photographes de l'après-guerre, ses clichés font la Une des plus grands magazines américains. Halsman devient le photographe des stars. Audrey Hepburn, Marylin Monroe, Brigitte Bardot, Alfred Hitchcock, Woody Allen... acceptent de jouer les modèles. Halsman est le créateur d'un style de photographie resté comme sa marque de fabrique: la photojumping. Halsman prend le cliché de son sujet lors du saut de ses sujets.

"As-tu rêvé que tu volais?" n'est pas seulement un biographie, c'est surtout l'oeuvre d' un grand écrivain à l'écriture simple et fluide. Ratner sait nous faire partager les épreuves du jeune Philippe Halsman, ses souffrances physiques et morales. Les conditions de détention sont épouvantables. Du fait de l'absence d'hygiène, du froid et de l'humidité, Halsman est atteint de tuberculose. Lors de son incarcération, Halsman a tenté à de nombreuses reprises de se suicider. Sa condamnation provoque chez lui non seulement un désarroi, une colère contre l'injustice mais aussi, d'une manière surprenante, un sentiment de culpabilité, une haine de soi. Halsman se sent faible, s'aigrit, se déteste. Lors de sa libération, Halsman doit réapprendre à vivre. Ratner nous montre qu'il est impossible de sortir indemne d'une telle épreuve. Seuls le temps, l'amour et la photographie permettent d'effacer lentement cette blessure.
Dès son premier roman, Austin Ratner s'affirme comme un écrivain de talent.

As-tu jamais rêvé que tu volais ?, roman
par
14 octobre 2013

Austen Ratner As-tu jamais rêvé que tu volais?

Le roman est inspiré d'une histoire vraie, celle de Philippe Halsman, âgé de 22 ans, qui fut accusé d'avoir assassiné son père en 1928 lors d'une excursion au Tyrol Autrichien. Son procès fut une parodie de justice. L'enquête policière était bâclée, elle n'explora pas les pistes évidentes d'un crime crapuleux. Aucune preuve à charge tangible ne put être fournie par l'accusation, le seul argument soulevé par le tribunal était l'origine juive d'Halsman, la race juive étant criminelle par nature. Le procès et la condamnation du jeune homme eut un retentissement international. De nombreux intellectuels participèrent à travers l'Europe à un mouvement demandant la libération d'Halsman, qui fut considéré comme un nouveau Dreyfus. Parmi les soutiens les plus célèbres à sa cause le jeune homme put compter sur Einstein, Freud, Thomas Mann ou Paul Painlevé (ministre de l'Air dans le gouvernement français).

En 1931, l'Autriche sous la pression internationale acceptât de grâcier Halsman qui fut cependant interdit de séjour dans le pays. Halsman se réfugia d'abord à Paris, il abandonna l'idée de devenir ingénieur pour se consacrer à la photographie. Sa technique différente des autres artistes de l'époque, jouant sur les contrastes en noir et blanc, lui valurent rapidement une grande notoriété. Il signe des portraits de Gide, Malraux, Breton ou Dali. En 1940, n'ayant pu obtenir la nationalité française, il se réfugie aux Etats-Unis. Il ne tarde pas à s'imposer comme un des plus grands photographes de l'après-guerre, ses clichés font la Une des plus grands magazines américains. Halsman devient le photographe des stars. Audrey Hepburn, Marylin Monroe, Brigitte Bardot, Alfred Hitchcock, Woody Allen... acceptent de jouer les modèles. Halsman est le créateur d'un style de photographie resté comme sa marque de fabrique: la photojumping. Halsman prend le cliché de son sujet lors du saut de ses sujets.

"As-tu rêvé que tu volais?" n'est pas seulement un biographie, c'est surtout l'oeuvre d' un grand écrivain à l'écriture simple et fluide. Ratner sait nous faire partager les épreuves du jeune Philippe Halsman, ses souffrances physiques et morales. Les conditions de détention sont épouvantables. Du fait de l'absence d'hygiène, du froid et de l'humidité, Halsman est atteint de tuberculose. Lors de son incarcération, Halsman a tenté à de nombreuses reprises de se suicider. Sa condamnation provoque chez lui non seulement un désarroi, une colère contre l'injustice mais aussi, d'une manière surprenante, un sentiment de culpabilité, une haine de soi. Halsman se sent faible, s'aigrit, se déteste. Lors de sa libération, Halsman doit réapprendre à vivre. Ratner nous montre qu'il est impossible de sortir indemne d'une telle épreuve. Seuls le temps, l'amour et la photographie permettent d'effacer lentement cette blessure.
Dès son premier roman, Austin Ratner s'affirme comme un écrivain de talent.

Le baiser de Judas
par
19 août 2012

Une déception

La littérature policière scandinave nous offre de nombreux ouvrages de qualité…mais aussi des romans bien décevants. Le baiser de Judas de Anna Grue fait partie de ces écrits dont on peut se passer. Au Danemark,un beau gigolo escroque des femmes mûres, veuves ou divorcées, qui pourraient avoir l'âge de sa mère. En plus de céder au charme et aux qualités d'étalon de leur séducteur, toutes ces dames ont en commun d'avoir gagné à l' Euromillion des sommes considérables.

Humiliées elles ne portent pas plainte auprès de la police, cependant l'une d'elle décide de faire appel au talent du détective chauve Dan Sommerdahl, un amateur (Oh combien! ) pour retrouver son ancien amant. Dan fonce, tête baissée, en marge de la police. Il se lance jusqu'en Inde pour arrêter Judas.
L'intrigue lente, répétitive est bien mal menée. Anna Grue semble se passionner pour la psychologie des personnages, une psychologie au rabais. L'escroc qui est aussi un assassin commet ses méfaits par altruisme! par amour d'enfants abandonnés! Quand Anna Grue décide de dénoncer le pouvoir des sectes religieuse dans la société danoise elle ne fait pas dans la dentelle. Parmi les membres (ou anciens membres) de la secte figurent deux assassins, un alcoolique violent, un hacker-pervers et un voleur-escroc…de quoi vous ramener illico dans l'orthodoxie religieuse.
A éviter.

Kadogos
8,65
par
8 juillet 2012

Quel est le lien qui unit une tueuse à gages chargée d'envoyer ad patres des petits vieux en phase terminale, une jeune squatteuse amoureuse de musique, des skinheads violeurs, des grands bourgeois propriétaires d'une clinique privée et des enfants-soldats du Ruanda? La découverte de cadavres sauvagement charcutés par des spécialistes de l'arme blanche. Christian Roux réunit dans son roman tous les ingrédients pour faire de Kadogos un polar noir, très noir.


L'auteur a beaucoup de talent. Il a de très grandes qualités d'écriture, il alterne avec brio les moments poétiques et les descriptions réalistes, violentes. Il sait faire vivre ses personnages à leur donner corps. En particulier, il se prend d'empathie pour les personnages centraux de l'histoire : Marnie, la tueuse à gages et Eugène le policier, un peu en marge du système, qui a adopté un enfant martyr.
Pour l'auteur, le polar est un moyen de dénoncer les tares de notre société, notre indifférence devant ce qui se passe dans le monde : le sort de l'Afrique et de ses enfants mercenaires, le trafic d'organes, l'exploitation de la misère du monde par la bourgeoisie, l'attitude de presse volontairement aveugle, le rôle des flics tripoux…. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce roman car à trop vouloir démonter Roux s'engage dans la voie du plaidoyer. L'intrigue devient un moyen de faire passer ses idées, et le lecteur fait vite le lien entre les différentes histoires racontées en parallèle. Le dénouement du roman peut être satisfaisant au point de vue des idées de l'auteur, mais ne m'apparaît pas très crédible ni convaincant.
Le roman présente une particularité originale, les chapitres peuvent se lire dans un ordre différent d'une suite linéaire. Christian Roux vous livre dans sa préface les autres moyens d'aborder son ouvrage.

Les cruelles étoiles de la nuit
par
21 juin 2012

A Uppsala, le commissaire Ann Lindell est confrontée au meurtre de deux vieux et modestes agriculteurs et à la disparition inexpliquée d'Ulrik, un brillant universitaire à la retraite, spécialiste du poète italien Pétrarque. Toutes les victimes ont un seul point commun, elles ont à peu près le même âge. Les enquêtes piétinent. Ann Lindell et ses collaborateurs cherchent dans le passé des victimes des éléments leur permettant de résoudre ces affaires qui semblent à priori sans aucun lien. Lors de ses recherches, Ann est amenée à rencontrer à plusieurs reprises la fille d'Ulrik, Laura qui semble à 35 ans s'être enfin libérée de la tutelle d'un père, brillant intellectuel qui se comportait en véritable tyran domestique.

Très vite les lecteurs se font une idée sur l'identité du coupable, bien avant les enquêteurs qui élaborent des théories les éloignant de la vérité dans le but évident mais vain de perdre le lecteur, ce qui constitue la faiblesse du roman. Soupçonnant l'identité du meurtrier, les lecteurs, en fait, cherchent à connaître les motivations complexes et profondes du meurtrier présumé. Le livre prend alors des allures de thriller, car les personnes qui s'approchent du coupable et de la résolution de l'affaire, sont en danger permanent. Leur vie est menacée .Ce qui est bien entendu le cas de Ann Lindell..
Si l'intrigue est bien menée, elle n'est donc pas particulièrement originale. La force du roman tient dans la qualité de l'écriture. Kjell Eriksson sait faire vivre habilement ses personnages à commencer par Ann Lindell, jeune policière qui doit se partager entre son travail et son fils qu'elle élève seule, et ses désirs de femme. L'auteur sait aussi restituer la beauté de la nature suédoise qu'il ferait bon arpenter si un cadavre ne se risquait pas d'agoniser au coin d'une chaumière.
Dans l'ensemble, le livre est agréable à lire.