Virginie S. (Libraire)

Au cirque
15,00
14 juin 2017

Au cirque est un livre rare, inclassable, de ceux qui vous trottent dans la tête longtemps. Le sujet: une enquête policière, sorte de cluedo familial
qui fait suite à un fait divers sordide. Mais qu'importe, ici tout est dans la langue, la forme, la construction et là c'est du grand art.

L'auteur nous capte immédiatement par ses mots précis, répétés, ressassés, sa langue rythmée, chaloupée. Il nous tient en haleine par ses mises en scène déroutantes où les perspectives changent, les personnages endossant d'autres rôles que le leur afin de comprendre le drame qui s'est joué.

Fable grotesque, rhapsode rurale, théâtre burlesque, Au Cirque est tout cela à la fois. P. Da Silva nous tient serrés entre ses mots et nous laisse étourdis au sortir de ce tourbillon.

Douleur
21,00
15 mai 2017

Voilà dix ans qu’Iris a subi un attentat. Meurtrie dans son corps et son âme, elle supporte le quotidien entre mari et enfant et son poste de directrice d’école qui l’accapare totalement. Mais lorsque surgit Ethan son grand amour de jeunesse, c’est tout cet équilibre précaire qui est mis à mal.

Zeruya Shalev signe ici l’un de ses plus beaux romans. Elle nous questionne sur le passé, son poids, sa possible réinvention mais aussi sur les périls d’une vie faite de non-dits et d’incompréhensions.

Un roman bouleversant posé comme un miroir à nos propres questionnements.

Les filles au lion
22,50
15 mai 2017

Jessie Burton confirme son talent romanesque avec ce second récit traduit en français. Deux histoires, deux époques, deux lieux (Londres 1967/ le sud de l'Espagne 1936). Comme trait d'union à cette construction binaire, ""Les filles au lion"", tableau énigmatique et fascinant dont le roman tire son titre. L'auteur impressionne ici par l'architecture narrative de son texte, le suspense, les secrets qu'elle égrène dans ce tourbillon romanesque où la création artistique, la détermination des femmes ont la part belles.

Un excellent roman pour l'été.

Rendez-vous à Positano
16 mars 2017

En refermant "Rendez-vous à Positano" nous sommes ivres de sensations, de soleil, les mollets lourds d’avoir escaladé tant de marches… triste d’avoir laissé tant d’amis, c’est dire la force
évocatrice de Sapienza.
Ce dernier texte de l’auteur est sans doute le plus intime (moins fougueux que l’Art de la joie, moins cérébral ou moins engagé que d’autres textes antérieurs). On retrouve bien sûr son exigence envers la vie, sa liberté de ton et d’action mais il s’en dégage une sensibilité, une douceur, une mélancolie comme une patine posée sur ses mots qui nous la rend plus proche, maturité de l’auteur sans doute.
Même si le récit s’achève par «Mais laissons le passé, parle-moi plutôt de toi» injonction d’un vieil ami à Goliarda, c’est bien elle que l’on découvre un peu mieux lorsqu’elle retrace l’histoire de son amitié avec Erica et le village de Positano.
Rendez-vous à Positano prouve une fois encore que Goliarda Sapienza est un auteur majeur de la littérature à découvrir, à lire et à relire.

Le dimanche des mères
28 février 2017

Le dimanche des mères est ce jour particulier, une fois l'an, qu'offrent les maîtres à leurs domestiques.
Or ce dimanche 30 mars 1924, sera particulier à plus d'un titre pour Jane Fairchild. Elle choisit de retrouver son amant, un jeune aristocrate, pour d'ultimes retrouvailles avant que celui-ci n'épouse une jeune femme de son rang. Cette fois, elle pourra entrer dans la demeure familiale par la grande porte, jouir de tout l'espace, découvrir l'immense bibliothèque, déambuler nue, libre infiniment libre...
De cette parenthèse sensuelle, Jane gardera le goût intense de la liberté et cette expérience la marquera définitivement.
Graham Swift livre dans ce court roman bien plus que le récit d'amours ancillaires. Il porte un regard subtil sur un monde en pleine mutation, une réflexion sociale sans manichéisme, et peint avec finesse l'éclosion d'une femme.