Les fidélités successives
14 décembre 2012

UN PLONGEON DANS L'HISTOIRE ET NOS DEFAILLANCES

C'est certainement le roman que je recommande à quiconque de lire d'un trait, il ne faut pas s'effrayer par le volume. Aucunes coupes sombres n'est à tolérer ni admettre, il faut se plonger corps et âmes dans ce roman tout comme le narrateur. Quelle histoire ?
Et cette façon d'aborder l'Histoire, ces faits de guerre, et comment tout un chacun aurait réagi face aux événements.
Il faut se dire que nous ne pouvons pas juger mais seulement se poser la question de savoir comment nous, nous aurions agi dans les mêmes situations.


Comment en effet, se positionner lorsque notre vie est en danger, qu'il y a peu ou pas d'issues, faut-il rester fidèle à ses convictions au risque de perdre la vie, de compromettre celle de notre entourage et surtout inutilement car notre attitude ne changera rien pour autrui. Ou faut-il au contraire s'impliquer et s'adapter, laisser les éléments se dérouler en se disant qu'advienne que pourra et que l'on ne peut pas sauver tout le monde, voire même qu'il faut jouir de la vie et du temps qui nous est donné.
C'est face à ce dilemme que se retrouve notre héros, il aura été tour à tour amoureux, malheureux, trahi par sa famille, bafoué, aimé aussi par un entourage fait de rencontres inopinées. Il aura eu la chance de côtoyer le milieu artistique des années 39-45, comme Picasso, Guitry et bien d'autres encore, de se lier d'amitié aussi bien avec des Juifs, qu'avec des Allemands, de tenter d'exister et de vivre sa jeunesse sans se soucier du contexte de guerre et de ce que ses choix impliquent réellement.
Sommes-nous juste des hommes faillibles ???
C'est sur cette réflexion que je laisse les futurs lecteurs se plonger avec avidité dans ce récit et que j'encourage ensuite à faire partager au travers de discussions les thèmes abordés dans cet ouvrage :
la religion, la guerre, la collaboration, l'amour et l'amitié, les résistants, les vices liés à la luxure, l'argent, la délation aussi...

Le dédain, roman
15,00
15 novembre 2012

Pour celles et ceux qui se font encore des illusions !

Au fond, qu'est-ce qu'un homme dédaigneux, un homme orgueilleux tout au plus...dire qu'ils sont tous pareils est un peu facile et tient plutôt du cliché. Je pencherai plutôt pour dire qu'il faut avoir connu diverses expériences pour se faire un avis sur l'amour vrai et le plaisir d'un soir...


Qui est Marceau ? C'est un homme, jeune, de prime abord bien sous tout rapport, cultivé, bonne éducation, plutôt pas mal; Il plait énormément aux femmes, c'est pour dire, elles en sont toutes plus ou moins secrètement amoureuses...oui mais voilà, lui n'en veut pas ou plutôt si mais pas comme cela...il est confus, taciturne, tourmenté, orgueilleux, compliqué. En fait, il est en quête du bonheur tel un écorché vif et quand enfin il le trouve il lui échappe...c'est troublant car au fur et à mesure de la lecture on s'attache à Marceau, on voudrait qu'enfin il arrête de se fourvoyer dans des bars louches avec des filles faciles. Ce serait trop conventionnel de dire qu'il vaut mieux que cela, car quiconque mérite le bonheur et le respect, mais là je dois dire que je commence à comprendre les hommes et leurs désirs.
On comprend mieux les attitudes, les regards en coin des hommes, les sourires, les blagues et les stratégies de dragues...alors pour celles et ceux qui ne sont pas blasés ou qui ont envies d'un bon moment, lisez ce livre pour les anecdotes et une fois assimilées il ne vous restera plus qu'à mettre en pratique...

La réparation
6 novembre 2012

LE CHOIX DES MERES ET LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE

la Réparation de Colombe Schneck,
qui aborde sur fonds de souvenirs, les thèmes de la guerre de 39-45 et l'extermination des Juifs mais aussi et surtout dans son ouvrage le poids et les conséquences du choix des mères...qu'est-ce donc ?
Lors des campagnes d'extermination des Juifs, vous fallait avoir la chance d'être dans la bonne file si vous vouliez ne pas être fusillé tout de suite, et quand l'appel vous obligeait à avancer vers votre destinée, droite ou gauche, vivre ou mourir, les enfants ou les vieux se sacrifiaient pour que vivent les mères.

En effet, certaines enfants comprenaient qu'ils n'avaient aucunes chances de survie, et qui plus est, que leur mère allait mourir si elles tenaient un bébé ou un enfant en bas-âge dans leur bras, les grands-parents se tenaient le même discours, alors tacitement, dans le silence chacun faisait son devoir...les mères choisissaient la vie, elles pouvaient tout recommencer si elles survivaient à ce chaos, et perpétuer les traditions, le nom, la famille. Alors oui, elles avançaient et acceptaient de laisser derrière elle leur enfant, leur parent, mais après. C'est ce que tente de nous expliquer l'auteur, de nous faire ressentir le poids des non-dits de sa famille, sa quête pour découvrir qui est Salomé et pourquoi elle a été sacrifiée.
Le livre nous permet de réfléchir et de nous arrêter là aussi sur la vie et les choix qui s'offrent à nous, c'est aussi un récit sur l'horreur de la guerre et la violence terrible faite à l'encontre des Juifs, d'êtres vivants, d'enfants, d'adultes et de vieillards, ce sont les atrocités perpétuées au nom d'idéaux dirons-nous. Il est à découvrir parce que le sujet du choix des femmes est une ouverture singulière au problème Juifs mais c'est tout. C'est un témoignage confus et personnel qui aurait demander plus de recherches et moins d'implication.

En souvenir d'André, roman
6 novembre 2012

ET SI NOUS POUVIONS CHOISIR LE MOMENT ...

En souvenir d'André – de Martin Winckler -
C'est un livre qui ne peut pas vous laisser indifférent et vous devez relever le défi de ces questions de fin de vie, de mort, de maladie et d'euthanasie. Il faut enfin se poser ses questions une bonne foi pour toute et pourquoi pas avec cet ouvrage que je recommande sincèrement.
Le narrateur, un médecin, que l'on voit évoluer depuis l'enfance, fait le choix d'assister les malades en fin de vie. Il préfère soulager, apporter sa bienveillance et comprendre plutôt que s'acharner et quand le hasard l'amène à être contacté par André, il fera là aussi le choix de soulager.


On peut être rebuté à l'idée qu'un médecin aille à l'encontre de ses principes, mais il nous explique que justement, la médecine est un outil, la vie et le respect du malade qui doit rester un être à part entière tout au long de sa vie terrestre sont des notions vitales et primordiales pour la survie de l'espèce. La médecine ne doit pas être acharnement s'il n'y a pas de justification ni d'écoute et surtout dans quelle condition doit-on être amené à garder les personnes en vie malgré elles...
c'est dur et poignant, mais ce ne sont pas les propos de l'auteur, car il nous amène toutes ces questions existentielles sur la vie, la mort, la vieillesse, la maladie, la naissance et l'avortement, l'assistance, le handicap, et la décrépitude sans jérémiades ni pleurnicheries.
Vous êtes amenés à vous interroger sur ce que vous voudriez dans pareil cas, pour vous ou pour autrui, et puisque l'occasion vous en ai donné, lisez ce livre et vous aurez envie de vous suivre la vie et les débats de ce médecin, tour à tour enfant, puis étudiant, praticien et enfin amoureux de la belle Nora.
Il y a des choix à faire et quand on ne peut plus les faire et que l'inéluctable est là, qu'allons-nous décider ou qui décidera à notre place...
En attendant choisissez de lire en souvenir d'André.

Millefeuille
6 novembre 2012

A EFFEUILLER ET DEGUSTER SANS MODERATION

Millefeuille – de Leslie Kaplan -
Imaginez-vous confortablement installé dans un fauteuil moelleux dans un lieu cosy que seules certains salons de thé à l'ancienne savent vous offrir, le raffinement, des pâtisseries alléchantes, des cuillères en vermeille pour donner ce petit plus à ce qui va suivre, le rituel du thé ou du chocolat chaud et pour nous un superbe millefeuille.
C'est comme cela que l'on commence ce livre et c'est tout l'art des écrits de Leslie Kaplan. Ici on déguste une excellent pâtisserie sur fond musical, ici, on déroule la vie, on l'effeuille au gré des couplets et refrains. Plus on soulève les couches du gâteau et plus on croque dans la vie de Jean-Pierre Millefeuille, on a envie d'aller plus loin, de mordre à pleine dents, de déguster et à la fois de réfréner notre ardeur, car à la fin que restera t'il ?


C'est tout l'art de la vie, et c'est ce dont prend conscience Monsieur Millefeuille, que va t'il advenir de lui maintenant qu'il se retrouve au crépuscule de sa vie, comment se projeter à nouveau, avoir des projets, supporter le poids des ans et des souvenirs.
Leslie Kaplan, nous propose d'aller à la rencontre d'un Monsieur bien comme il faut, le genre de personne que vous rencontrez dans un parc, au spectacle, dans une file d'attente de supermarché, enfin de préférence chez Monoprix, ou même lors d'une soirée dans un bar branché de Paris le sélect. Il va provoquer les discussions, s'intéresser à vous, à votre vie, à vos angoisses, vous apportez son soutien, son écoute et surtout il ne vous jugera pas, et si vous lui plaisez vraiment il vous invitera même à lui tenir compagnie chez lui ou lors d'une soirée qu'il ne manquera pas d'organiser. Mais alors, où est le problème ? Nous avons là un charmant vieux monsieur, cultivé, affable et mondain ? Et c'est là où la machine s'emballe, il commence à halluciner, à se poser des questions, à regretter oui mais il est trop tard, il lui reste l'illusion, des désirs encore, des besoins, des projets comme son livre. Il tente de se donner bonne conscience en aidant son prochain et les jeunes comme ce couple de paumés ou même Léo qui lui demande son avis sur son livre, mais pourquoi, cela ne l'intéresse pas au fond, il s'en fiche, lui ce qu'il aime c'est l'illusion, dominer sans s'imposer, partager mais sans s'impliquer, s'entourer mais tout en gardant ses distances.
On assiste à un véritable opus sur la vieillesse et ce que tout un chacun à envie de laisser comme trace de son passage, c'est sucré, âpre et finalement on en redemanderai bien encore une petite part.
À déguster sans modération.