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  • Elodie R. Libraire
    Un livre éblouissant et qui prend aux tripes.

    Fraîchement arrivée dans les Highlands, Inti, une biologiste, prépare la réintroduction des loups dans la région avec son équipe de scientifiques. Cette opération permettrait de reverdir et de relancer tout un écosystème disparu à cause de la surpopulation de certains animaux. Mais cette action est menée sans l'assentiment des habitants, pour beaucoup éleveurs, qui se montrent très hostiles à leur égard. Lorsqu'Inti découvre le corps sans vie d'un homme du coin à la lisière de la forêt, elle le dissimule de peur que les habitants ne se retournent contre les loups... Le roman est bâtit autour du personnage d'Inti, une femme révoltée qui refuse de se laisser menacer et qui tient tête aux habitants, tout en s'occupant de sa sœur jumelle malade. Elle doit également composer avec une sensibilité particulière : elle est atteinte de synesthésie visuo-tactile, une singularité qui lui fait éprouver dans sa chair les sensations (notamment les blessures) qu'elle voit humains ou animaux ressentir. Au cœur de la nature écossaise, Inti ne peut compter que sur elle-même.
    Je pleure encore la beauté du monde est un roman intelligent qui évite tout manichéisme dans sa manière d'aborder des sujets tels que le rééquilibrage d'un écosystème grâce à la réintroduction des loups, la violence des hommes à l'égard de la nature comme des femmes, et l'impact psychologique des traumatismes.
    Un texte composé dans un écriture somptueuse aux accents poétiques, dont certaines phrases restent en mémoire bien après les avoir lues. Parfaitement construit, il est empreint d'une tension qui se construit crescendo. Le lecteur est envoûté par la beauté puissante et fascinante des loups et l'autrice partage un regard empreint de respect et d'amour pour la nature tout en montrant sa violence latente.
    Un livre éblouissant et qui prend aux tripes.