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L’intrigue en elle-même, si elle est simple, n’en reste pas moins passionnante. On se plait à lire un petit roman dont les pages tournent très vite.
Lorsqu’il aperçoit pour la première fois la jeune et belle princesse Zinaïda, Vladimir Petrovich Voldemar (qui, traumatisé par ce livre, deviendra plus tard l’affreux-méchant d’une célèbre saga pour ados) s’épanche sur plusieurs dizaines de pages afin de nous décrire sans rien omettre ce que n’importe quel autre boutonneux aurait pu expédier en parlant de « coup de foudre ».
Nous sommes en effet entre les 19ème et le 20ème siècles lorsqu’au cours d’une réception au sein d’un palais moscovite, le Tsar lui-même apprend que des hordes venues d’Asie s’apprêtent à envahir la Sibérie, menaçant ainsi l’intégrité d’un empire réputé imprenable. Si les dirigeants soviétiques ne s’inquiètent pas outre-mesure en ce qui concerne la pérennité de leur nation, ils redoutent en revanche les probables massacres civils et l’assassinat du frère du Tsar, car un traître animé par la revanche et la honte, Ivan Ogareff, a juré la perte du Grand Duc.
Jean Marie Gustave – aka J. M. G – Le Clézio a été le lauréat du prix Renaudot à seulement l’âge de 23 ans pour son premier roman, Le Procès-verbal. 45 ans plus tard, en 2008, le prix Nobel de littérature lui est décerné en tant qu’ »écrivain de la rupture, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante ».

Peu connu en Europe, voire même complètement anonyme en France, John Cheever fait néanmoins partie de ces grands écrivains nord-américains issus d’une longue tradition, celle des John O’Hara et autres Sinclair Lewis, celle de ces hommes au regard acerbe, extrêmement critiques sur l’état d’une société en pleine déliquescence.